ETHNOBOTANIQUE

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Paléoenvironnements et gestion des combustibles au Mésolithique dans le sud de la France: anthracologie, ethnoarchéologie et expérimentation

Thèse de Auréade Henry, Université de Nice Sophia-Antipolis (Histoire), 08/04/2011, Frank Braemer (Dir.), 444 p.

Cette étude soulève la question des relations entre la végétation ligneuse, les pratiques anthropiques et la nature du dépôt anthracologique. L’adoption d’une démarche palethno-économique en anthracologie pour le Mésolithique vise à contribuer au développement des problématiques et à l’établissement de modèles explicatifs spécifiques à cette période. Selon les théories et les méthodes actuellement employées en anthracologie préhistorique, trois approches ont été développées. La première, anthracologique, concerne quatre sites archéologiques du sud-ouest de la France (Causses du Lot et de l’Aveyron) ayant livré des occupations datées du Sauveterrien ancien au Mésolithique récent/final : les Fieux, les Escabasses, le Cuzoul de Gramat et le Clos de Poujol. D’une manière générale, on perçoit les Causses comme des environnements possédant une dynamique qui leur est propre, caractérisés par une grande stabilité du couvert végétal. La deuxième approche, ethno-archéologique, a porté sur la gestion des combustibles de groupes actuels nomades (pasteurs Evenks de Sibérie) et sédentaires (Athapascans d’Alaska) vivant dans la forêt boréale. Elle nous a permis d’alimenter la réflexion concernant les filtres s’établissant entre la végétation et le contenu du dépôt anthracologique. Tout comme d’autres sous-systèmes techniques, le système de gestion du bois de feu véhicule une importante charge culturelle. On constate néanmoins de fortes convergences entre les groupes avec lesquels nous avons travaillé. La dernière approche, expérimentale, s’est attachée à caractériser les signatures anatomiques observées sur les charbons de bois archéologiques (déformation et fusion des parois cellulaires). Elle a principalement abouti à la proposition d’un indice d’altération permettant d’évaluer l’état phénologique du bois de conifère ante combustion. Enfin, nous avons évalué la pertinence de ces approches, lesquelles comportent toutes des potentialités et des limites qui leur sont propres. Leur complémentarité permet de mieux considérer la complexité des systèmes de gestion du bois de feu et d’alimenter la question des relations hommes-milieux au Mésolithique.

Thèse intégralement accessible en version PDF (82,2 Mb) sur HAL-SHS.

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