ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de février, 2012

Penser les êtres -plantes et animaux-  » à l’indienne « 

Article de Jan E.M. Houben paru dans « Penser, dire et représenter l’animal dans le monde indien« , N. Balbir et G.-J. Pinault (Ed.) (2009), pp. 311-329

Pourquoi l’Europe a-t-elle développé la botanique et la zoologie, lorsque l’Inde ne l’a pas fait? Dans un ouvrage brillant et passionnant sur les animaux dans l’écologie et la médecine indiennes, Francis Zimmermann étudie et analyse les  » styles de pensée  » dans la tradition indienne et dans la tradition occidentale (gréco-latine), afin de trouver une réponse à cette question. Plus concrètement, Zimmermann, étudie, d’une part, les  » échelles des êtres  » trouvées dans les textes indiens, en particulier dans l’Ayurveda, le système indien de la santé et de la longévité, et, d’autre part, les origines de la botanique et la zoologie occidentales pour lequel il utilise en particulier l’étude de H. Daudin sur les méthodes de classification en botanique et en zoologie, de Linné à Lamarck. Le présent article enquête sur deux positions adoptées et défendues par Zimmermann dans son livre. Tout d’abord, suivant les suggestions de Daudin, Zimmermann constate que deux idées aristotéliennes ont ouvert la voie qui a conduit la pensée européenne à partir de la théologie aux sciences naturelles: (a) l’idée d’une hiérarchie des êtres (sur la base d’une hiérarchie de leurs fonctions mentales), et (b) l’idée de continuité. Deuxièmement, sur la base d’une enquête sur les sources antiques indiennes, Zimmermann conclut que, dans l’Inde, la classification a toujours été éthique, juridique et religieux. Pourtant, des passages de textes des écoles philosophiques du Vaisesika et du Sankhya, analysées dans cet article (§ 3.1 à 4.1), montrent clairement que la dernière position est intenable. Dans les paragraphes suivants, il est en outre montré qu’il ne peut pas être maintenu que l’Antiquité occidentale, c’est à dire, Aristote, avaient des idées, des concepts et une rigueur de pensée qui étaient absents en Inde. Un examen des conditions du développement de la botanique et de la zoologie dans le XVIIe et XVIIIe siècle révèle en outre qu’il existe une différence importante entre l’Occident et l’Inde qui a été entièrement négligé par Zimmermann. Le travail et la pensée de Linné présupposent une communauté internationale de chercheurs qui ne peut pas exister sans un moyen de communication, à savoir l’imprimerie, qui était absent dans l’Inde brahmanique et hindoue dont Zimmermann étudiait les textes. Une analyse subséquente concerne la caractère non-absolu de la différence entre l’Inde et l’Occident: il s’agit plutôt d’une équilibre entre les différentes façons de fixation et de transmission des textes, chacune ayant de profondes implications pour l’organisation des connaissances dans le texte. Parmi les différentes façons il y a: différentes façons de fixation orale (par exemple, dans la poésie), textes manuscrits, et, depuis le XVe siècle en Europe, l’imprimerie. Le  » style de pensée  » au sujet des êtres vivants – les plantes et les animaux, y compris l’homme – apparaît donc comme fortement conditionné par les moyens de la transmission des connaissances, ce qui rend le dispositif explicatif d’un « esprit indien » ou une « mentalité indienne » tout à fait inapproprié, même si l’on peut reconnaître, de façon impressionniste, un « mode de pensée » dans les anciennes œuvres indiennes à notre disposition.

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L’histoire du lin par Claude Gaignebet

En hommage à Claude Gaignebet, parti voir ailleurs ce qu’il se passe…

Une de ses conférences donnée aux Rencontres d’Aubrac (2006) sur l’histoire du lin.

 

Etude chimique et caractérisation de principes colorants historiquement employés dans l’impression des indiennes en Provence

Thèse de Guillaume Cuoco, Université d’Avignon (Chimie), 27/11/2009, Catherine Vieillescazes (Dir.), 

Ces travaux portent principalement sur l’étude de trois plantes tinctoriales : la garance, le nerprun et la gaude. Ces végétaux ont fait l’objet de nombreuses cultures en Provence et constituaient la principale matière première en colorants rouges et jaunes pour les teinturiers et les artistes. Une optimisation des conditions d’extraction des colorants de la garance assistée par ultrasons a été effectuée en utilisant un modèle statistique. Ce procédé d’extraction simple, rapide et efficace, a été comparé à deux autres techniques utilisées conventionnellement. Une étude cytohistologique des racines de garance a permis d’examiner les effets apportés par les différents procédés d’extraction. Les cellules traduisent après extraction par ultrasons, de profondes déstructurations fournissant une explication au plus important rendement en colorant extraits en comparaison aux extractions classiques. Une étude fondamentale sur l’identification des colorants extraits à partir des fruits immatures d’espèces appartenant au genre Rhamnus a été effectuée. Une approche chromatographique utilisant la CLHP/UVVisible/ SM a permis d’identifier la partie flavonol. Elle présente principalement des composés glycosylés dont la partie rhamninoside est liée sur le flavonol en position 3 ou 4′. Des flavonols 3-O-acétyl-rhamninoside ont également été caractérisés et sont spécifiques de Rh. saxatilis. Les fruits matures renferment aussi des anthraquinones qui ont été séparées des flavonols et concentrées en utilisant l’Extraction sur Phase Solide (SPE). Après analyse par RMN, des dérivés rhamnoside et arabinoside acétylés de l’émodine, jamais décrits dans la littérature, ont été identifiés dont le 6-O-(3′,4′ diacétyl)-arabinopyranoside d’émodine et 6-O-(2′,3′,4′-triacétyl)- arabinopyranoside d’émodine présents seulement dans Rh. alaternus. Les colorants jaunes de la gaude (Reseda luteola) ont été analysés par électrophorèse capillaire. En comparaison avec la CLHP, un gain important de la durée d’analyse a été observé tout en conservant une séparation convenable. L’ensemble de ces résultats expérimentaux a pu être appliqué avec succès à l’étude de colorants extraits à partir d’objets et d’échantillons historiques provenant de collections muséales et comprenant notamment des indiennes du XIXème siècle. Enfin, des essais de teintures ont été réalisés, en collaboration avec la société Les Olivades dans le but de développer une gamme de tissus à base de colorants naturels.

Thèse intégralement accessible en version PDF (33,5 Mb) sur TEL.

Approche interdisciplinaire d’un bois méditerranéen entre la fin de l’Antiquité et la fin du Moyen Âge, Saugras et Aniane, Valène et Montpellier

Article de Charlotte Britton, Lucie Chabal, Gaspard Pagès, Laurent Schneider paru dans la revue Médiévales,  N°53 (2007), pp.65-80

Le développement économique que connaît la ville de Montpellier au XIIIe siècle a souvent été associé à celui de l’espace littoral. Pourtant l’influence de la nouvelle métropole s’étend aussi dans son proche arrière-pays. Au seuil du XIIIe siècle les consuls ont exploité les ressources forestières d’un espace de garrigue identifié sous le nom de  » Bois de Valène « . Une récente enquête collective permet désormais de mieux saisir l’histoire de cet espace dans le temps long. La garrigue montpelliéraine n’était pas seulement vouée au pastoralisme. Entre le Ve siècle de notre ère et le XVIe siècle, les secteurs du Bois de Valène et de Saugras ont été en effet exploités de manière multiforme. Métallurgie du fer, charbonnage, verreries rurales et officines de céramiques notamment montrent que ces zones dites de marge n’étaient pas des espaces immobiles. Découvertes archéologiques, textes et analyses de laboratoire offrent aujourd’hui des lectures croisées à même d’éclairer une partie de ces realia dont les traces demeurent le plus souvent bien fugaces.

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Ruralité et agriculture au prisme des mobilités spatiales. L’Altiplano Sud de la Bolivie à l’heure du boom de la quinoa

Thèse de Anaïs Vassas Toral, Université Paul Valéry – Montpellier III (Géographie), 05/12/2011, Geneviève Cortes (Dir.), 397 p.

En réponse à une nouvelle demande du marché alimentaire, l’Altiplano Sud de Bolivie est devenu la première région exportatrice au monde de quinoa, aliment traditionnel des populations andines, désormais consommé dans de nombreux pays du Nord. La thèse interroge les changements induits par le passage d’une agriculture d’autosubsistance à une agriculture familiale d’exportation, avec une attention particulière portée à la mobilité spatiale des populations et à la manière dont elle s’articule aux profondes mutations que vit cette région. La reconstitution par récit de vie des biographies de 170 individus originaires de cinq communautés rurales a permis de resituer le boom de la quinoa dans les trajectoires résidentielle, professionnelle et circulatoire des populations. À travers l’étude des liens qui se nouent entre mobilité, dynamique agricole et gestion des ressources, cette étude montre une grande réactivité des familles et des communautés face aux exigences des nouveaux systèmes de production, l’émergence de multiples formes d’arrangements sociaux, ainsi qu’une plasticité des territoires de vie que révèlent des pratiques plurielles de mobilité et de pluriactivité fondées sur une organisation socio-spatiale réticulaire articulant ville et campagne. Mais dans cette région au milieu fragile et aux conditions climatiques extrêmes, le regain d’intérêt pour l’activité agricole, ayant induit le retour de nombreux migrants et l’émergence de multiples acteurs, s’accompagne de fortes pressions sur les ressources foncières, de tensions sociales et d’un risque de fragilisation du milieu posant la question cruciale de la gestion durable du territoire.

Thèse intégralement accessible en version PDF (24,5 Mb) sur HAL-SHS.

GIE Plante Infuse

Claire Moucot, Aude de Poulpiquet et Sophie Leleu racontent l’aventure du GIE Plante infuse (situé en Lozère).

« Le désir d’être simples »

Les 1er et 2 Octobre 2011 s’est tenu sur l’île de Vassivière la 6ème fête des Simples, rencontre nationale des producteurs cueilleurs de plantes médicinales du syndicat Simples.

L’équipe du GIE Plante Infuse était de la partie, d’autant plus que le thème de cette année était « Des plantes et des femmes ». A cette occasion, 3 productrices du groupement Claire, Aude et Sophie ont tenu une conférence intitulée « Le désir d’être simples », retraçant la naissance de Plante Infuse et le parcours de ces 3 productrices.

Enregistrement de la conférence accessible en intégralité sur le site du syndicat des Simples.

 

Les haies urbaines et péri-urbaines

« Les haies urbaines et péri-urbaines – Fonctions, choix des espèces, mise en oeuvre et entretien » de Claude Guinaudeau. 2 février 2012, Editeur : CSTB, 2012. Collection : Guide pratique, 133 pages, 22 euros

Dans chaque espace du domaine public, les haies ont une utilité que ce soit d’un point de vue de l’utilitaire ou de celui de l’ornement. Les haies urbaines se diversifient pour prendre en compte les multiples fonctions qu’elles peuvent assurer: la protection climatique, la biodiversité, l’antipollution en sont les principales. L’esthétique est un critère de conception non négligeable avec le choix des espèces composant les haies fleuries et ornementales.

Tout savoir sur les haies. Ce guide pratique, décrit chacune des fonctions des haies puis présente les haies selon leur typologie. Ces descriptions précisent : la structure ; le positionnement dans l’aménagement paysager ; le dispositif de plantation ; la composition, le choix des espèces ; la gestion. Pour réussir des plantations durables dans la ville, il est indispensable de choisir les arbustes les mieux adaptés au sol et au climat. La plantation doit être faite dans les règles de l’art. Ce guide aborde également l’aspect budgétaire et réglementaire de l’utilisation des haies dans les aménagements paysagers.

[Source Cresson via Decitre]