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La forêt des Landes de Gascogne comme patrimoine naturel ? Échelles, enjeux, valeurs

Thèse de Aude Pottier, Université de Pau et des Pays de l’Adour (Géographie), 08/12/2012, Vincent Berdoulay (Dir.), 488 p.

Ce travail de thèse en Géographie Humaine a pour objectif d’identifier et d’analyser les valeurs qui font entrer le massif forestier des Landes de Gascogne dans un processus dit de patrimonialisation au travers des discours et actions de ses acteurs. Affecter des valeurs à un espace forestier, le patrimonialiser ne correspond plus simplement à la mise en place d’espaces protégés où le  » exceptionnel  » est adoubé. Le processus ne se définit plus par la simple protection officielle qui soustrait à l’action humaine des éléments jugés remarquables : des objets et des espaces de plus en plus communs et quotidiens sont également appropriés par des groupes sociaux variés tout autant spécialistes qu’  » amateurs « . Le massif forestier des Landes de Gascogne constitue, selon nous, un espace exemplaire pour traiter de cette appropriation d’un espace forestier  » ordinaire « , qui n’a, a priori, rien de  » remarquable « , du moins, selon les critères de la patrimonialisation institutionnelle. Forêt d’origine artificielle à vocation de production en grande majorité privée, le massif forestier landais a toujours été plus ou moins décrié pour sa gestion intensive remettant en cause sa capacité à être porteuse de valeurs autres qu’économique et pouvant aller jusqu’à remettre en question son statut de forêt. Pour autant, bien que la vocation productive de ce massif soit sa raison d’être, la forêt landaise est aussi porteuse de valeurs culturelles, naturalistes et sensibles qui la font entrer dans une volonté de préservation qui dépasse, et parfois se confronte, à sa simple importance économique. La dernière tempête Klaus de Janvier 2009, a permis d’à la fois révéler et catalyser ses valeurs qui, face à un tel bouleversement, s’exacerbent. Aborder la patrimonialisation de cet objet forestier à part entière, partagé entre nature et culture, permet ainsi de questionner l’idée même de patrimoine naturel et le processus qui le sous-tend. La thèse s’appuie sur l’analyse d’une centaine d’entretiens semi-directifs effectués auprès de différents acteurs du massif (sphère forestière privée et publique, élus, collectivités territoriale, Parc Naturel Régional, milieu associatif) et menés selon une double échelle d’analyse (de l’échelle  » massif  » à l’analyse plus localisée de quatre terrains d’étude).

Thèse intégralement accessible en version PDF (30,6 Mb) sur TEL.

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