ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour novembre, 2013

Habiter le patrimoine : la maison-jardin à Hue

Thèse de Thi Huong Hué Nguyen, Université Michel de Montaigne – Bordeaux III (Géographie),23/05/2013, Denis Retaille ; Ghislaine Marie Mellac (Dir.), 257 p.

Les monuments de Hué sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1993. Ils contribuent, par leur histoire même, au rachat d’une guerre qui a aussi été fratricide. La patrimonialisation des constructions impériales entrent dans une politique de construction de l’identité nationale par la culture et le lieu où l’unité vietnamienne s’est la première fois unifiée. La demande de l’organisation internationale qui porte désormais sur le  » paysage culturel  » suit la même orientation en valorisant ce qui devient une iconographie territoriale. L’extension du patrimoine au  » paysage culturel  » inclut nécessairement les  » maisons-jardin  » qui, outre les monuments impériaux, font la gloire d’une culture de Hué très subtile, à la fois élevée et modeste. La continuité de la nature à l’habitat est assurée par le jardin ordonné selon les règles de la géomancie. Mais les maisons-jardin ne sont plus, pour la majorité de leurs habitants, les résidences des mandarins, des artistes et des musiciens de cours. L’histoire est passée par là, provoquant une tension qui a pu être politique (idéologique), qui est sociale et économique assurément. Le discours traditionnaliste qui s’est réveillé autour de l’opération de patrimonialisation visant une  » capitale féodale orientale  » (ICOMOS, sic, n’est pas sans trouver contradiction dans la réalité contemporaine de l’habitat. Comment peut-on habiter le patrimoine et échapper à la seule vocation touristique qui conduit au musée ou au folklore. C’est à quoi cette thèse tente de répondre.

Thèse intégralement accessible en version PDF (111 Mb) sur HAL-SHS.

Etude ethnobotanique du pistachier de l’Atlas, pistacia atlantica, dans la ville de Meknes (Maroc)

Article de Amine Daoudi, Hadja Boutou, Jamal Ibijbijen, Touria Zair et Laila Nassiri paru dans ScienceLib, vol. n°5, 18.11.2013

Dans le cadre de la valorisation des plantes aromatiques et médicinales de la flore marocaine, nous nous sommes intéressés à l’étude du pistachier de l’Atlas, Pistacia atlantica Desf, de famille des Anacardiacées et communément appelé Btem ou Betoum. Ainsi, durant tout le mois de septembre 2013, une enquête ethnobotanique a été menée dans la ville de Meknès, auprès d’herboristes, tradipraticiens et droguistes afin de connaitre les vertus médicinales de cette plante. Les résultats de cette étude ont montré d’abord que l’exercice de ce métier est à dominance masculine (78.6%) dont le niveau scolaire peut même être important, 21.4% des enquêtés étant des universitaires. Par ailleurs, le pistachier de l’Atlas est utilisé pour des vertus thérapeutiques (71.4%); aussi, la majorité des remèdes est préparée sous forme de décoction (35,7%), les feuilles et la résine étant les parties les plus utilisées (28,6%). D’un autre côté, sur l’ensemble des maladies traitées, les affections bucco-dentaires et celles dermiques sont les maladies les plus citées par les enquêtés (28,6%). En fin, l’ingestion de la résine et des feuilles du pistachier de l’Atlas serait toxique (50%).

Article intégralement accessible en version PDF sur le site de ScienceLib.

Les rosiers au XIXe siècle. Enjeux et méthodes d’une recherche interdisciplinaire

Conférence de Cristiana Oghina-Pavie organisée par l’Association des Amis des Archives d’Anjou, le samedi 14 décembre 2013 de 10h à 12h (Archives départementales de Maine-et-Loire, Angers).

[Info Horticombio]

Architecture contemporaine et nature en ville

Mémoire d’ingénieur (Sciences agronomiques) de Jérôme Duréault, 13/09/2013, Laura Giuliani (Dir.), Nathalie Carcaud (Pres.), 35 p.

Ce mémoire a pour but de déterminer comment l’architecture contemporaine peut réintroduire la nature en ville par le biais de la « végétalisation » du bâtiment. Une analyse historique des phénomènes de nature en ville et de végétalisation du bâti permet de comprendre le contexte urbain dans lequel s’insère cette nouvelle tendance architecturale de retour à la nature. Des exemples de projets, notamment de l’architecte Jean Nouvel, illustrent différentes façons de végétaliser l’architecture contemporaine et de composer avec le végétal. Enfin, les bénéfices de la végétalisation sont mis en évidence selon quatre piliers du développement durable : environnemental, économique, social et culturel. Alors que cette nouvelle pratique est en plein essor, il est important de comprendre son fonctionnement et ses répercussions, en s’appuyant sur les exemples réalisés et sur ceux que nous offre la nature. La réflexion, depuis les premières phases de conception jusqu’à la réalisation et l’utilisation des espaces créés, pourra alors s’inscrire dans une véritable démarche durable.

Mémoire en accès intégral en version PDF (2,8 Mb) sur Dumas.

Le bois de la guerre : quand l’anthracologie contribue à l’histoire des forêts du Nord-Pas-de-Calais (1803-1805)

Mémoire d’ingénieur (Sciences agronomiques) de Germain Hello, 09/09/2013, Aurélie Salavert (Dir.), Agnès Grapin (Pres.), 37 p.

Cette étude anthracologique porte sur l’identification taxonomique de 1758 fragments de charbons de bois provenant de la fouille INRAP de 16 baraques du camp napoléonien du 69e de ligne à Étaples. Elle a pour but de comprendre les modes d’acquisition du bois de feu par les troupes napoléoniennes et participe à la compréhension de l’histoire des forêts du Nord-Pas-de-Calais. L’intégration des résultats anthracologiques et des sources historiques indiquent deux sources d’approvisionnements : la première provenant des taillis et taillis sous futaie de type hêtraie, chênaie et charmaie, entretenus par l’entrepreneur général, et la seconde issue de boisements situés autour des camps et composés principalement de bouleaux, d’aulnes, de saules et de peupliers. Ces essences, identifiées par l’anthracologie, correspondent donc principalement au bois prélevé par les combattants. D’après les textes, ces prélèvements, parfois illégaux, s’avèrent être la conséquence de pénuries et de privations que subissent les troupes, engendrant des dégâts des biens d’autrui et le détournement de bois non destinés à l’usage du chauffage. Selon nos estimations, près de 1000 ha/an de forêts auraient été exploités par les fournisseurs pour pourvoir aux besoins de l’armée en bois de construction et de chauffage. Cette étude anthracologique vient appuyer les données historiques et initie de nouveaux axes de recherche pour une période (contemporaine) et un contexte (camp militaire) encore trop peu explorés par l’archéobotanique.

Accès intégral au mémoire en version PDF (8,9 Mb) sur Dumas.

Perception des végétaux chez les Ribeirinhos d’Amazonie brésilienne. Approche ethnobotanique dans la forêt nationale du Tapajós

Article de Claire Couly paru dans la Revue d’Ethnoécologie, n°3, 2013

Cet article s’intéresse à la perception des végétaux d’une population traditionnelle vivant dans une aire protégée d’Amazonie brésilienne (les Ribeirinhos de la forêt nationale du Tapajós). Il traite successivement de l’identification et de la dénomination des plantes, des catégories locales des végétaux et de la correspondance entre nomenclature locale (parataxonomie) et nomenclature scientifique. Nous nous intéressons aux végétaux cultivés et spontanés, indépendamment du critère d’utilité des plantes pour la population locale. Seule l’analyse de la superposition de la taxonomie et parataxonomie s’est focalisée sur les espèces végétales forestières car celles-ci ont pu être identifiées par différents informateurs locaux lors d’inventaires ethnobotaniques dans des parcelles forestières.
Une approche en ethnobiologie et ethnobotanique quantitative a été développée afin d’analyser les savoirs écologiques locaux et de les mettre en parallèle avec les connaissances scientifiques. Une attention particulière a été apportée à l’analyse des discours des informateurs locaux.
Cette étude montre que la variation des critères pris en compte tant dans la reconnaissance que dans la dénomination des plantes (au niveau individuel et collectif) engendre une nomenclature locale riche et flexible, qui révèle une hétérogénéité des connaissances vis-à-vis de la diversité végétale. De plus, parallèlement à une opposition primordiale entre espèces domestiquées et espèces considérées sauvages, les Ribeirinhos distinguent neuf catégories englobantes de végétaux. Celles-ci se fondent sur des caractéristiques essentiellement morphologiques, avec cependant des superpositions possibles entre certaines catégories et des changements de catégories pouvant être opérés pour certains végétaux.
Au total, 439 morphotypes – ou ethnoespèces, unités minimales de perception de la biodiversité par la population locale – ont été recensés (arbres, palmiers, lianes, herbes), et 257 termes de base ont été relevés. Près de 77 % de ces morphotypes (337) se rencontrent exclusivement en forêt de terre ferme. Parmi eux, 206 ont été identifiés (soit 61 %) et correspondent à 214 espèces botaniques distinctes. Les deux taxonomies (populaire et scientifique) ne se superposent que partiellement puisqu’à peine la moitié des morphotypes ont une correspondance unique et exclusive dans la taxonomie scientifique, et qu’un même morphotype peut renvoyer à plusieurs espèces de genres, voire de familles différentes.

Lire l’intégralité de l’article sur le site de la revue.

The working of herbs, part 3: herb qualities and indications

Article en anglais de Anne Stobart paru dans le carnet The Recipes Project. Food, Magic, Science, and Medicine, le 10.11.2013

« In my previous posts on the Working of Herbs (Part 1 and Part 2) I flagged up some problems in finding out how medicinal herbs might really work, or finding reliable sources on herbal ‘efficacy’. I set out to try to establish a protocol, or way of thinking about this issue by picking a specific medicinal recipe. My choice was a seventeenth-century recipe for ‘after throws’ (likely for pains after childbirth). The recipe contains hyssop, wild mint, groundsel, pennyroyal and balm. In this post I aim to get an overview of how these herbs might have been viewed at the time that the recipe was being copied, in the latter half of the seventeenth century »…

Lire l’intégralité de l’article ici.