ETHNOBOTANIQUE

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Archive pour août, 2012

Paléoenvironnements et gestion des combustibles au Mésolithique dans le sud de la France: anthracologie, ethnoarchéologie et expérimentation

Thèse de Auréade Henry, Université de Nice Sophia-Antipolis (Histoire), 08/04/2011, Frank Braemer (Dir.), 444 p.

Cette étude soulève la question des relations entre la végétation ligneuse, les pratiques anthropiques et la nature du dépôt anthracologique. L’adoption d’une démarche palethno-économique en anthracologie pour le Mésolithique vise à contribuer au développement des problématiques et à l’établissement de modèles explicatifs spécifiques à cette période. Selon les théories et les méthodes actuellement employées en anthracologie préhistorique, trois approches ont été développées. La première, anthracologique, concerne quatre sites archéologiques du sud-ouest de la France (Causses du Lot et de l’Aveyron) ayant livré des occupations datées du Sauveterrien ancien au Mésolithique récent/final : les Fieux, les Escabasses, le Cuzoul de Gramat et le Clos de Poujol. D’une manière générale, on perçoit les Causses comme des environnements possédant une dynamique qui leur est propre, caractérisés par une grande stabilité du couvert végétal. La deuxième approche, ethno-archéologique, a porté sur la gestion des combustibles de groupes actuels nomades (pasteurs Evenks de Sibérie) et sédentaires (Athapascans d’Alaska) vivant dans la forêt boréale. Elle nous a permis d’alimenter la réflexion concernant les filtres s’établissant entre la végétation et le contenu du dépôt anthracologique. Tout comme d’autres sous-systèmes techniques, le système de gestion du bois de feu véhicule une importante charge culturelle. On constate néanmoins de fortes convergences entre les groupes avec lesquels nous avons travaillé. La dernière approche, expérimentale, s’est attachée à caractériser les signatures anatomiques observées sur les charbons de bois archéologiques (déformation et fusion des parois cellulaires). Elle a principalement abouti à la proposition d’un indice d’altération permettant d’évaluer l’état phénologique du bois de conifère ante combustion. Enfin, nous avons évalué la pertinence de ces approches, lesquelles comportent toutes des potentialités et des limites qui leur sont propres. Leur complémentarité permet de mieux considérer la complexité des systèmes de gestion du bois de feu et d’alimenter la question des relations hommes-milieux au Mésolithique.

Thèse intégralement accessible en version PDF (82,2 Mb) sur HAL-SHS.

Le parc d’agrément des XVIIe et XVIIIe siècles de l’ancien château de Liancourt

Préalablement à l’aménagement d’un jardin public doté de fontaines par la commune de Liancourt, une équipe d’archéologues de l’Inrap mène une fouille préventive sur prescription de l’État (Drac Picardie). L’intervention qui aura duré un mois a permis d’étudier l’ancien parc du château de Liancourt. Rarement pratiquée et inédite en Picardie, ce type d’intervention archéologique met en lumière l’un des plus beaux parcs à fontaines de l’Ancien Régime. Les recherches s’attachent notamment à comprendre l’évolution de l’aménagement des jardins du XVIIe au XVIIIe siècle, l’organisation des plantations, mais aussi le système d’approvisionnement des bassins en eau sous pression, rendu possible par les nombreuses canalisations en terre cuite présentes sous le sol. 
Un parc d’agrément pour un château de plaisance
Le parc du château de Liancourt était célèbre sous l’Ancien Régime pour sa beauté et ses nombreux jardins à fontaines et jeux d’eaux qui, contrairement à ceux de Versailles, étaient continuellement alimentés en eau. La réhabilitation du château vers le milieu du XVIIe siècle avait en effet tiré habilement parti, peut-être avec la contribution de l’architecte Salomon de Brosse, de la situation favorable du site en contrebas d’un grand vallon permettant de collecter les eaux de pluie, pour créer un vaste réseau hydrographique comportant de grands réservoirs, des canalisations forcées et une pompe de relevage. 
Délaissé à partir de la Révolution française, puis progressivement démoli, le château a aujourd’hui totalement disparu. La mise en culture des terres seigneuriales par les révolutionnaires a par ailleurs totalement gommé l’ancien parc. Il nous reste cependant de nombreuses gravures anciennes représentant l’édifice, le parc et les fontaines. De nos jours ne subsistent plus que les magnifiques communs du XVIIIe siècle qui bordaient autrefois la cour d’honneur (actuelle médiathèque), et une vaste prairie herbue jamais lotie, correspondant au jardin qui bordait l’aile orientale du château, objet de l’actuelle intervention archéologique. 

Le jardin du XVIIe siècle

Le jardin du XVIIe siècle, axé sur la façade du château et sur la ferme seigneuriale aujourd’hui disparue et qui bordait alors la cour d’honneur, est désigné dans les sources d’archives comme « jardin à fleurs ». Il était organisé autour d’un bassin au plan en trèfle inscrit sur un carré et disposait d’un jet d’eau central, qu’entouraient des parterres de broderies. Par chance, le bassin vient d’être retrouvé, quasiment intact. Construit en mortier hydraulique de couleur rose, le bassin est protégé par une fine couche d’enduit et ponctuellement renforcé par un appareil de pierre. 

Évolution du jardin au XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, l’installation des nouveaux communs tels que nous les connaissons actuellement conduit à repenser totalement le jardin. Dans son nouveau tracé, très géométrique, un nouveau bassin de forme octogonale est aménagé en son centre. Celui-ci a été dégagé par les archéologues, découvert en excellent état de conservation. Le décapage fin de l’ensemble de la parcelle permet également de retrouver précisément en place le niveau du sol du XVIIIe siècle exceptionnellement conservé sous la terre arable. Cette découverte permet à la fois de localiser l’emplacement des parterres triangulaires, des allées rayonnant en étoile autour du bassin, mais aussi de connaître les matériaux de construction et leur mise en œuvre (allées gravillonnées, plates-bandes de briques…). Une analyse palynologique des sédiments prélevés dans les bassins permettra peut-être de retrouver des pollens et de reconstituer la flore environnante de l’époque. 

Un savant système de canalisations

Le sous-sol conserve de nombreuses canalisations en terre cuite qui alimentaient continuellement les bassins. L’étude de leurs tracés et de leurs déclivités permettra de comprendre le mode d’approvisionnement depuis les réservoirs. Ces constatations archéologiques viendront sans nul doute enrichir les informations figurant sur les plans d’archives disponibles. 
[Info Inrap]

Cuisine buissonnière des plantes

Emission de radio de François-Régis Gaudry « On va déguster« , France Inter, 26 août 2012 de 11h à 12h.

François Couplan, ethno-botaniste, docteur ès-sciences, est le pionnier de l’étude des plantes sauvages comestibles en Europe. Après avoir longuement vécu aux États-Unis, où il recueillit les traditions de diverses tribus indiennes, il a parcouru les cinq continents à la recherche des utilisations traditionnelles des végétaux dans les différentes cultures qui font la richesse de notre planète. Des milliers de personnes ont participé aux stages de découverte des plantes, qu’il organise depuis près de trente-cinq ans. Bien plus encore ont lu les quelque cinquante ouvrages qu’il a écrits sur les plantes et la nature. Il collabore aussi avec de grands chefs cuisiniers à la redécouverte des saveurs oubliées.

Emission avec François Couplan et Cédric et Cathy Denaux.

Premières traces de structures agricoles précolombiennes à St Martin et en Martinique

Intervention de Christian Stouvenot dans le séminaire international « L’occupation amérindienne de la Martinique, approche pluridisciplinaire », Fort-de-France : Martinique (2007)

A ce jour peu de témoins directs du travail agricole dans les champs ou jardins par les populations précolombiennes ont été mis en évidence dans les Petites Antilles. Une découverte réalisée à Saint-Martin en 2006 pourrait constituer un cas de champs cultivés précolombiens. D’autres structures mises au jour en 2002 à Saint-Pierre en Martinique offrent un autre exemple tout à fait similaire.

Intervention accessible intégralement en version PDF (5,6 Mb) sur HAL-SHS.