ETHNOBOTANIQUE

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Archive pour juin, 2013

Charbonnage, charbonniers, charbonnières. État des connaissances et perspectives de recherche

Colloque, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Limoges, France (87), 12 et 13 septembre 2013

Les paysages forestiers actuels résultent de siècles d’exploitation sylvicole pour fournir entre autres produits, le combustible nécessaire aux activités humaines. Parmi les combustibles forestiers, le charbon de bois occupait une place prépondérante aussi bien pour des usages industriels que domestiques, dans les villes comme dans les campagnes. Le charbonnage constitue ainsi un phénomène socio-économique des territoires. Malgré son importance dans l’économie des énergies et dans la formation des paysages forestiers historiques et protohistoriques, l’étude de la production de charbon de bois a longtemps été délaissée par la recherche. Ce désintérêt de la communauté scientifique s’explique par le faible enregistrement de cette activité dans les textes anciens, savants comme pratiques, et par des traces archéologiques nombreuses mais souvent peu lisibles sous couvert forestier. C’est pourquoi, il a paru opportun de centrer les préoccupations sur ces objets historiques et archéologiques qui offrent de nombreuses problématiques de recherches.

Objet d’étude a priori simple, le charbonnage et ses pratiques sont polymorphes et évolutifs. Il s’avère en réalité bien plus complexe à appréhender et nécessite des approches interdisciplinaires pour tenter de le saisir dans sa globalité. L’étude des gestes et des pratiques ancestrales, la restitution spatiale et dynamique des massifs forestiers, l’analyse paléobotanique et biogéographique des forêts charbonnées, sont autant de pistes investies par la recherche depuis une trentaine d’années. Parce que l’étude du charbonnage concerne de nombreux domaines (histoire, ethnographie, archéologie, géographie, archéobotanique, etc.), les travaux sont publiés et présentés dans des revues ou des colloques essentiellement disciplinaires et restent ainsi isolés. Aussi il est nécessaire aujourd’hui de procéder à une première synthèse réunissant des chercheurs de disciplines variées autour du triptyque charbonnage, charbonniers, charbonnières. Ce colloque est l’occasion de faire le point sur l’état des connaissances, des méthodologies employées et de réfléchir de concert à l’élaboration d’un réseau de chercheurs pour homogénéiser les pratiques de terrain et les protocoles d’analyses afin de faciliter les comparaisons entre les territoires.

Programme provisoire / Provisional program
ATELIER 1 : Savoirs, cultures et patrimoine technique : gestes, pratiques, outils 

– Ada Acovitsioti-Hameau et Gérard Wagner : Mémoire et histoire du charbonnage de la forêt de Montrieux/Morières dans le Var
– Sylvain Burri et Aline Durand : Réflexions archéologiques sur la variabilité au crible de l’ethnoarchéologie : charbonnage et charbonniers du Maroc
– Christophe Vaschalde : Les charbonnières rectangulaires actuelles de Guadeloupe
– Philippe Hanus : La fête charbonnière : un événement révélateur et régulateur des tensions politiques du monde rural?

ATELIER 2 : Les vestiges du charbonnage : objet d’étude pour la fouille préventive

– Christophe Vaschalde, Sylvain Burri, Aline Durand, Virginie Ropiot, Jean-Philippe Saragiano : En fosse ou en meule. De la difficulté d’identifier les charbonnières archéologiques
– Christophe Colliou : titre à préciser
– Julie Gasc, Christelle Belingard, Graziella Rassat : Les fosses charbonnières du site protohistorique de Saint-Martin-d’Ary, Le Noret (Charente-Maritime)
– Nathalie Froeliger et Patrice Pernot : Un exemple de charbonnage en fosses ? Le site de Sainte-Marie-aux-Chênes (Moselle).

ATELIER 3 : Nouvelles approches autour du charbonnage : outils et méthodes

-Thomas Ludemann : Detection and Record of Kiln Sites by LiDAR
– Graziella Rassat, Remi Crouzevialle, Fabien Cerbelaud, Philippe Allée, Marie-Claude Bal-Serin, Nadine Dieudonné-Glad, Sandrine Paradis-Grenouillet, Romain Rouaud : Repérer et étudier les plateformes de charbonnage pour en comprendre l’histoire : l’utilisation et l’apport de la technique LIDAR
– Alberto Cosner et Simone Gaio : “It’s all black soil…” Analysis in GRASS* environment for an archaeology of charcoal kiln sites in Dolomitic context
– Aline Durand, Christophe Vaschalde, Hassan Daide et Mohamed El Abbadi : Le charbonnage en fosse : approche ethnoarchéologique d’une pratique méconnue dans le Rif marocain
– Sandrine Paradis-Grenouillet, Romain Rouaud, Philippe Allée, Jean-Philippe Leleu : L’expérimentation sur des charbonnières en meule, une étape indispensable à la mise en place de nouveaux outils
– Ian Mugford, Alayne Street-Perrott, Cristina Santin, Huw Denman : Can Meilers Predict the Long-Term Carbon Sequestration Potential of Biochar?

ATELIER 4 : Les charbonnières d’excellents marqueurs biogéographiques pour restituer les paysages anciens

– Thomas Ludemann : Charcoal Production Landscapes – 25 Years Kiln Site Anthracology at theUniversity ofFreiburg
R.G Patzlaff, R.R. Oliveira, R. Scheel-Ybert : Historical Charcoal Kilns: a method to compare the surrounding vegetation with the anthracology data
– Romain Rouaud, Philippe Allée, Sandrine Paradis-Grenouillet, Itxaso Euba-Rementeria, Graziella Rassat, Kevin Queuille, Marie-Claude Bal-Serin : Les héritages du passé combustible des forêts sur les sylvofaciès actuels : l’apport de l’anthracologie des charbonnières
– Koen Deforce : Wood selection for charcoal production in Roman, Medieval and Post-Medieval Northern Belgium.
Allessandro Furiesi : The production of wood and coal in the mineral district ofVolterra,Tuscany, during the middle age
– Oliver Nelle : Historical charcoal production inNorthern Germany: state of the art
– Giulia Beltrametti, Claudia Parola, Anna Maria Stagno : Le charbonnage dans l’Appennino Ligure (Italie): sites, pratiques, ressources (XVIIème-XXème siècle)

ATELIER 5 : Le charbonnage, un phénomène socio-économique au cœur des territoires

– Sylvain Burri : Être charbonnier en basse Provence centrale d’après les sources écrites de la fin du Moyen Âge
– Sylvain Olivier : Pour une approche du charbonnage à partir des sources d’archives (entre Lodévois et Biterrois, XVIIe-XIXe siècles)
– Susanne Klemm : Charcoal production inAustria – Archaeological monuments and historical background
– Dephine Joly, Calogero M. Santoro, Luis Briones : Chasseurs de bois: un exemple de charbonnage dans le désert d’Atacama
– Javier Lopez Rider : Approvechamiento de los recursos forestales en el sur de espana a fines de la edad media : el carboneo.
– Danielle Arribet-Deroin : La consommation de charbon de bois par l’industrie du fer : quel saut quantitatif du procédé direct au procédé indirect (Moyen Âge, première modernité) ?
– Sandrine Paradis-Grenouillet, Remi Crouzevialle, Philippe Allée, Romain Rouaud, Fabien Cerbelaud, Serge Baron : Des forêts charbonnées pour les forges et les hauts fourneaux du Périgord Limousin au XVIIIe et XIXe siècle.
– Rogério Ribeiro de Olivera, Rita Scheel-Ybert : A hidden landscape: the paleoterritory of charcoal makers inRio de Janeiro

Modalités d’inscription ici.

Programme définitif .

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Le futur Parc Naturel Régional des Boucles du Rhône : une structure porteuse pour la valorisation du patrimoine en Nord Isère ?

Mémoire de Jérôme Deschamps, Master 2 Pro, IEP Grenoble, 2006, Jean Guibal (Dir.), 85 p.

Les Parcs naturels régionaux sont créés pour protéger et mettre en valeur de grands espaces ruraux habités. Peut être classé Parc naturel régional un territoire à dominante rurale dont les paysages, les milieux naturels et le patrimoine culturel sont de grande qualité, mais dont l’équilibre est fragile. Un Parc naturel régional s’organise autour d’un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine naturel et culturel. Le plateau de l’Isle Crémieu est éligible à la création d’un Parc Naturel Régional selon les critères de la Région Rhône Alpes, qui a rendu un avis favorable en juillet 2003. Ce parc répondrait à une attente de la population et surtout du public qui verrait d’un bon oeil un « poumon vert » à quelques dizaines de minutes de l’agglomération lyonnaise. À ce titre, la complémentarité de l’offre touristique serait un bon atout. Le territoire de la Boucle du Rhône est-il propice à une conciliation harmonieuse entre protection et développement ? Quelles actions pourraient se mettre en place pour animer et mettre en valeur le patrimoine ? Une superposition entre un Parc naturel régional et un label Villes et Pays d’Art et d’Histoire est-elle envisageable ? Notre développement suivra une logique en trois partie. Tout d’abord, nous prendrons soin d’analyser le dispositif des « Parcs naturels régionaux », en traitant entre autre des aspects historiques de la notion, de son évolution législatives, de ses principes politiques et de gestion. Par la suite, nous nous focaliserons sur la région Rhône-Alpes, territoire aux nombreux espaces naturels et culturels de qualité, ce qui en fait un terrain privilégié pour voir se développer ce type de dispositif. Nous nous attarderons dans cette seconde partie sur des politiques culturelles et patrimoniales menées dans des Parcs plus ou moins anciens et parfois extérieurs à Rhône-Alpes, ce qui nous donnera un aperçu des actions qui pourraient être menées dans le futur Parc des Boucles du Rhône. Enfin, notre troisième partie sera exclusivement centrée sur le territoire du Haut Rhône Dauphinois, où doit naître le futur Parc, ce qui nous amènera à étudier le projet, et le territoire dans lequel il s’inscrit, en privilégiant bien entendu la dimension patrimoniale de cet espace, notamment en s’attardant sur possible relance d’un label « Pays d’Art et d’Histoire » sur le périmètre.

Mémoire intégralement accessible en version PDF (2, 9 Mb) sur Dumas.

Emissions de radio Découverte Nature

Emissions de Marie Girard sur Fréquence Terre

Marie Girard, productrice de plantes aromatiques et ethnobotaniste en Mayenne, fait découvrir une plante chaque semaine. Ses vertus, son histoire, sa culture, ses interactions avec les autres espèces…

Emissions à ré-écouter sur le site de la radio, sur des thèmes comme la ficaire, le lierre, le gui, le nombril de Vénus, etc.

L’homme et la forêt dans la Haute-Vallée du Doubs à la fin du Moyen âge : modalités et paradoxes d’une anthropisation tardive

Thèse de Elisabeth Carry Renaud, Université de Franche-Comté (Histoire), 17/12/2010, Pierre Gresser (Dir.), 851 p.

Le fonctionnement de l’écosystème forestier dans la haute vallée du Doubs, attestant le rôle déterminant du climat, permet par l’examen des conséquences des fluctuations climatiques sur une forêt climacique, de connaître la nature de la couverture forestière médiévale. Le milieu forestier que l’homme doit détruire pour s’installer résulte de la conjugaison d’une dynamique naturelle engagée depuis l’ère quaternaire et d’un impact anthropique progressif. Le lent processus de la colonisation depuis les premières traces de fréquentation mésolithique jusqu’au Moyen Âge, se confond avec l’essor des défrichements. L’histoire du peuplement du Haut-Doubs et du recul de la forêt dont le rythme épouse les vicissitudes démographiques dues aux guerres et aux crises du bas Moyen Âge, présente des singularités dans sa chronologie, les modalités des défrichements et la mise en valeur du territoire. Pourtant, cette forêt que l’homme abat reste une ressource nourricière vitale, source de matières premières et réserve énergétique indispensables aux activités quotidiennes et à un artisanat en essor. S’impose alors à l’homme confronté aux conflits d’intérêt liés à l’usage de la forêt, la nécessité de résoudre ce paradoxe qui consiste à devoir à la fois exploiter et détruire. Les mesures restrictives et les réglementations qui s’instaurent révèlent une prise de conscience relative face aux dangers qui menacent un équilibre écologique fragile, et au nouvel impératif de protection. Cette réalité présage des conflits et des problèmes ultérieurs dont l’homme contemporain est encore à chercher les solutions.

Thèse intégralement accessible en version PDF (22,9 Mb) sur TEL.

Un outil de GTEC : la mise en place d’une charte de l’emploi saisonnier dans le secteur du végétal spécialisé.

Article de Stéphane Fauvy et Nicolas Arnaud paru dans la « Revue Management & Avenir, n° 56 (2012), pp. 78-98

Cet article s’intéresse au développement et à la mise en place d’une charte de l’emploi saisonnier au sein du secteur du végétal spécialisé. Cette charte constitue aux yeux des acteurs impliqués dans ce projet un outil emprunt d’une philosophie gestionnaire à n’en pas douter  » bienveillante et durable « , visant à diffuser auprès des entreprises du secteur ayant massivement recours à de l’emploi saisonnier, de bonnes pratiques en matière de gestion des ressources humaines. L’enquête menée par les auteurs a permis de mettre en évidence un décalage entre les intentions de l’outil et les problématiques plus profondes rencontrées par les rosiéristes du Douessin, premiers producteurs de roses en France.

Article intégralement accessible en version PDF (729,2 Kb) sur HAL-SHS.

Le parc de la Vanoise, un jardin partagé

Emission de radio « Interception« , France Inter, dimanche 23 juin 2013

Quel avenir pour le Parc National de la Vanoise ?

Le premier parc national français, créé en 1963, fêtera cet été ses 50 ans. Comme les autres parcs nationaux, en vertu d’une loi datant de 2006, il doit adopter une charte qui fixera sa destinée pour les 12 ans à venir. Mais l’actuel projet de charte a été rejeté en décembre dernier par les élus locaux, majoritaires dans le conseil d’administration, qui le trouvent trop restrictif pour le développement économique, notamment celui des stations de ski. Ils aimeraient limiter les mesures de protection à la seule zone dite du cœur de Parc. Les défenseurs de la nature, eux, ne veulent pas que le Parc devienne une simple réserve d’animaux pour touristes. Malgré ces tensions, qui existent depuis l’origine du Parc, ce dernier a permis jusque-là de préserver des espèces végétales ou animales dont certaines, comme le bouquetin ou le gypaète, étaient en voie de disparition dans les Alpes. Au fil d’une randonnée dans le parc avec un des gardes, le reportage aborde ces questions au gré de rencontres avec un élu, un défenseur de la nature, un chasseur, un éleveur ou des touristes.

A ré-écouter sur le site de France Inter.

Forêt, sylviculture et industries du bois au Japon : panorama des défis du secteur forestier et des politiques publiques mises en place pour les affronter

Rapport de Julien Dumond et  Florence Rivière-Bourhis, Ambassade de France au Japon, Service pour la Science et la Technologie, paru le 10/08/2012, 69 pages

En dépit d’une longue histoire de gestion de sa forêt, qui s’étend sur 67% du territoire national, et d’un arsenal législatif encadrant tous les secteurs d’activité sylvicoles à tous les niveaux de l’état, le Japon sous-exploite sa forêt. Par manque de structuration de l’économie forestière, la forte demande en bois est compensée par des importations massives en provenance des pays voisins.

La valorisation économique de la forêt japonaise se heurte à plusieurs obstacles : le morcellement des propriétés forestières en petites entités non profitables économiquement, le faible nombre des exploitations, le faible d’attrait professionnel du secteur et la difficulté d’accès des zones forestières en général. Le gouvernement multiplie des initiatives pour rendre attractif ce secteur (formation) et faciliter l’exploitation (accès routiers).

Ces dernières années, les gouvernements successifs ont mis en place des cadres législatifs visant à favoriser la valorisation de la forêt, celle-ci jouant un rôle important dans la compensation des émissions de CO2 et dans la capacité du Japon a respecté ses engagements vis à vis du Protocole de Kyoto. Que ce soit pour la préservation de la qualité de l’eau, la lutte contre l’érosion des sols ou pour l’utilisation de la lignite comme biomasse, le Japon essaie de mettre en oeuvre une politique attractive qui inclut la notion de « paiements pour les services environnementaux ».

Sommaire :

1. La forêt japonaise, une ressource aujourd’hui sous exploitée et demain valorisée pour ses fonctions économiques, sociales et environnementales
1.1. Caractéristiques du secteur forestier japonais
1.2. Mesures d’encadrement du secteur forestier japonais
1.3. Défis du secteur forestier japonais

2. Un regain d’intérêt pour le potentiel socio-économique de la sylviculture et des industries du bois
2.1. Des caractéristiques techniques défavorables
2.2. Une situation socio-économique dégradée
2.3. Des initiatives pour promouvoir l’usage du bois et ses industries

3. Les ressources forestières japonaises, un potentiel de plus en plus valorisé sur le plan environnemental
3.1. Des forêts de protection garantes des services environnementaux
3.2. De nombreuses autres initiatives
3.3. Un atout précieux dans la lutte contre le changement climatique

4. La promotion de la biomasse énergie revitalise l’ensemble de la filière forestière japonaise en créant de nouveaux débouchés
4.1. L’industrie du bois de feu, une filière immature mais prometteuse
4.2. Les pouvoirs publics promeuvent activement la filière biomasse énergie
4.3. Des installations plus ou moins innovantes déjà en activité

5. Conclusion

Bibliographie & Annexes

Rapport intégralement accessible en version PDF (3,3 Mo) sur le site des Bulletins Électroniques.