ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour septembre, 2012

Cueillettes de mémoires

Les plantes ont toujours accompagné les hommes pour leur santé ou celle de leurs animaux. Toujours ? Pas tout à fait, avec l’avènement de la chimie, les savoirs ancestraux transmis de génération en génération se sont peu à peu perdus, ou transformés, et d’autres ont été réinventés.

La connaissance des plantes, des modes de cueillettes et de leurs usages n’étant plus une nécessité vitale, les montagnes et les vallées s’étant désenclavées, pourquoi continuer d’enseigner des gestes ou des remèdes à ses enfants ? Bien que les temps changent, on s’aperçoit que la chimie n’est pas la réponse à tout. Ce savoir a de la valeur simplement parce qu’il est notre héritage, parce qu’il demeure alors que les gens qui savaient s’en sont allés.

C’est là que l’ethnobotanique intervient : deux ans d’enquêtes, plus de 120 enquêtés et plus de 300 plantes citées, des souvenirs partagés autour des tables de cuisine, des histoires d’un temps révolu. Dans ces moments, alors qu’on croit ne plus savoir, les noms de plantes reviennent, les recettes reprennent vie et toute une jeunesse enfouie s’éveille. Une plante amène une odeur, l’odeur appelle un souvenir…

Vous ne trouverez pas en ce livre un traité de phytothérapie, il n’a pas vocation médicale. C’est un livre de mémoire, un livre de transmission. Toutefois, certaines recettes ou utilisations ont depuis été validées par la science ; dans ces cas, vous trouverez sur celles-ci, ainsi que sur les utilisations à éviter à tout prix, un mémo rédigé par un médecin anthropologue.

Découvrez ou redécouvrez la sagesse et la vie des habitants des massifs des Bauges et de Chartreuse, leurs liens très intimes avec les plantes, qui nous racontent la vie au temps des veillées, le temps d’une tisane.

Où trouver le livre :

– Bon de commande disponible sur www.jdmmontagnes.org

– Maisons du Parc du Massif des Bauges et de Chartreuse

– Librairies de Chambéry, Albertville, Aix les Bains, …

Pour tout renseignement ou obtenir la liste des points de vente, contacter : bureau@jdmmontagnes.org

Prix public : 18 €

 

 

 

Du bon usage de ‘l’arbre nourricier’

Article de Monique Chastanet publié dans Afrique Contemporaine, n°161, n° spécial sur l’environnement (1992), pp. 188-190

Ce conte soninké, recueilli à Bakel (Sénégal), est une initiation à la sagesse et à la maîtrise de soi. Il témoigne aussi d’une valorisation ancienne du milieu végétal, quelque peu oubliée aujourd’hui.

Article intégralement accessible en version PDF (1 Mb) sur HAL-SHS.

De la vigne au chai : viticulture et vinification en Bordelais après la guerre de Cent Ans (vers 1450 – vers 1480)

Thèse de Kévin Porcher, Université de La Rochelle, 25/10/2011, Michel Bochaca (Dir.), 424 p.

De 1154 à 1453, Bordeaux se trouve sous l’obédience du roi d’Angleterre. L’ouverture du marché anglais favorise le développement d’un vignoble à vocation commerciale autour de la ville. De nombreux travaux sont consacrés à cette période faste du vignoble et du commerce du vin bordelais. En revanche, la situation du vignoble au lendemain de la fin de la guerre de Cent Ans (après la prise de Bordeaux par Charles VII en 1453) est très souvent restée dans l’ombre.Ce travail propose donc d’étudier les caractéristiques et les dynamiques du vignoble bordelais dans la seconde moitié du XVe siècle, après les crises de la fin du Moyen Âge. En raison de la nature des sources employées, l’approche adoptée est celle du point de vue des Bordelais sur le vignoble, ce qui permet d’analyser l’emprise urbaine sur les vignes des alentours. Nous verrons comment les stratégies foncières et économiques des élites urbaines, essentiellement composées de marchands, influencent l’évolution du vignoble bordelais après la guerre de Cent Ans.

Thèse intégralement accessible en version PDF (10 Mb) sur TEL.

Le paysage et ses variations : la question d’une écologie esthétique

Colloque international, Paris, 17 et 18 octobre 2012

On parle de la beauté d’un paysage, de sa protection, son aménagement, son agencement, sa gestion, sa conservation…, mais toutes ces expressions le réduisent à un objet passif. Juridiquement, le paysage désigne une partie de territoire telle qu’elle est perçue par les populations dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations. Cette approche est intéressante par le cadre qu’elle pose, mais il est nécessaire d’aller au-delà pour se demander si le paysage est objet ou sujet de la nature.

Le paysage nous intéresse quand il interroge les limites de la nature, quand il questionne le territoire et qu’il pose la question du rapport entre le dedans et le dehors. Bien évidemment, ce n’est pas la seule notion à poser cette question puisqu’elle est déjà inscrite dans le rapport que l’individu entretient avec l’objet. Simmel fait remarquer à ce titre que le paysage existe quand il se tient au dehors et étend son existence au-delà de ses frontières : « Mais pour que naisse le paysage, il faut indéniablement que la pulsation de la vie, dans la perception et le sentiment, se soit arrachée à l’homogénéité de la nature, et que le produit spécial ainsi créé, après transfert dans une couche entièrement nouvelle, s’ouvre encore de soi, pour ainsi dire, à la vie universelle, et accueille l’illimité dans ses limites sans failles. »

Lors de la Convention de Florence du 16 décembre 2001 sur le paysage, Dendik Rugaas a défini le paysage comme le lieu de rencontre entre la nature et la culture, à la fois « expression de la diversité des cultures » et abri pour l’extrême richesse de la biodiversité. C’est de cette manière que la Convention européenne du paysage envisage une « intégration et une interaction entre nature et culture » du fait même de son objet, le paysage. Notre intention est de croiser les lectures urbanistique, géographique, philosophique, littéraire, artistique, juridique et anthropologique sur la figure du paysage dans l’espoir de la sortir du simple agencement décoratif.

PROGRAMME

MERCREDI 17 OCTOBRE 2012

OUVERTURE DU COLLOQUE
9h15-9h30 : MANOLA ANTONIOLI (Ecole Nationale Supérieure d’Art de Dijon et Ecole nationale Supérieure d’Architecture de Versailles) et ALAIN MILON (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : « Présentation du projet : ‘Ecosophie et imagination environnementale’, in Labex Arts, H2H, Paris 8 »

STRATE THEORIQUE

9h30-10h : EVE-MARIE HALBA : « Paysage lexical » (IRIV, Paris)
10h-10h30 : STEFANIA BONFIGLIOLI : « Le paysage, la praxis, le discours » (Université de Bologne)
11h30-12h CAROLINE GIRAN-SAMAT : « La médiation au cœur du paysage » (Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence/CHERPA)
Discussion et déjeuner

14h-14h30 : JUSTINE BALIBAR : « Les limites du paysage : regarder loin en gardant les pieds sur terre » (Université de Lille 3)
14h30-15h : ALAIN MILON : « L’anse paysage : philosophie du contour » (Université de Paris Ouest Nanterre)
Discussion et pause

STRATE JURIDIQUE

15h30-16h : PAULINE MILON : « Paysage et droit : construction et évolution juridiques » (Université d’Aix-en Provence/Université de Lausanne)
6h-16h30 : SERGIO FLORIO : « Le prisme du paysage : un parcours italien » (Université de Pise/Université du Var)
Discussion et pause

STRATE ECOSOPHIQUE

16h45-17h15 : FRANÇOIS CHOMARAT (Lycée Descartes, Montigny le Bretonneux) et CATHERINE CHOMARAT-RUIZ : « L’insensible variation. Proposition écosophique pour penser la transformation des paysages » (INRA, UMR SAD-APT, Paris)
17h15-17h45 : ALMO FARINA : Principles, methods and application of the Soundscape ecology (Université d’Urbino, Italie)
Discussion

JEUDI 18 OCTOBRE 2012

9h-9h30 : LUCIANO BOI : « Le paysage et ses mondes ‘cachés’ : promenade au cœur de la complexité » (EHESS, Paris)
9h30-10h : SHULING TSAI : « Le paysage comme habitat : l’Ikebana » (Université de Tamkang, Taiwan)
10h-10h30 : PATRICK NADEAU : « Du design végétal » (Architecte, Paris)
Discussion et pause

STRATES URBAINE ET ANTHROPOLOGIQUE

11h-11h30 : CATHERINE D’HUMIERES : « Lorsque parcs et jardins se font labyrinthes » (Université de Cergy-Pontoise)
11h30-12h : ANITA PONTI : « La ville entre frontières spatiales, symboliques et culturels. Présupposés sémiotiques pour une lecture des espaces urbains ‘marginaux’ » (Université Paris 7)
12h-12h30 : LORRAINE VERNER : « L’art et les délaissés dans le paysage urbain » (EBA de Versailles)
Discussion et déjeuner

STRATE ARTISTIQUE

14h-14h30 : ALESSANDRO VICARI : « La pierre et la marche : le degré zéro du paysage » (ESAD Orléans ; Strate Collège Sèvres)
14h30-15h : NICOLAS DROIN : « Paysage mouvant dans le cinéma d’Antonioni : l’apparition d’un paysage fantôme » (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense)
Discussion et pause

15h30-16h : ROBERTO BARBANTI : « Paysage et écologie sonore » (Université de Paris 8)
16h30-17h : SILVIA BORDINI : « Le paysage au temps des médias » (Université Sapienza, Rome)
Discussion et clôture du colloque

[Info Calenda]

Fruits et légumes de part et d’autre de la Méditerranée (XVe-XXe siècle)

Appel à contribution, colloque international, Kénitra (Maroc), 30 novembre 2012

Les fruits et légumes intéressent aujourd’hui aussi bien les scientifiques que les professionnels. Historiens, sociologues, anthropologues, agronomes, diététiciens, producteurs de fruits et légumes, industriels de l’agro‐alimentaire, travaillent sur ces nourritures végétales selon leurs paramètres scientifiques, leurs outils méthodologiques, leurs intérêts économiques. Les travaux de recherche menés en ce domaine s’imposent avec des méthodes et des questionnements appropriés, loin de toute considération anecdotique ou pittoresque. Ils s’inscrivent dans une problématique féconde, celle de l’histoire et des cultures de l’alimentation où se recoupent le matériel et le culturel, les techniques et les usages, les nécessités et les préférences.

Sur les deux rives de la Méditerranée, les fruits et légumes ont toujours occupé une place majeure dans le paysage agraire, la production agricole, la consommation locale et les échanges interrégionaux. Mais dans les systèmes de vie et de valeurs des différentes sociétés du pourtour méditerranéen, la fonction agronomique, économique, sociale et culturelle, voire symbolique, dévolue aux fruits et légumes n’était pas forcément identique. De part et d’autre du bassin, l’on relève des ressemblances et des dissemblances concernant les pratiques arboricoles et maraîchères, les productions et les consommations, les systèmes d’adaptation et d’adoption des plantes. Prenons l’exemple de l’artichaut, plante issue d’un chardon des bords de la Méditerranée : signe de prestige et de plaisir en Europe occidentale aux 16e – 17e siècles, il renvoie à la pauvreté dans le Maghreb contemporain.

Le temps long constitue la toile de fond de notre problématique comparatiste. Du 15e au 20e siècle, les pratiques agraires et les consommations alimentaires ont fortement changé de part et d’autre de la Méditerranée, premièrement par le biais des découvertes des nouveaux mondes qui ont amené de nouvelles plantes sur la rive nord de la Méditerranée; deuxièmement, par les innovations techniques des temps modernes en Europe en particulier; troisièmement, par le mouvement de colonisation qui a inséré de nouvelles plantes et de nouvelles techniques sur les terres de la rive sud.

Notre problématique est tout aussi ouverte aux questions du temps présent, à savoir le développement des productions des fruits et légumes dans les pays de la rive sud et les contraintes du commerce international, les enjeux de la biodiversité et la patrimonialisation des cultures alimentaires présentées comme « traditionnelles » (régimes alimentaires, spécialités régionales, légumes ou fruits emblématiques).

D’où la pertinence d’un colloque international, dans les deux langues, arabe et français, sur cette thématique qui aspire à fédérer plusieurs disciplines pour débattre des axes de recherche suivants :

– Arboriculture et maraichage : paysages, pratiques, usages, espaces de production
– Productions et circuits d’échange : produire pour la vente, produire pour le ventre, diversité variétale, circuits courts, échanges régionaux
– Développement des productions, globalisation des marchés
– Transformation des fruits et légumes : transformation domestique, fabrication artisanale, production industrielle
– Pratiques de table : consommation, recettes, ordre des mets, repas ordinaires / repas festifs, patrimonialisation
– Les fruits et légumes venus d’ailleurs : domestication agraire, adaptation culinaire
– Imaginaire des fruits et légumes : prestige social ou pauvreté, diète(s) méditerranéenne(s), représentations diététiques

Conditions de soumission
Les propositions, comprenant un titre, un résumé autour de 500 mots et un court cv en arabe ou en français, sont à adresser à houbaidamohamed@yahoo.fr ou florent.quellier@univ-tours.fr

avant le 30 novembre 2012

Délai pour les textes définitifs : le 15 septembre 2013

Organisation scientifique :

Houbaida Mohamed, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc
Quellier Florent, Université François‐Rabelais, Tours, France
Comité scientifique
De Ferriere Le Vayer Marc, Université François‐Rabelais, Tours, France
Gmira Najib, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc
Ilbert Hélène, Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier, France
Nasreddine Lara, American University of Beirut, Liban
Ruas Marie‐Pierre, Museum d’histoire naturel, Paris, France
Sebti Abdelahad, Université Mohamed V, Rabat, Maroc

[Info Calenda]

La Rose Bengalesi de Silvia Stucky

Viaggio in Italia / Italienische Reise 2010-2012Werkschauhalle, Spinnerei

Spinnereistraße 7, 04179 Leipzig, exposition les 15 et 16 septembre 2012

Tina Bara / Alba D’Urbano, Jacopo Benci, Emerson Culurgioni, Katrina Blach, Gottfried Binder, Libia Castro & Ólafur Ólafsson, Johanna Diehl, Charlotte Eifler, Sarah Feulner / Lena-Rosa Händle, Valerio Figuccio / Michael Petri, Nina Fischer / Maroan el Sani, Ya-Wen Fu, Heike Gallmeier, Eiko Grimberg, Matthias Hoch, Franziska Jyrch, Susanne Keichel, Franziska Klose, Julia Krause, Kathrin Kunert, Verena Landau, Franziska Meinert, Berit Mücke, Nadine Neuhäuser, Marcel Noack, NUOVA, Jana Nowack, Ginevra Panzetti / Enrico Ticconi, Raphael Sbrzesny, Jana Schulz, Maya Schweizer, Maria Sewcz, Tim Sharp, Jakub Simcik, Schlatter / Sing, Heidi Specker, Silvia Stucky, Yukiko Terada, Dagmar Varady, Carolin Weinert

The exhibition project was inspired by the idea of the ‘Grand Tour’ which was given a contemporary actualisation within the field of tension between romantic nostalgia and today’s reality of post-industrial structural change. The area including the cities of Rome and Tivoli is especially interesting because of its overlapping layers that allow a period of time from antiquity to today to remain visible.
The works examine phenomena which arise from the transformations in working conditions and political structures, as manifested in the urban and architectural environment, as well as representational forms of tourism in relation to the projections of the tradition-laden educational journey.

Extrait temporairement visible de la vidéo de Silvia Stucky : http://www.youtube.com/watch?v=566lfvx2RVw&feature=plcp

Serial cueilleur

Emission « On ne parle pas la bouche pleine« , d’Alain Kruger, France Culture, dimanche 09 septembre 2012

avec Stéphane Meyer, cueilleur de plantes sauvages et comestibles.