ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour avril, 2012

Les traditions maraichères dans la vallée du Tarn

Conférence donnée par Michel Loddo (association CORDAE/La Talvera),  dimanche 6 mai 2012 à Labruguière (Tarn), salle de la Méjane à 15h 

Los ortalièrs (les jardiniers) de la région de Lescure-d’Albigeois, d’Arthès et d’Albi, spécialisés dans la production de plants, notamment du fameux oignon de Lescure (la ceba de L’Escura) se déplaçaient autrefois loin de leur zone de production, jusque dans le Sud  du département du Tarn, dans le bas-Languedoc, et dans l’Aveyron. L’origine de cette activité remonte loin dans le temps. Au XVIIIème siècle par exemple, ils faisaient produire leurs graines par les chartreux de Saix ou par des agriculteurs du Lauragais. Aux mois de mai et de juin, on retrouvait ces plants dans toutes les foires du Haut-Languedoc, notamment à Anglès, à Lacaune, à Castres, ou à Mazamet. Les ortalièrs se déplaçaient ainsi sur les foires avec un âne, et plus tard avec des charrettes à deux roues attelées à un cheval ou à un mulet. Aujourd’hui, autour des jardins, se développent de nombreuses activités : jardins collectifs et partagés, jardins pédagogiques, jardins d’insertion, échanges de graines et de plants, redécouverte des espèces anciennes, etc. Le conférencier évoquera également le patrimoine bâti traditionnel lié aux activités de jardinage. 

Renseignements

Office de Tourisme 05 63 50 17 21 www.ville-labruguiere.com 

Association C.O.R.D.A.E./La Talvera BP 40 81170 Cordes-sur-Ciel 05 63 56 19 17
talvera@talvera.org

Parc naturel régional du Haut-Languedoc 1 place du Foirail 34220 Saint-Pons-de-Thomières 04 67 97 38 22

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Le Grand entretien avec Gilles Clément

Grand entretien, émission radiophonique de François Busnel sur France Inter, 25 avril 2012

Gilles Clément

Ingénieur horticole, paysagiste, écrivain, jardinier, enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage à Versailles (ENSP).

En dehors de son activité de créateur de parcs, jardins, espaces publics et privés, il poursuit des travaux théoriques et pratiques à partir de trois axes de recherche :

Le Jardin en Mouvement, concept issu d’une pratique sur son propre jardin dans la Creuse, appliqué à l’espace public en France et à l’étranger dés 1983. Première publication sur ce thème en 1991, 4 rééditions successives chez Sens et Tonka, Paris. 
Première application à l’espace public en 1986 pour le Parc André Citroën inauguré en 1999.

Le jardin Planétaire, projet politique d’écologie humaniste, concept porté à la connaissance du public par le biais d’un roman-essai, Thomas et le Voyageur chez Albin-Michel en 1996, puis par une exposition majeure dans la Grande Halle de la Villette en 1999/2000 ainsi que par un certain nombre d’études : 
Le Jardin Planétaire de Shanghaï, la Charte paysagère de Vassivière en Limousin et autres travaux en cours. 

Le Tiers-Paysage, concept élaboré à l’occasion d’une analyse paysagère En Limousin, défini comme « fragment indécidé du Jardin Planétaire », concerne l’ensemble des espaces délaissés ou non exploités considérés par lui comme les principaux territoires d’accueil à la diversité biologique.

Ecoutable en podcast sur le site de l’émission.

Poétique du végétal en milieu urbain

Appel à communication pour les Troisièmes rencontres internationales de l’art et du design, mardi 15 mai 2012, Reims (France)

L’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Reims organise ses troisièmes Rencontres Internationales de l’Art et du Design sur le thème du Végétal, en association avec le Centre de Recherche en Arts (CRA) de l’UFR des Arts de l’Université de Picardie Jules Verne, le laboratoire HTTP (Histoire, Techniques, Technologies et Patrimoine – EA 3716) du Cnam et le laboratoire HAR (Histoire des Arts et Représentations – EA 4414) de l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense et l’Axe de recherche interinstitutionnel « Art, architecture et nature » du LéaV de l’EnsaV (École Nationale Supérieure d’architecture de Versailles).

Ce colloque s’inscrit dans un projet de recherche développé à l’ESAD depuis 2011 sous le titre « Le végétal, un modèle pour le design ? », visant à élargir les champs du design dans sa relation au végétal. Il s’agit, au départ, de s’approprier les stratégies propres aux mondes végétaux et de chercher à les transférer et les interpréter depuis la position, la méthode et la production du designer. Avec nos partenaires universitaires, la recherche embrasse désormais un champ de questionnement plus large, dont le point central se situe au niveau de l’urbanité, autour de la notion de plasticité.

On assiste en effet à une imbrication croissante de la nature dans la ville qui aboutit à la disparition des dualités urbanité / ruralité et ouvre la voie d’une organicité croissante de l’environnement domestique ou urbain. Le végétal quant à lui se distingue par l’extraordinaire diversité et ingéniosité de ses modes de développement, qui sont aussi des modes d’adaptation. C’est donc dans l’interaction plantes-environnement que l’on peut – doit ? – imaginer de nouvelles formes, en prenant exemple sur les systèmes développés par les plantes pour s’adapter aux milieux dans lesquels elles évoluent. Comment ces modes d’adaptation, de résistance et d’hybridation du végétal entrent-ils en résonance avec les modes de vie urbains contemporains, à une échelle allant de l’objet au paysage ? Comment imaginer non seulement la ville, avec ses mutations géographiques et anthropologiques récentes, marquées notamment par une mobilité qui ne cesse de croître, mais aussi ses artefacts et ses usages, en interaction avec le végétal ? La plasticité des plantes peut-elle servir de modèle pour mieux penser, dessiner, vivre ou organiser la vie en milieu urbain ?

L’enjeu, in fine, est de dessiner une poétique du végétal génératrice d’expression, de postures et d’imaginaires inscrits dans des perspectives d’adaptation et d’interaction avec l’environnement urbain, à tous ses niveaux de déploiement.

L’appel à contribution s’adresse aussi bien à des designers et plasticiens qu’à des architectes, théoriciens et scientifiques.

Les propositions pourront porter sur l’un ou l’autre des axes évoqués ci-dessus, qu’on peut résumer par les mots-clés suivants : plasticité ; urbanité ; poétique du végétal ; interaction plantes-environnement.

Comité scientifique :

  • Manola Antonioli, professeur d’esthétique à l’ESAD Valenciennes et maître assistant associé à l’EnsaV (École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles)
  • Serge Bismuth, maître de conférence HDR en esthétique à l’Université de Picardie Jules Verne (UPJV)
  • André Guillerme, directeur du Centre d’Histoire des Techniques et de l’Environnement (CDHTE) au Cnam
  • Sara Lubtchansky, urbaniste
  • Alain Milon, professeur de philosophie et directeur des Presses Universitaires de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense
  • Patrick Nadeau, architecte DPLG et designer
  • Claire Peillod, directrice de l’ESAD de Reims
  • Patricia Ribault, docteur en arts et sciences de l’art, responsable de la recherche à l’ESAD de Reims.

Date limite d’envoi des propositions (300 mots maximum, accompagnées d’une courte biographie) : 15 mai 2012 à :patricia.ribault@esad-reims.fr  

[Info Calenda]

Impact thermique des revêtements en bois sur l’ambiance intérieure des bâtiments : application dans l’habitat traditionnel en France et à Madagascar

Thèse de Zaratiana Mandrara, INSA de Lyon (Mécanique Energétique Génie Civil et Acoustique),10/06/2011, Gérard Guarracino;Richard Cantin (Dir.), 276 p.

Les constructions traditionnelles en bois en France et à Madagascar témoignent de l’utilisation ancienne d’abondantes ressources forestières locales. Le bois peut être considéré comme un matériau naturel et renouvelable dans la mesure où les ressources forestières sont gérées durablement. L’utilisation du bois dans la construction contribue largement à la maîtrise du cycle du carbone atmosphérique et à la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Ce travail présente les principales caractéristiques physiques du matériau bois et des systèmes constructifs associés, montrant l’importance et l’influence du revêtement en bois sur l’environnement intérieur des habitations. La caractérisation des phénomènes hygrothermiques à l’échelle de la pièce d’habitation a été détaillée : présence d’eau dans le bois, comportement de l’équilibre hygroscopique, transfert thermique et transfert de masse, les paramètres physiques du bois et d’une ambiance intérieure. Enfin, ce travail apporte des connaissances sur l’évaluation des interactions entre le confort thermique, l’ambiance intérieure et le revêtement en bois, grâce à des campagnes de mesure in situ, à des mesures en laboratoire et à des modélisations de scénarios numériques.

Thèse intégralement accessible en version PDF (8,7 Mb) sur HAL-SHS.

Recherches sur le combustible des bains d’Égypte gréco-romaine (approche archéobotanique)

Article de Bérangère Bredon paru dans Balnéorient, 23 avril 2012

La rareté des ressources végétales disponibles durant l’Antiquité au Proche-Orient et en Égypte fait de l’étude des combustibles ayant servant à chauffer les bains un sujet passionnant…

Lire la suite de ces recherches archéologiques (effectuées à l’Institut Français d’Archéologie Orientale, dans le cadre du programme « Bains antiques et médiévaux ») directement sur le carnet de recherche.

Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone

Article de Jean-François Desessard, Bulletins Electroniques, 19/04/2012

De l’histoire de l’Afrique, a fortiori de celle de l’agriculture de ce continent, qu’en sait aujourd’hui le citoyen français moyen ? Fort peu le plus souvent, en raison d’une éducation restée trop eurocentriste. Difficile dans ces conditions de s’imaginer que « ceux d’en bas », vivant au sud du Sahara, qui plus est des paysans, aient pu faire preuve d’une extraordinaire créativité durant durant des siècles, notamment en matière d’agriculture. Or le « voyage », d’une durée de 10.000 années auquel nous invite l’agronome français René Tourte, nous conduit à voir l’Afrique autrement, sans a priori, tel qu’elle est et a été. Dans cette monumentale Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone que la FAO vient de faire paraître sur son site Internet, soit six volumes et quelque 3.000 pages fruit d’une quinzaine d’année de travail de l’agronome René Tourte, celui-ci nous fait découvrir en effet une Afrique créative et innovante qui ne semble pas avoir attendu que des puissances étrangères l’invitent à entrer dans l’histoire pour s’y installer.

En cela, le travail colossal de cet agronome qui a passé près d’une trentaine d’années sur le terrain, en Afrique tropicale, à partager la vie des chercheurs, des acteurs du développement, de certains hauts responsables politiques mais aussi des paysans au milieu desquels il a vécu, bouscule pas mal d’idées reçues sur ce continent et invite ses populations à regarder avec fierté ce passé car « il est plein de brillants futurs » comme l’affirme René Tourte dans sa postface. « J’ai découvert que ces gens humbles dont on ne parle quasiment jamais détiennent un savoir immense en matière d’agriculture. Aussi me suis-je posé la question de savoir ce qu’il en était de ces connaissances avant l’arrivée des Européens, et plus particulièrement des Français, en Afrique tropicale », résume-t-il avant d’ajouter : « Je pense que l’agriculture est la richesse principale de l’Afrique, tout simplement parce qu’elle intéresse les Africains, non seulement les producteurs, mais également tous les acteurs de la chaîne en amont et en aval ».

Nota Bene : la FAO vient de proposer à l’auteur de produire une version CD-ROM des six volumes de l’ouvrage à l’attention des lecteurs éventuels ne disposant pas de l’accès Internet.

L’histoire européenne du maïs revisitée à la lumière de la génétique : la contribution de la côte est de l’Amérique du Nord

Article de Monique Chastanet et Alain Charcosset in R. TREMBLAY (éd.), Les Iroquoiens du Saint-Laurent, peuple du maïs, Montréal, Musée d’Archéologie et d’Histoire/Les Editions de l’Homme, 2007, pp. 50-51 et 137.

Des analyses génétiques de variétés de maïs cultivés en Europe jusqu’au milieu du 20e siècle, avant l’introduction des hybrides, ont mis en évidence l’importance d’un maïs  » de 8 à 10 rangs  » dans le développement du matériel végétal européen. Ce maïs évoque les variétés cultivées sur la côte est de l’Amérique du Nord à l’époque des découvertes européennes. Comme le montrent les Herbiers de la Renaissance, il s’agit manifestement d’un apport ancien qui, en se combinant avec des variétés tropicales, a donné naissance à de nombreuses variétés locales européennes. Bien qu’il soit difficile de reconstituer précisément cette histoire, plusieurs voyageurs ont pu introduire ce type de maïs en Europe : Verrazano (1524), Jacques Cartier (1534-1536), etc. Quoi qu’il en soit, les analyses génétiques et la relecture de textes du 16e siècle vont dans le sens d’une introduction multiple du maïs en Europe.

Accessible en version PDF (3,2 Mb) sur HAL-SHS.