ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Jardins sur mer, les écorces de Varengeville

Emission « Sur les Docks« , France Culture, 07.11.12

Sensibles aux charmes de l’endroit, poètes, écrivains, peintres, musiciens s’y sont retrouvés, depuis la fin du XIXe siècle, autour de personnages très riches et plus ou moins extravagants. Georges Braque et Albert Roussel y reposent au cimetière marin — promis à tomber dans la mer à mesure de l’écroulement de la falaise — Huysmans, Proust, Louÿs, Saint-Saëns, Fauré et bien d’autres ont fréquenté le village. Plus tard, Jean Cocteau*  et André Breton ont dû s’y croiser.

La particularité de cet endroit est qu’on y a installé une demi-douzaine de jardins très singuliers et dissemblables entre eux : de véritables utopies végétales, reflets des personnalités de leurs concepteurs. La première et principale expérience de ce type est le Bois des Moutiers, d’une sophistication et d’une harmonie d’exception tout comme Shamrock, le Val d’Ailly, le Vasterival de la Princesse Sturdza et le Bois de Morville. Tous ces endroits sont privés, leur entretien réclame un travail harassant et des fonds considérables ainsi que l’art de les valoriser.

C’est l’objet de la démarche du paysagiste Pascal Cribier qui a imaginé cette année avec quelques complices d’organiser des rencontres botaniques dont le sujet est l’écorce : la mystérieuse peau des arbres, tissu mort mais indispensable. Le thème est audacieux : la physiologie végétale est peu présente dans la recherche institutionnelle et il existe fort peu de spécialistes de l’écorce. Les personnages rencontrés autour de Varangéville confrontent les connaissances partielles qu’ils en possèdent, de façon à lever un tout petit peu le voile sur cet insondable mystère poétique.

Publicités

%d blogueurs aiment cette page :