ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Forêt et montagne : évolution et aménagement

Appel à communication, colloque organisé par le GHFF, Chambéry, le Manège, 12 au 14 septembre 2012

Comme l’homme privilégiait les plaines et les plateaux dont la culture était facile, il colonisa tardivement la montagne, bien qu’il l’ait fréquentée en qualité de chasseur ou de cueilleur. Aussi l’habitat permanent était-il limité. Les forêts de montagne, inviolées ou éloignées, eurent donc la réputation d’être inhospitalières et mystérieuses. C’était le domaine des dieux, des esprits et des génies. Dans certaines civilisations, c’était celui des âmes et dans d’autres, celui des ermites et des religieux.

Cette approche spirituelle n’excluait pas une conception matérielle : l’exploitation des richesses naturelles. Cela signifiait prélever leur flore pour la pharmacopée, leur faune pour la pelleterie, leurs arbres, enfin, grumes destinées à la construction civile et navale, bûches et charbons nécessaires aux foyers domestiques et sidérurgiques. Ces produits étaient évacués par schlittage ou par flottage quand ouvrir une route semblait trop onéreux ou trop dangereux.

C’est dire l’importance économique des forêts de montagne aux époques anciennes. Il en était toujours ainsi au XIXe siècle, surtout avec l’installation de nouvelles techniques de débardage. Mais les contemporains éprouvèrent -comme d’autres avant eux– les conséquences de l’évolution climatique, adoucissement des températures et abondance de la pluviosité, d’où la multiplication des catastrophes : effondrements, avalanches, inondations, chutes de pierres, érosion du sol, changements de lit, etc.

Confrontés à ces accidents, les Etats industrialisés et urbanisés engagèrent des politiques de boisement ou de reboisement en altitude. La sylviculture montagnarde en était à ses commencements. C’est à force d’essais et d’échecs qu’elle progressa et transforma le paysage des hautes terres : les pentes dénudées verdirent peu à peu. Ces nouvelles forêts de montagne formèrent la toile de fond d’un tourisme montagnard en plein développement.

L’aménagement avec des tranchées pour les câbles électriques et les pistes skiables, des sentiers pour la randonnée à pied ou à ski, des voies menant aux régions et aux stations bouleversa l’existence des autochtones. Mais ces investissements ne visèrent pas l’amélioration et l’évacuation des récoltes ligneuses : ces forêts souffrirent de l’insuffisance des éclaircies ou des dessertes dans la conjoncture défavorable de la crise de 1929, des années de guerre puis des priorités de la reconstruction.

En effet, il arrive que leur vieillissement compromette les acquis. Car le basculement des troncs qui roulent sur les pentes est à l’origine de maintes embâcles. Comment améliorer la gestion de ces forêts ? Comment envisager leur avenir économique ? Comment envisager leur intérêt environnemental ? Quelles solutions propose l’Union Européenne ? Quelles méthodes ses membres préfèrent-ils ? Quelles leçons sont à tirer des exemples japonais, canadiens ou états-uniens ?

Les propositions de communications seront envoyées sous la forme d’un résumé d’une page, incluant les coordonnées personnelles et professionnelles de l’auteur (téléphone, fax ou mail et adresse postale) avant le 30 novembre 2011, à xrochel@univ-nancy2.fr

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