ETHNOBOTANIQUE

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Perception des végétaux chez les Ribeirinhos d’Amazonie brésilienne. Approche ethnobotanique dans la forêt nationale du Tapajós

Article de Claire Couly paru dans la Revue d’Ethnoécologie, n°3, 2013

Cet article s’intéresse à la perception des végétaux d’une population traditionnelle vivant dans une aire protégée d’Amazonie brésilienne (les Ribeirinhos de la forêt nationale du Tapajós). Il traite successivement de l’identification et de la dénomination des plantes, des catégories locales des végétaux et de la correspondance entre nomenclature locale (parataxonomie) et nomenclature scientifique. Nous nous intéressons aux végétaux cultivés et spontanés, indépendamment du critère d’utilité des plantes pour la population locale. Seule l’analyse de la superposition de la taxonomie et parataxonomie s’est focalisée sur les espèces végétales forestières car celles-ci ont pu être identifiées par différents informateurs locaux lors d’inventaires ethnobotaniques dans des parcelles forestières.
Une approche en ethnobiologie et ethnobotanique quantitative a été développée afin d’analyser les savoirs écologiques locaux et de les mettre en parallèle avec les connaissances scientifiques. Une attention particulière a été apportée à l’analyse des discours des informateurs locaux.
Cette étude montre que la variation des critères pris en compte tant dans la reconnaissance que dans la dénomination des plantes (au niveau individuel et collectif) engendre une nomenclature locale riche et flexible, qui révèle une hétérogénéité des connaissances vis-à-vis de la diversité végétale. De plus, parallèlement à une opposition primordiale entre espèces domestiquées et espèces considérées sauvages, les Ribeirinhos distinguent neuf catégories englobantes de végétaux. Celles-ci se fondent sur des caractéristiques essentiellement morphologiques, avec cependant des superpositions possibles entre certaines catégories et des changements de catégories pouvant être opérés pour certains végétaux.
Au total, 439 morphotypes – ou ethnoespèces, unités minimales de perception de la biodiversité par la population locale – ont été recensés (arbres, palmiers, lianes, herbes), et 257 termes de base ont été relevés. Près de 77 % de ces morphotypes (337) se rencontrent exclusivement en forêt de terre ferme. Parmi eux, 206 ont été identifiés (soit 61 %) et correspondent à 214 espèces botaniques distinctes. Les deux taxonomies (populaire et scientifique) ne se superposent que partiellement puisqu’à peine la moitié des morphotypes ont une correspondance unique et exclusive dans la taxonomie scientifique, et qu’un même morphotype peut renvoyer à plusieurs espèces de genres, voire de familles différentes.

Lire l’intégralité de l’article sur le site de la revue.

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