ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Le monde de la rose, une filière mondiale

Débat animé par Bernard CALAS (professeur de géographie à Bordeaux 3), le mercredi 30 janvier 2013 à 18h30 au Papagayo (Place Anatole France, Paris) dans le cadre des Cafés Géographiques.

A la Saint Valentin, cette année encore comme chaque année depuis trente ans, ceux des Amoureux qui auront échappé à l’explicite des sex toys et autres dessous féminins, offriront à leur Préférée des Roses, le plus souvent mais pas toujours rouges, symboles échappés d’un Moyen Age courtois.

Au-delà de son irréductible intimité, ce geste déclamatoire est porteur d’une géographie peu étudiée, qui ouvre au Monde. En effet, le don, dans sa répétition, anime une économie florissante. En France, en 2011, les dépenses de la Saint Valentin se montaient à 26 millions d’euros, dont la moitié environ pour les roses, soit 12 % des roses offertes sur l’année.

Le Café Géo du 30 janvier est donc l’occasion de revenir sur ce « Monde de la Rose », en géographe. Car avant de nourrir la passion et de médiatiser les transports des Amoureux du Nord, la rose a parcouru des distances considérables, depuis la Hollande voire l’Equateur, le Kenya ou l’Ethiopie. Aussi, s’agit-il de démonter une filière, ou une « chaîne de coopération » mondialisée, structurée par les stratégies d’acteurs très puissants. Cette déconstruction suivra les étapes de la trajectoire de la fleur depuis son invention jusqu’à sa consommation en passant par sa production. Elle permettra de comprendre comment l’inflation de la demande de la Saint Valentin peut être satisfaite.

Au-delà, l’un des intérêts de cette étude est de revisiter la vieille notion de dépendance, à partir d’un produit dont la culture et la diffusion tropicales sont post coloniales. Il s’agit donc d’abord de déployer une géographie économique classique, néanmoins originale parce que consacrée à un produit peu étudié et porteur d’utilité symbolique plus que d’utilité pratique.

Ce faisant, cette analyse géographique de la rose amène à interroger les contours mêmes de la discipline et les rapports hommes-nature.

[Info des Cafés Géographiques].

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