ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone

Article de Jean-François Desessard, Bulletins Electroniques, 19/04/2012

De l’histoire de l’Afrique, a fortiori de celle de l’agriculture de ce continent, qu’en sait aujourd’hui le citoyen français moyen ? Fort peu le plus souvent, en raison d’une éducation restée trop eurocentriste. Difficile dans ces conditions de s’imaginer que « ceux d’en bas », vivant au sud du Sahara, qui plus est des paysans, aient pu faire preuve d’une extraordinaire créativité durant durant des siècles, notamment en matière d’agriculture. Or le « voyage », d’une durée de 10.000 années auquel nous invite l’agronome français René Tourte, nous conduit à voir l’Afrique autrement, sans a priori, tel qu’elle est et a été. Dans cette monumentale Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone que la FAO vient de faire paraître sur son site Internet, soit six volumes et quelque 3.000 pages fruit d’une quinzaine d’année de travail de l’agronome René Tourte, celui-ci nous fait découvrir en effet une Afrique créative et innovante qui ne semble pas avoir attendu que des puissances étrangères l’invitent à entrer dans l’histoire pour s’y installer.

En cela, le travail colossal de cet agronome qui a passé près d’une trentaine d’années sur le terrain, en Afrique tropicale, à partager la vie des chercheurs, des acteurs du développement, de certains hauts responsables politiques mais aussi des paysans au milieu desquels il a vécu, bouscule pas mal d’idées reçues sur ce continent et invite ses populations à regarder avec fierté ce passé car « il est plein de brillants futurs » comme l’affirme René Tourte dans sa postface. « J’ai découvert que ces gens humbles dont on ne parle quasiment jamais détiennent un savoir immense en matière d’agriculture. Aussi me suis-je posé la question de savoir ce qu’il en était de ces connaissances avant l’arrivée des Européens, et plus particulièrement des Français, en Afrique tropicale », résume-t-il avant d’ajouter : « Je pense que l’agriculture est la richesse principale de l’Afrique, tout simplement parce qu’elle intéresse les Africains, non seulement les producteurs, mais également tous les acteurs de la chaîne en amont et en aval ».

Nota Bene : la FAO vient de proposer à l’auteur de produire une version CD-ROM des six volumes de l’ouvrage à l’attention des lecteurs éventuels ne disposant pas de l’accès Internet.

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