ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Agriculture et Ville

Appel à articles, revue Espaces et sociétés, novembre 2012

Ce numéro d’Espaces et Sociétés veut revenir sur les enjeux liés au rapport entre agriculture et ville. En effet l’engouement actuel pour les fermes urbaines, les jardins partagés, etc., ainsi que le développement des circuits-courts alimentaires témoignent d’un lien potentiellement renouvelé. On souhaite un examen des effets induits sur l’urbain et sur l’agriculture elle-même, que ce soit en termes d’organisation, d’évolution des pratiques et des techniques, d’allocation des espaces, de mutations économiques et sociales, d’aménagement et d’organisation spatiale et territoriale.

La question de l’agriculture urbaine revient sur l’agenda public et dans le débat scientifique. On observe en effet dans la plupart des villes d’Europe et d’Amérique du Nord un nouvel engouement pour les jardins partagés, les mini-potagers sur les balcons, l’apiculture sur les toits, les fermes urbaines, etc. Ces retrouvailles d’un lien perdu avec la nature, s’expriment notamment par le développement des circuits-courts alimentaires alternatifs (vente de paniers, associations de producteurs-consommateurs, ventes à la ferme, etc.). Elles actualisent trois fonctions : nourricière par l’approvisionnement urbain en produits agricoles de proximité ; environnementale avec l’agriculture biologique (réserve de biodiversité, protection des eaux, low energy et low carbon, etc.) ; mais également, et de manière sans doute moins reconnue, sociale. Ainsi les jardins ouvriers allemands sont devenus des sortes de résidences secondaires simplifiées de fin de semaine.

Avec les plans d’urbanisme, le développement des jardins publics, puis des espaces verts, avait condamné les potagers, en rendant publics les espaces non bâtis au profit des loisirs et des jeux d’enfants. On n’a d’ailleurs guère de recul sur l’évolution des espaces non bâtis à l’intérieur des résidences, ni sur la sociabilité de voisinage que leurs usages peuvent susciter. Or c’est peut-être au moment où la culture méprisée des potagers et des jardins ouvriers disparaissait qu’on a retrouvé une valeur paysagère aux carrés bêchés et aux arbres fruitiers. En même temps, certaines villes ont racheté des fermes en périphérie pour lutter contre le ‘mitage’ mais aussi pour montrer la campagne aux petits citadins.

Mais va-ton vraiment vers la production de nourriture ? Dans les villes qui cherchent à revégétaliser les rues et les terrasses pour contrer les effets du changement climatique, quelle place fera-t-on demain aux légumes et aux fruits, à l’élevage de poissons ou aux poulaillers ? Au-delà du paysage, des loisirs et de l’éducation, l’agriculture en ville pourrait en effet aider à lutter contre la paupérisation des temps de crise, comme par le passé. Allant plus loin, certains défendent le maintien d’une agriculture au milieu des extensions urbaines, afin d’auto-produire localement ensemble l’eau, l’alimentation et l’énergie (le fameux nexus).

Ce numéro d’Espaces et Sociétés « Agriculture et Ville » est ouvert aux contributions portant sur les enjeux liés au nouveau lien entre les deux :

– l’évolution de cette relation à travers le temps, notamment dans la pratique de ventes directes d’agriculteurs, parfois venus d’assez loin, mais en pied d’immeuble ;
– le développement et le maintien de l’agriculture urbaine et péri-urbaine au travers notamment du déploiement des circuits courts de distribution ;
– les problématiques foncières et territoriales associées ;
– les mutations des exploitations (en particulier les petites), des filières agricoles et des stratégies professionnelles, en termes technique, économique et sociale ;
– les acteurs institutionnels, privés, associatifs impliqués, et les politiques publiques ;
– les formes spatiales qu’elle suscite, les implications sur les organisations existantes, et des dispositifs institutionnels éventuellement associés ;
– l’aménagement urbain, en particulier des espaces verts et non-bâtis, y compris les espaces privés (des pelouses et piscines à la place des potagers) ;
– la place essentielle de l’agriculture urbaine dans les pays en voie de développement.

Coordination du dossier : Leïla Kebir et Bernard Barraqué

Calendrier

10 novembre 2012 : date limite de remise des articles

15 janvier 2013 : informations aux auteurs

Adresse pour la correspondance, de préférence en version électronique par courriel : leila.kebir@unine.ch et bernard.barraque@engref.agroparistech.fr
Ou par voie postale en quatre exemplaires : Bernard Barraqué, AgroParisTech – ENGREF, 19 avenue du Maine 75732 Paris Cedex 15

Attention :

Dorénavant la revue ne demande plus de propositions d’articles mais directement les articles.

Les articles ne dépasseront pas 42 000 signes (espaces compris) en incluant : texte, notes, références bibliographiques, annexes, mais hors résumés.
Les normes de présentation et les conseils aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue : http://www.espacesetsocietes.msh-paris.fr/conseils.html

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