ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Une offrande de ciste dans une tombe carthaginoise (VIe-Ve s. av. J.-C.). Une approche interdisciplinaire alliant archéo-ethnobotanique et chimie organique analytique

Article de Nicolas Garnier et Elisabeth Dodinet paru dans Archéosciences, n°37, 2013, pp. 51-66

Dans les collections du musée Fragonard à Grasse, un bloc de résine noire fortement odorant provenant d’une tombe carthaginoise du vie-ve s. av. J.-C., était étiqueté « labdanum » (résine de ciste), mais sans aucune documentation pour soutenir l’identification. L’absence de macrorestes végétaux obligeait à rechercher chimiquement les marqueurs conservés. Les lacunes et le manque d’exhaustivité de la littérature sur la chimie du genre, issue essentiellement de la parfumerie et de la pharmacognosie, conduisirent à échantillonner différentes résines de Cistus spp. La forte présomption, tirée de la littérature antique, de l’utilisation de plusieurs espèces en Méditerranée pour la période et la localisation de la trouvaille dictèrent le choix des espèces candidates analysées à partir de spécimens authentifiés botaniquement.
Plus de 300 constituants chimiques, fractionnés suivant leur polarité puis analysés par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS), ont été identifiés dans la résine archéologique, relevant essentiellement des sesquiterpènes, diterpènes et cires végétales. La comparaison chimique de sept résines fraîchement récoltées sur différentes espèces permit de définir les marqueurs communs spécifiques au genre Cistus. La confrontation des profils a permis de confirmer l’identification de Cistus ladanifer, fournissant ainsi, grâce à la collaboration entre chimistes et (ethno)botanistes, la plus ancienne attestation d’utilisation de résine de ciste en Méditerranée.

Article en accès payant sur Cairn (ou en accès libre en janvier 2017 sur le site de la revue).

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