ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour septembre, 2011

Protection et valorisation des ressources naturelles dans les États de Savoie du Moyen Âge au XIXe siècle

Colloque du PRIDAES (Programme de recherche sur les institutions et le droit des anciens États de Savoie), 6 et 7 octobre 2011, Cunéo (Italie)

La protection et la valorisation des ressources naturelles et environnementales n’est pas nouvelle, malgré le relief que prend cette question depuis quelques décennies. Au détour des archives, de multiples questions relatives à ces thématiques affleurent régulièrement, et un programme tel que le PRIDAES peut légitimement s’orienter vers l’étude de pratiques, de règles et d’institutions qui, aux yeux de beaucoup, n’ont pas d’histoire.

La thématique générale du colloque PRIDAES V est celle de la protection des ressources à commencer par les eaux et les forêts, ainsi que les activités qui y sont attachées : exploitations forestières, pêche, chasse, cueillette, préservation des espèces animales, végétales, espèces protégées et espèces nuisibles…. De la même manière, sont concernées aussi les ressources énergétiques et leur exploitation : bois, charbon, eau, vent, traction animale, métaux, mines… Mais cette thématique s’étend aussi plus largement à la protection des espaces et des paysages soumis notamment à des risques naturels ; cela concerne les aléas climatiques (gel, grêle, sècheresse, inondations, crues, endiguements …), la protection des sols (contre les glissements de terrain ou les avalanches), celle des berges et des littoraux. Enfin, l’exploitation des ressources conduit aussi à s’interroger sur les pratiques agricoles et pastorales, en abordant les multiples questions touchant à l’utilisation des sols, les défrichements, les jachères, les brûlis, l’arrosage, l’irrigation, la fertilisation, le pâturage ou surpâturage, mais aussi la régénération de la végétation (pépinières, jardins…).

Programme

Jeudi 6 octobre

– GIAN SAVINO PENE VIDARI (Università di Torino), Autodisciplina e normazione nella storia dell’ambiente
– PHILIPPE JANSEN (Nice – Sophia Antipolis CEPAM), Protéger les ressources d’un espace frontière : la mise en valeur de la vallée du Var par les comtes et ducs de Savoie aux XIVe et XV siècles
– BRUNO BERTHIER (Université de Savoie Chambéry-CCDPOC), Les atermoiements d’une politique forestière volontariste (XVIIIe-XIXe s) : l’action administrative et normative spécifique à la province « industrielle » de Tarentaise
– JEAN-FRANÇOIS BREGI (Nice – Sophia Antipolis CERHIIP), Air et climat à Nice et dans les pays alentours au XIXe siècleUne exploitation moderne du milieu environnemental
– KARINE DEHARBE (Nice – Sophia Antipolis ERMES), Valorisation et protection des forêts en 1860 : quand la forêt sarde devient française. L’exemple du Comté de Nice

Vendredi 7 octobre 
– LAURENT PERRILLAT (Université de Savoie – Chambéry – LLS), L’administration des eaux et forêts en Savoie aux XVIe-XVIIIe siècles.
– FEDERICO GORIA (Università del Piemonte Orientale), Disciplinare la caccia: un difficile equilibrio fra tutela del territorio, sopravvivenza e diritti signorili
– BÉNÉDICTE DECOURT HOLLENDER (Università di Torino), Les enseignements des bans champêtres niçois en matière de protection des ressources naturelles au XVIIIe siècle
– SARA CIPOLLA (Università di Torino), La tutela del territorio nei bandi campestri nel Settecento piemontese
– HENRI LOUIS BOTTIN (Nice – Sophia Antipolis ERMES), Protection de l’environnement et intervention administrative: le flottage des bois dans la Province de Nice au XIXe siècle
– LUISA PICCINNO (Università di Genova), La Repubblica di Genova e l’isola di Tabarca : la conservazione e la valorizzazione di un patrimonio plurisecolare
– YAMINA HAMIDA (Nice – Sophia Antipolis ERMES), L’exploitation et la protection des eaux du Paillon au XIXe siècle

– DELPHINE RAUCH (Nice – Sophia Antipolis ERMES), La protection et l’exploitation des ressources minières dans l’arrondissement de Nice à la fin du XIXe siècle
– CLAIRE CORTECUISSE (Grenoble II-CERDHAP), La valorisation de l’eau à Grenoble à la fin du XIXe siècle : entre régénération industrielle et prudence municipale.
– MARIE JOSÉ BENEDETTI (Nice – Sophia Antipolis ERMES), Police rurale et pratiques pastorales au XIX siècle. L’exemple de la Haute-Corse
– GWENAËLLE CALLEMIN (Nice – Sophia Antipolis ERMES), La réglementation des produits forestiers et la préservation du patrimoine naturel sur les terrains communaux des Alpes Maritimes de 1860 à 1914
– JEAN-CHRISTOPHE BARBIER (Nice – Sophia Antipolis ERMES), De chemins en campagnes, le « campier » et le garde champêtre (XVIIIe-XIXe siècles)
– AUDRIC CAPPELLA (Nice – Sophia Antipolis ERMES), La crise de l’oléiculture niçoise : « quand la tradition devient synonyme de déclin » (milieu XIXe – début XXe siècle)

Contact

Michele Rosboch (michele.rosboch@unito.it) +39.11.6703762

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De plantes dignes et d’invasions barbares : Les sociétés au miroir du végétal

Article de Juliet J. Fall et Laurent Matthey paru dans VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Débats et Perspectives, 2011, mis en ligne le 27 septembre 2011

Cet article traite de la dotation d’un statut éthique au règne végétal, moralement hiérarchisé et stratifié. Nous isolons trois champs problématiques connexes qui entrecroisent une conception dynamique et morale du végétal, en utilisant l’exemple des plantes dites invasives : la tension entre le contrôlé et le contrôlable ; le rapport des mots et des choses, soit les modalités de catégorisation du « réel » dans les pratiques scientifiques ; et finalement la dialectique de la production et de la consommation des pratiques sociales. Cela conduit à nous interroger sur la réception des discours experts et les normes de régulation, et appeler à une plus grande prise en compte de ces facteurs dans le champ de la gestion de la biodiversité et des espèces invasives.

Article en texte intégral sur le site de la revue et possibilité dé réagir sur le blog de la revue.

Le paysannat cotonnier africain dans la mondialisation : impacts sociaux, économiques et géographiques. Le cas de la région Est du Burkina Faso.

Thèse de Camille Renaudin, Université Paris-Sorbonne – Paris IV (Géographie), 18/03/2011, Sylvie Brunel ; Jean-Marie Miossec (Dir.), 385 p.

Cette recherche traite de la vulnérabilité des paysans cotonniers au Burkina Faso face aux évolutions du marché et aux changements institutionnels de la filière. En effet, la filière coton a subi depuis une dizaine d’années une crise généralisée, dont la chute des prix fut le caractère le plus visible. Cette crise sans précédent est symptomatique du démantèlement des filières d’exportation, mises en place progressivement depuis la période coloniale, dans le cadre des politiques d’ajustement structurel. La filière coton étant reconnue comme un succès historique de développement agricole, ses difficultés actuelles sont donc un bon révélateur de l’impact du retrait des États et de la coopération internationale dans le secteur de l’agriculture. Les résultats s’appuient sur le traitement d’enquêtes par questionnaire menées auprès de paysans dans l’Est du Burkina Faso et sur la réalisation d’entretiens semi-directifs auprès des acteurs de la filière. Ces analyses de terrains sont ensuite confrontées aux stratégies de sortie de crise proposées par les sociétés cotonnières, l’Union des Producteurs de Coton Burkinabè et l’État. Cette échelle d’analyse est intégrée dans une étude à différentes échelles, de la région, au marché global en passant par l’État. Cette approche multi-scalaire originale est la seule capable de mettre en relation efficacement les conclusions fondées sur un niveau unique d’analyse. Les conclusions montrent que le devenir de la filière coton et la stabilité des régions concernées dépendent de l’action des producteurs, des États et de la coopération internationale en faveur de l’agriculture familiale. Enfin, ce travail souligne l’intérêt de l’approche géographique qui intègre l’emboîtement des échelles en tant qu’élément majeur de la pérennité des filières agricoles dans les pays en voie de développement.

Thèse intégralement accessible en version PDF (25,3 Mb) sur TEL.

Le feu, la brousse et la savane. Modélisation spatiale de la dynamique des paysages soudaniens (Burkina Faso)

Thèse de Sébastien Caillault, Université de Caen (Géographie), 16/09/2011, Daniel Delahaye (Dir.), 377 p.

Dans les paysages soudaniens, embrasés lors de la saison sèche, les importantes mutations engendrées par l’intensification agricole recomposent les espaces et les modes de gestion associés. Dans ce contexte, le feu, symbole passé de la dégradation des forêts devient un outil d’ingénierie écologique aux services des savanes désormais menacées. Afin d’analyser ces bouleversements complexes des paysages-objets et des représentations associées aux enjeux modernes qui se tissent, une caractérisation spatiale fine du feu a été entreprise. Ce travail, central dans la recherche menée, permet alors d’appréhender l’évolution des modes de gestion et les trajectoires paysagères. Contrairement aux observations reléguant les pratiques du feu comme anecdotiques ou anarchiques en saison sèche, nous montrons que la dynamique complexe des feux de brousse est principalement structurée par la combinaison locale d’une pratique régulière et de facteurs pédoclimatiques. L’interaction locale entre le moment de la mise à feu et la combustibilité de la végétation est le critère déterminant des régimes de feux observés à l’échelle régionale. Les dernières pluies correspondent ainsi à l’éclosion des premiers feux sur les sols squelettiques, puis petit à petit, les feux parcourent des milieux aux sols plus profonds où la végétation reste humide plus longtemps. Le recours à l’analyse et à la simulation spatiale a permis de faciliter les échanges entre observations de terrain et cartes régionales, pour ainsi explorer les interactions locales entre mise à feu et dynamique saisonnière des espaces. Cependant si cette dynamique saisonnière est confirmée, elle dévoile au-delà-des variables biophysiques, la place nouvelle des territoires dédiés à la protection de la nature et l’hétérogénéité des regards portés sur la gestion des espaces ruraux.

Thèse intégralement accessible en version PDF (109, 7 MB) sur HAL-SHS.

Une gravure rupestre dans l’Adrar des Iforas (Mali) identique aux « roses camuniennes »du val Camonica (Italie)

Article de Christian Dupuy paru dans Les Cahiers de l’Association des Amis de l’Art Rupestre Saharien, n°14 (2010), pp. 117-126

La présence marginale de ce motif dénommé « rose camunienne » non seulement au Mali et en Italie, mais aussi au Portugal, en Angleterre et en Suède, témoigne d’interactions à très grandes distances à un moment ou à un autre entre les âges du Bronze et du Fer ancien de la Mer du Nord au sud du Sahara suivant des modalités impossibles à déterminer, faute de contexte archéologique assuré.

Article intégralement accessible en version PDF (1,3 Mb) sur HAL-SHS.

Nature et métropole

Appel à publication pour le dossier « Nature et métropole » du Volume 12, n° 2 de VertigO – La revue électronique en sciences de l’environnement

Coordination du numéro : Antonio da Cunha (Université de Lausanne, Suisse), Michèle Dagenais (Université de Montréal, Canada), Philippe Deboudt (Université de Lille 1, France), Carlos Vainer (Universidade Federal do Rio de Janeiro, Brésil) et Éric Duchemin (Université du Québec à Montréal / [VertigO]
[VertigO] – La revue électronique en sciences de l’environnement, prépare un nouveau dossier qui paraîtra en septembre 2012. Pour ce dossier, nous recherchons des analyses et des recherches sur le thème Natures et Métropole.

Dans le cadre de ce dossier, nous considérons la nature dans la diversité de sa matérialité et de son patrimoine naturel (habitats, flore, faune) auxquels sont attribués une valeur écologique ou biologique reconnue par les écologues. Mais aussi les espaces de nature façonnée, parcs et jardins, la nature plus ordinaire, la nature comme cadre de vie urbaine. La dimension hybride la nature associée à différentes ontologies et représentant le résultat historique d’une construction sociale (par exemple les forêts urbaines) est aussi incluse dans cet appel aux textes.

Ainsi, dans le cadre de ce dossier, le comité formé par les rédacteurs associés désire des textes qui abordent les thèmes suivants :
– Évolution de la place de la nature dans les métropoles. Comment ces Natures contribuent à la structuration des Métropoles ? Les articles doivent s’intéresser aux conséquences ambivalentes de la métropolisation avec d’une part, les pressions exercées sur les espaces de nature et d’autre part, la création ou la valorisation des espaces de nature dans les métropoles.
– Recompositions territoriales et les nouveaux modes de gouvernance en lien avec la mise en œuvre de politiques de préservation de la nature dans des aires métropolitaines. Quelle fonction est réservée aux espaces de nature dans les projets de développement des métropoles ? Quels sont les processus et les acteurs mobilisés pour la mise en œuvre de ces projets ? Quels sont les résultats de ces politiques ?
– Exemples de création d’espaces naturels protégés dans les métropoles, à différentes échelles, de l’échelle du quartier (jardin…) à celle de l’aire métropolitaine (parc national…). Quelles sont les conséquences de ces créations d’espaces de nature protégée sur la dynamique urbaine ?
– Évolution de la prise en compte de la nature dans les politiques urbaines, la planification et les projets urbains (zonages, trames, connectivité…). De quelle manière les espaces naturels peuvent-ils contribuer à structure la lisibilité de la ville et à la rendre plus viable et plus agréable ? Comment articuler le minéral et le végétal afin de rendre l’espace métropolitain à la fois plus intense et plus « habitable » ?
– Évolution des rapports entre la mise en valeur des espaces urbains et la mise en valeur des espaces naturels. Dans quelle mesure des interventions politiques et les dynamiques de marché (re)définissent la signification et la place de la nature dans la ville ?
– Modalités d’appropriation ou de refus des projets de protection d’espaces de nature dans les métropoles. Quels sont les principes de légitimité mobilisés pour la création des espaces de nature protégée ? Quelles sont les dimensions sociales associées aux politiques de prise en compte de la nature dans les métropoles ? Quelles sont les conséquences de ces politiques en matière d’inégalités écologiques ou environnementales ?

En ce qui concerne le choix des métropoles, toutes les parties du monde (Amérique du Nord, Amérique Latine, Union Européenne, Afrique, Asie…) sont concernées par l’appel à textes. La qualité de Métropole sera à justifier par les auteurs.
Pour soumettre un texte, prière de consulter les politiques de publication de la revue disponibles à l’adresse suivante : http://vertigo.revues.org
Lors de la soumission, les auteurs doivent fournir le nom et les coordonnées de trois réviseurs potentiels pour leur article. La revue se réserve le droit de choisir ou non les réviseurs proposés.

Échéancier

1er novembre 2011 : date limite pour l’envoi d’une proposition contenant un titre et un résumé d’un maximum de 500 mots ;
1er mars 2012 : date limite pour l’envoi d’un texte complet respectant les conditions éditoriales précisées sur le site de la revue à l’adresse suivante : http://vertigo.revues.org ;
Évaluation du texte par un comité de lecture – réponse définitive de la revue en juin 2012 avec grille d’évaluation des évaluateurs ;
Août 2012 : réception des textes révisés ;
Septembre 2012 : mise en ligne du numéro.
Sauf pour les dates du 1er novembre et du 1er mars, l’échéancier est fourni à titre indicatif.

Les propositions (résumés et textes complets) sont soumises par courrier électronique à l’adresse suivante : vertigoweb@sympatico.ca / eric.duchemin@editionsvertigo.org

Vous pouvez aussi nous faire parvenir en tout temps des propositions de textes pour les différentes sections de la revue. La revue accepte la soumission de textes scientifiques en tout temps.

Les directives aux auteurs sont disponibles à l’adresse suivante : http://vertigo.revues.org/​5401

Questions et méthodes de l’histoire des jardins en France

Article de Hervé Brunon paru dans A 25 anni dalle Carte di Firenze :  esperienze e prospettive. Actes du colloque international organisé par le Centro di Documentazione Storica del Comune di Cinisello Balsamo, 9-10 novembre 2006], sous la direction de Laura Sabrina PELISSETTI et Lionella SCAZZOSI,  Florence, Leo S. Olschki, coll. « Giardini e Paesaggio », 2 vol., 2009, vol. I, p. 11-21.

Les recherches sur l’histoire des jardins se sont développées depuis vingt-cinq ans dans différentes directions. L’entreprise de « catalogage » lancée par les pré-inventaires, bien qu’elle n’ait pas été menée jusqu’à son terme à l’échelle nationale, a permis la redécouverte d’un riche patrimoine et donné lieu à des instruments méthodologiques spécifiques, comme le vocabulaire typologique et technique publié par Marie-Hélène Benetière. Les apports de l’archéologie ont considérablement enrichi l’analyse de la  » culture matérielle  » des jardins et ont rendu possible une meilleure connaissance de l’insertion de ces  » systèmes vivants  » dans leur contexte hydrogéologique, mais aussi la mise en évidence de typologies importantes comme les  » jardins d’eau  » de la Renaissance (Françoise Boudon). Si la recherche sur la seconde moitié du XVIIe siècle a été stimulée par le quatrième centenaire de la mort d’André le Nôtre (2000), d’autres périodes demeurent peu étudiées (Moyen Âge, XIXe siècle, etc.). L’élargissement des problématiques encourage aujourd’hui une approche  » holistique « , visant à une véritable histoire culturelle des jardins.

Accessible intégralement en version PDF (3,9 Mb) sur HAL-SHS.