ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Produire et discuter des normes environnementales. Écologues et forestiers face à la biodiversité associée au bois mort

Thèse de Philippe Deuffic, Université de Bordeaux, Bordeaux Segalen Sciences Po Bordeaux Centre Émile Durkheim (UMR 5116 du CNRS), (17/10/2012), Charles-Henry CUIN (Dir.), 527 P.

Depuis plus de 40 ans, les mobilisations autour d’enjeux environnementaux interrogent les relations que l’homme entretient avec la nature. Mais toutes les questions d’environnement ne retiennent pas l’attention des pouvoirs publics et du public. Fondée sur une approche constructiviste de sociologie des problèmes publics et de sociologie cognitive, la thèse permet de comprendre, à partir de l’exemple de la conservation des bois morts, comment cette question a été instituée en problème public – sous l’impulsion de scientifiques et de responsables d’associations environnementales – et inscrite à l’agenda des politiques environnementales. Si la dimension sectorielle de ce type de problème a rendu difficile sa médiatisation, la thèse montre aussi qu’il a bénéficié de l’alignement du cadre interprétatif sur des catégories de problèmes publics déjà identifiés comme celui de la biodiversité. La thèse interroge également la production normative inhérente à la publicisation de cette question ainsi que les conditions d’élaboration de solutions. Si la production de normes censées résoudre ces problèmes est de plus en plus décentralisée et négociée, ce travail de normalisation montre ses limites en termes d’asymétrie de pouvoir, de légitimité sociale accordée aux différents acteurs de la négociation et de l’hétérogénéité des référentiels qui reposent parfois sur des compromis minimalistes et fonctionnels. Malgré cette absence de cadres interprétatifs et de référentiels normatifs stabilisés, les forestiers de terrain, enquêtés dans les Landes de Gascogne et la forêt de Rambouillet, se montrent de plus en plus réceptifs à la question de la biodiversité associée aux bois morts mais aussi à l’utilisation de cette biomasse comme source d’énergie renouvelable. Notre approche de sociologie cognitive, et en particulier de la pensée technique, montre que cette mise en concurrence et ce recadrage autour de problèmes publics environnementaux présentés comme d’égale importance interrogent à nouveau les forestiers sur leur façon de concilier éthique environnementale et économie dans le cadre de leur gestion forestière.

Thèse intégralement accessible en version PDF (4,4 Mb) sur TEL.

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