ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Guide de la flore de Mayotte

Ouvrage de C. Amann, G. Amann, R. Arhel, V. Guiot, G. Marquet, 370 p. , 29 euros

Après un guide exhaustif sur les oiseaux de Mayotte paru à la mi-2008, l’association « Les Naturalistes – Environnement et patrimoine de Mayotte » vient de sortir un nouveau guide de la flore de Mayotte de 370 pages, décrivant 293 espèces de plantes sous la forme de monographies ou de portfolios, sur les plus de 1.300 espèces que notre île abrite. Un ouvrage de qualité, le premier du genre, qui pourra être utilisé par tous les botanistes amateurs, mais aussi par les enseignants et leurs élèves.

« C’est la première fois qu’il y a une publication d’une telle importance sur la flore de Mayotte », s’est enorgueilli Michel Charpentier, le président des Naturalistes, lors d’une conférence de presse vendredi dernier au Smiam. Il n’y avait avant que 50 fiches pratiques éditées par la Daf il y a quelques années, ainsi qu’un premier guide sommaire des Naturalistes sur la faune et la flore, mais épuisé depuis 2006.

Le chantier de ce nouvel ouvrage a démarré il y a 3 ans pour les 5 auteurs, 4 enseignants de biologie aujourd’hui repartis du territoire, assistés par Valérie Guiot, créatrice du sentier ethnobotanique de l’écomusée de Jimawéni, aujourd’hui chargée de mission à l’antenne de Mayotte du Conservatoire botanique national de Mascarins (CBNM). Les plantes sont présentées par milieux (forêts humide et sèche, littoral, ripisylve, padzas) et par ensembles particuliers (plantes à épices et à parfums, cultivées et ornementales), avec des cartes de l’île pour connaître leur répartition géographique.

Ce guide s’adresse à tous les publics : « Les photos de bonne qualité sont suffisantes pour déterminer les plantes pour le néophyte, et les descriptions assez rapides mais suffisantes pour les passionnés », résume M. Charpentier. L’échantillon s’est voulu le plus représentatif de la flore de l’île : « Nous avons choisi les plantes les plus visibles des milieux étudiés », explique Mme Guiot. Celles qui font partie des 111 espèces protégées par arrêté préfectoral sont identifiées par un logo et un fond de page différent. L’usage médicinal ou artisanal des plantes est également abordé.

La préface a été écrite par feu Jean-Noël Labat, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, un spécialiste des plantes tropicales qui a aidé à l’identification de certaines espèces, quelques mois avant sa disparition. L’introduction du guide a été rédigée par Fabien Barthelat, ancien chargé de mission biodiversité terrestre à la Daf de 2000 à 2007, aujourd’hui assistant technique Initiative Caraïbes à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Guillaume Viscardi, du CBNM, y rapporte également les enjeux de la conservation de la flore et des habitats à Mayotte, tandis que Fabrice Bosca, le conservateur de la Réserve naturelle nationale (RNN) de l’îlot M’bouzi, présente ceux particuliers de la réserve.

Un nouvel outil pédagogique qui devrait bien vite avoir sa place dans toutes les bibliothèques de l’île et celles des collèges et des lycées en particulier. Un lexique au début de l’ouvrage permet d’apprendre des termes très techniques utilisés par les botanistes, tel que ce florilège de noms aux consonances étranges : akène, anthère, arille, bractée, carène, carpelle, corolle, corymbe, cupule, cymule, déhiscence, drupe, épillet, foliole, glomérule, houppier, lenticelle, liber, mucron, ombelle, panicule, pappus, pédicelle, périanthe, phyllode, pinnule, racème, rachis, rhytidome, samare, sore, spadice, sporange, stipe, tépale, tomentum, verticille… Pour les définitions, consultez le guide !

Edité à 2.500 exemplaires, cet ouvrage a été réalisé par la société Armen factory, et a pu voir le jour grâce aux soutiens financiers du Conservatoire du littoral, du Parc naturel marin de Mayotte, du CBNM, de la RNN de l’îlot M’bouzi, et de la Deal.

Julien Perrot

Publicités

%d blogueurs aiment cette page :