ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour octobre, 2011

Traces du végétal

Appel à communication, colloque pluridisciplinaire, Université d’Angers, 13, 14, 15 juin 2012

Le programme HortiComBio participe au colloquepluridisciplinaire organisé dans le cadre du programme Confluences (Axe Cultures du végétal) de la Maison des sciences humaines de l’Université d’Angers avec la participation des laboratoires CERHIO (UMR CNRS 6258), CERIEC (EA 922), ESO (UMR CNRS 6590).

Donnée première de l’environnement de l’homme, le végétal est aussi un objet scientifique intéressant de multiples disciplines. Tout naturellement, c’est du côté des sciences de la vie qu’on aurait tendance à définir sa pertinence, mais plusieurs travaux entrepris depuis quelques années en sciences humaines, dans les arts, les langues et les littératures se sont également saisis de cet objet assez longtemps négligé dans ces domaines. Bénéficiant de l’intérêt pour les approches pluridisciplinaires, un tel objet semble devoir appeler un croisement plus systématique des méthodes de chacun. Pour autant, il demeure une composante circonscrite dans chacune de ces disciplines : aussi a-t-il paru légitime, pour ce colloque de Lettres et Sciences humaines, d’aborder le végétal en tant que trace.
La notion de trace ouvre à une certaine diversité : elle est une marque bien identifiable de quelque chose d’absent, mais peut alors se décliner soit comme une présence très réduite de quelque chose qui a largement, mais pas complètement, disparu, soit comme une représentation de cette absence. Elle correspond ainsi à une forme de présence réelle, mais aussi à une présence symbolique par la représentation ou par le souvenir d’un passé. Mémoire de quelque chose qui a existé, elle revêt une dimension culturelle qui se révèle aussi marquante pour l’avenir. Ainsi la trace peut-elle aussi être comprise comme un signe qui se livre à l’interprétation : à partir d’elle, plusieurs voies interprétatives se dessinent, celle des retrouvailles avec un passé que l’on voudrait reconstituer au plus près, mais aussi celle, moins uniforme, d’une disparition progressive et partielle de ce passé. L’important ne réside pas seulement ici dans ce qui a vraiment existé autrefois, mais aussi dans ce qui a disparu ou s’est modifié au fil d’une histoire du vivant, de la mémoire et de la culture. On n’omettra pas un dernier sens du mot interprétation qui pourrait se déployer à propos des traces du végétal, celle de l’interprétation en tant que création qui s’appuie sur un passé pour produire du nouveau. Enfin, en tant que représentation, la trace est porteuse d’une altérité dans la conception comme dans le regard : image d’autrefois, elle est aussi marquée par un déplacement qui est comme un ailleurs.
Dans le domaine de la littérature et des arts, les traces que laisse le végétal peuvent être de l’ordre du motif, plus ou moins lesté d’une charge culturelle, et aussi plus ou moins développé, parfois au détour d’une page ou d’un coin de toile, mais aussi au premier plan, comme dans le cas de telle figuration allégorique ou dès le titre d’un texte littéraire. D’œuvre en œuvre, les espèces reviennent, identiques pour certaines à travers les époques, mais aussi parfois étonnamment inscrites dans une période et ses préoccupations ou ses découvertes : la mise en perspective des productions littéraires et artistiques avec les traités des botanistes, des médecins, pharmaciens ou alchimistes ainsi que les réflexions des paysagistes d’une époque est particulièrement souhaitée. On s’arrêtera aussi volontiers à la singularité du travail de tel artiste, qui, tout en traçant ce lien entre passé et renouvellement, sait ouvrir une voie à l’utilisation du végétal. L’imaginaire linguistique est lui aussi abondamment habité par les traces du végétal tant au plan lexical que par les structurations qu’il aide à suggérer.
Les approches historiques s’interrogeront sur le statut épistémologique des traces du végétal en tant que preuves, témoignages, supports de l’interprétation historique ou vestiges conservés et valorisés dans une perspective patrimoniale. Elles s’intéresseront aux sources archivistiques, archéologiques, paléontologiques, botaniques, mais aussi aux herbiers ou collections de ressources génétiques.
En géographie, s’il existe des formations végétales reliques, traces d’un état biophysique ancien du milieu, aujourd’hui disparu, elles peuvent également être la marque de pratiques de gestion et de mise en valeur par les sociétés, en cours de mutation ou révolues. Élément de marquage de l’espace, elles peuvent alors faire l’objet de processus de patrimonialisation lorsqu’elles sont identifiées, perçues comme identitaires des régions concernées. C’est le cas des formations de bocage ou de certaines forêts par exemple. Ces formations végétales héritées à la fois de l’histoire naturelle et d’une profonde humanisation, peuvent être qualifiées de culturelles. Leur origine et leur genèse posent alors de nombreuses questions.
Les communications attendues, sans se borner au travail d’inventaire, pourront s’appuyer sur celui-ci afin de privilégier une approche interprétative des traces du végétal. Elles pourront soit s’inscrire majoritairement dans un domaine relativement circonscrit, soit mettre en relation différents domaines à travers la problématique du colloque.
Les propositions contenant un titre et de dix à vingt lignes de présentation sont à adresser avant le 15 janvier.
Contacts :

Le  » Bitter-cup  » médicinal du Suriname : étude ethnopharmacologique, histologique et chimique

Thèse de Guillaume Odonne, Université Victor Segalen – Bordeaux II (Sciences pharmaceutiques), 21/12/2006, Alain Badoc (Dir.), 66 p.

Les Saramaka du Suriname, descendants d’esclaves échappés des plantations au XVIIème siècle, ont une pharmacopée traditionnelle encore vive. Le Bitter-cup, ou  » gobelet amer « , en est un exemple puisqu’il garde encore sa place sur les étals des marchés de Paramaribo. Nous avons mené une enquête ethnopharmacologique afin de détailler ses usages : mis à macérer pendant une nuit avec du rhum ou de l’eau, le contenu est bu d’un trait au matin comme tonique amer, stomachique, fébrifuge ou encore antimalarique. Pour mettre fin aux controverses que suscite sa provenance botanique, nous avons procédé à une étude anatomique du bois et des gobelets provenant du marché, ainsi qu’à l’établissement de signatures chimiques par Chromatographie Liquide Haute Performance (CLHP). Ces deux méthodes complémentaires nous ont permis d’identifier Quassia amara L. comme source des gobelets. Des tests in vitro sur Plasmodium falciparum n’ont pas confirmé l’activité antipaludique, mais après un fractionnement bioguidé par CLHP semi-préparative, certaines fractions se montrent très performantes contre les parasites.

Thèse intégralement accessible en version PDF (2,2 Mb) sur TEL.

La naturalité en mouvement : environnement et usages récréatifs en nature

Séminaire organisé par le réseau des chercheurs et des experts en sports de nature et de montagne, 17 et 18 novembre 2011,  Cermosem, Mirabel (Ardèche, France)

Le réseau des chercheurs et des experts en sports de nature et de montagne(sportsnature.org) est heureux de vous inviter à participer à son séminaire annuel qui aura pour thème cette année : « La naturalité dans les pratiques récréatives de nature ».

Jeudi 17 novembre 2011

14 h 00 – 14 h 15 Introduction, par Jean Corneloup et Brice Julien

14 h 15 / 17 h 15 La nature corporelle des pratiques récréatives

  • Bernard Andrieu, L’écologie corporelle : immersion de la nature dans le corps ou du corps dans la nature ?
  • Anne-Sophie Sayeux, Homme et océan : appartenir à la nature ?
  • Olivier Sirost, L’idiot naturel. Regards écologiques sur le sport
  • Eric Boutroy, La nature n’existe pas. Comment jouer avec une boîte noire ?

Discutant : Lionel Laslaz

21 h 00 Assemblée générale du réseau des chercheurs et des experts en sports de nature et de montagne

Vendredi 18 novembre 2011

9 h 00 / 12 h 00 La naturalité en mouvement

  • Jean Olivier Majastre, Corps et nature
  • Jean-Paul Bozonnet, Nature et cultures en Europe
  • Pierre le Quéau, Des formes de naturalité
  • Francis Gaillard, Retour du plein air dans les sports de nature ?

Discutant : Ph. Bourdeau

14 h 00 / 16 h 00 Gestion, économie et environnement

  • Jacques Lolive, Les modes d’existence de l’environnement. Essai de typologie réflexive
  • Gilles Rotillon, La nature est un bien économique : l’exemple de l’alpinisme et de l’escalade
  • Claire Tollis, Naturalité, Citoyenneté et justice spatiale à propos de la gestion des arbres en ville

Discutant : Eric Boutroy

16 h 00  Synthèse et perspective par J. Corneloup

[Info Calenda]

Les pratiques rizicoles dans le delta du Fleuve Rouge. Rationalité paysanne et structuration sociale de la pensée dans le Viêt Nam d’hier et d’aujourd’hui

Notes de recherche de Laurent Dartigues, 2009

La pratique est au cœur de l’agronomie moderne où elle est constituée en tant qu’objet de recherche propre. La construction théorique relative à cette agronomie repose sur l’hypothèse fondamentale de l’intentionnalité des comportements des acteurs et s’inscrit dans une approche cognitiviste qui postule un acteur produisant intellectuellement l’espace dans lequel il existe. Ce cadre théorique et le concept de représentation sont à la base de la notion de modèle pour l’action. Les travaux de Bourdieu souligne quant à eux que les acteurs sociaux ont des stratégies qui n’ont que rarement pour principe une intention et que les formes de connaissance sont à rapporter aux systèmes sociaux qui les produisent et pas seulement à des systèmes de sens immanents à l’esprit. La complexité des pratiques rizicoles dans le delta du Fleuve Rouge au Nord Viêt Nam offre un terrain particulièrement riche pour mettre en tension ces différentes théories et invite à arpenter d’autres hypothèses.

Accessible intégralement en version PDF (428,1 Kb) sur HAL-SHS.

Jardins, paysages et génie naturel

Cycle de cours de Gilles Clément, Collège de France (Paris), jeudis à 14h30 du 08 décembre 2011 au 09 février 2012

Ma pratique professionnelle consiste en une activité globale où figurent la conception et la réalisation de paysages ou de jardins, l’écriture et la publication de textes liés à cette activité et la communication raisonnée de cette pratique. Ce dernier point donne lieu aux conférences, aux expositions mais aussi et surtout à une pédagogie du « projet de paysage » dans le cadre d’un enseignement dispensé, notamment, à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Au Collège de France, dans le déroulement des heures qui me sont attribuées, je compte proposer une synthèse de cet enseignement en me référant à l’expérience – c’est-à-dire au terrain – par un choix d’images en relation directe avec le thème abordé.Il s’agit donc de cours illustrés.Les trois premières séances sont consacrées aux trois principaux concepts résultant de mes recherches et des réalisations associées : le Jardin en Mouvement, le Jardin Planétaire, le Tiers-Paysage. Cette approche donne prééminence au vivant et présente le paysage dans sa dimension biologique. Les cours suivants replacent cette dimension dans une confrontation avec l’art, l’architecture, la science et la parole faisant ainsi apparaître l’imbrication de la nature à l’artifice dans l’émergence du paysage ou du jardin. Enfin cet ensemble se trouve à son tour questionné par le contexte économique et par le positionnement des sociétés humaines face à la nature. La combinaison, d’apparence contradictoire, entre la matérialité du marché et l’immatérialité des croyances donne lieu, où que l’on soit sur la planète, à une construction du paysage. La mise en avant du vivant correspond à un parti-pris commandé par les exigences de l’écologie. D’autres que moi donnent un avantage à l’architecture, au design, à l’ornement ou à l’objet : toutes choses figurant dans ma propre pratique sur un mode mineur. Dans un souci d’équilibre avec les énergies en place et surtout dans un souci d’anticipation sur les conditions de vie future, les jardins et les paysages sont ici imaginés , réalisés, entretenus et enseignés à la lumière de ce j’appelle « le génie naturel».

Programme des cours

– jeudi 8 décembre 2011 à 14h30

Le jardin en mouvement.
La conception in situ. Faire le plus possible avec le moins possible contre les énergies en place. Voir le cours en ligne ici.

– jeudi 15 décembre 2011 à 14h30

Le Jardin planétaire.

L’avènement écologique et le partage du bien commun.

– jeudi 5 janvier 2012 à 14h30

Le Tiers paysage.
Les espaces en déprise, accueil à une diversité chassée de partout ailleurs.

– jeudi 12 janvier 2012 à 14h30

Le partage de la signature.
La part de l’art.

jeudi 19 janvier 2012 à 14h30

La forme et l’information.
Composition formelle et composition biologique.

– jeudi 26 janvier 2012 à 14h30

Nature à lire.
La classification, mise en ordre logique ; la communication, choix culturel.

– jeudi 2 février 2012 à 14h30

Economie et paysage.
Du génie naturel à la ville recyclable : le paysage comme reflet d’un modèle économique.

– jeudi 9 février 2012 à 17h00

Cosmologie et paysage.
Incidence de l’imaginaire sur la mise en forme, la gestion et la poétique du jardin planétaire.

[Info Calenda]

Quatrièmes journées doctorales de paysage

Journées d’études, ENSP de Versailles, 24 et 25 novembre 2011

La quatrième édition des journées doctorales de paysage se tiendra à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles, les 24 et 25 novembre 2011. Ces journées se donnent pour objectif d’ouvrir un espace de réflexion et de débats sur l’actualité de la recherche en paysage, en rassemblant la communauté des doctorants et des chercheurs qui travaillent à partir de points de vue disciplinaires divers (paysagisme, géographie, histoire de l’art, architecture, philosophie…). Des tables-rondes thématiques permettront aux doctorants de présenter leurs travaux et de confronter leurs méthodes. De jeunes docteurs viendront témoigner de leur parcours ; des personnalités du monde académique et professionnel aborderont les nouveaux enjeux de la recherche en paysage, lors de conférences plénières suivies de débats.

Programme complet sur Topia.

Patrimonialisation de la biodiversité et gouvernance des ressources naturelles à la lumière du stress environnemental

Appel à communication pour un séminaire sur les modes de gestion des ressources naturelles dans des configurations environnementales vulnérables organisé par l’IFRA, Nairobi, 21-23 novembre 2011

Le séminaire « Patrimonialisation de la biodiversité et gouvernance des ressources naturelles à la lumière du stress environnemental et sociétal est organisé à l’IFRA de Nairobi en relation avec un ensemble de recherches croisant les thèmes du patrimoine de la biodiversité, la création des aires protégées et les questions de gouvernances des ressources naturelles. Organisé autour de « cas d’école », ce séminaire pose la question de la gouvernance des ressources naturelles dans des configurations qui témoignent d’une interdépendance croissante entre les changements climatiques, l’accessibilité aux ressources naturelles et l’évolution des normes internationales en matière de protection de la nature. Il porte plus spécifiquement sur la capacité de sociétés vulnérables à intervenir, voir à gérer des situations de stress qu’elles soient environnementales et/ou sociétales.

Informations sur Calenda et sur le site de l’IFRA.