ETHNOBOTANIQUE

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Analyse des rapports entre l’organisation spatiale et la gestion des ressources renouvelables appliquée aux paysages de châtaigneraie en Cévennes

Thèse de Denis Gautier, Université d’Avignon (Géographie), 28/06/1996, Jean-Paul Cheylan (Dir.), 358 p.

L’objectif de ce travail est de comprendre les rapports entre l’organisation du territoire, détectable dans le paysage, et la gestion des ressources renouvelables. L’étude est appliquée aux paysages de châtaigneraies en Cévennes. La démarche d’analyse a une entrée spatiale. Elle part d’un état des lieux qui conduit à choisir, dans le domaine d’étude, l’entité spatiale la plus pertinente pour expliquer les aspects naturels et sociaux de la mise en valeur du territoire par l’homme. Pour les Cévennes, l’entité choisie est le quartier rural, qui est le motif élémentaire d’organisation des paysages. Il est composé d’éléments de paysage en interaction. Il peut être combiné à d’autres motifs pour former les paysages. Cela relie le quartier aux autres niveaux d’organisation spatiale. Pour comprendre les aspects spatiaux de la mise en valeur du territoire, une analyse spatiale de type hypothético-déductif suit cet état des lieux. Le motif de quartier est modélisé suivant les principes de la modélisation graphique. Les hypothèses d’organisation spatiale sont validées en partie grâce à la mise en œuvre d’un SIG. La règle spatiale fondamentale de la mise en valeur du territoire est un modèle centre-périphérie, avec une dualité marquée entre l’espace de mise en valeur intensive (bâti, terrasses, prairies, vergers) et l’espace de mise en valeur extensive (châtaigneraies, landes, boisements divers). Cette structure élémentaire est déformée par un système de pente jouant au niveau régional par des gradients d’altitude, et au niveau local par la topographie qui contraint la mise en valeur des terres. L’analyse spatiale est raccordée à une analyse en profondeur des éléments de paysage, par laquelle sont étudiés l’histoire, le fonctionnement et les dynamiques de chacun d’eux, considérés dans leurs aspects spatiaux. Cela permet de valider des hypothèses de mise en valeur du territoire et d’en faire émerger de nouvelles. L’étude des éléments de paysage permet d’établir des modèles de gestion des ressources. En particulier, une typologie des châtaigneraies est proposée, selon des critères spatiaux. Des modèles de fonctionnement sont construits pour chaque type. L’articulation entre le modèle spatial du quartier et le fonctionnement des éléments de paysage permet de comprendre les rapports entre l’organisation du territoire et les pratiques rurales. Des modèles graphiques spatio-temporels sont proposés pour les pratiques de gestion des ressources renouvelables qui s’exercent sur les paysages à châtaigneraie cévenol (élevage, gestion du feu, récoltes, cueillettes, chasse). Ces modèles synthétisent la transcription spatiale de ces pratiques au cours de l’année. Leur mise en correspondance permet de déceler les enjeux spatiaux de la gestion des ressources et les confrontations entre acteurs qu’ils génèrent. Enfin, les rapports entre l’organisation du territoire et la gestion des ressources sont considérés sous l’angle de leurs dynamiques. Pour comprendre l’évolution de la mise en valeur de petits territoires cévenols, trois méthodes d’analyse sont mises en œuvre : la comparaison par un SIG de deux états successifs d’un même territoire ; la mise en relation par un SIG d’un état de référence du territoire avec la chronique des événements qui l’ont modelé ; le croisement des modèles de fonctionnement des types de châtaigneraies avec une matrice d’évolution des surfaces au cours du temps. Une synthèse montre comment ces trois méthodes peuvent être intégrées pour la gestion de l’espace rural.

Thèse intégralement accessible en version PDF (18.2 Mb) sur HAL-SHS.

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