ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Charbons ardents et grains à moudre. Approche archéobotanique du site de Dharih (Jordanie)

Article de Charlène Bouchaud (25 juillet 2011) à lire dans les Carnets de l’Ifpo 

« L’archéobotanique, en tant que science archéologique, s’appuie sur l’étude de découvertes matérielles, les vestiges de plantes, afin d’améliorer notre connaissance du passé en développant un aspect précis, celui des relations entre l’homme et le monde végétal. Cette discipline, dont les balbutiements remontent au XIXe siècle, est le produit d’une rencontre entre deux géants scientifiques, les sciences humaines d’un côté, les sciences de la vie de l’autre. Ses perspectives de recherche, qui soulignent son statut hybride, s’orientent selon deux problématiques : la définition de l’économie végétale des sociétés passées (acquisition et utilisation des végétaux) et la reconstitution des paysages végétaux dans lesquels évoluent ces sociétés.

 
                                                   Grain carbonisé d’orge vêtue (Hordeum vulgare L.)  © Ch. Bouchaud

J’ai commencé la recherche archéologique motivée par une envie d’approcher le quotidien des populations passées ; assez vite, les plantes, pour une question d’affinité, me sont apparues comme un terrain d’étude approprié. Pour ma thèse, j’ai pu m’appuyer sur les apports d’archéologues qui ont travaillé depuis le milieu des années 1980 sur des sites des époques antiques et islamiques du sud du Proche-Orient, comme Dharih et Pétra en Jordanie ou Bosra en Syrie du Sud. Leurs collectes ont permis de rassembler un nombre important de graines et de bois découverts lors des fouilles. Ma participation aux dernières campagnes sur les sites de Dharih et de Bosra m’a donné l’occasion de vivre pleinement cette situation « hybride » de l’archéobotaniste, me conduisant à m’intéresser tant à l’objet végétal – vieux de 2000 ans, minuscule, carbonisé, déformé et pourtant chargé d’informations historiques – qu’au paysage végétal actuel, difficile à appréhender sans clés de compréhension de pure botanique. Une mission de prospection botanique effectuée en avril 2011 dans le but de découvrir la flore printanière m’a définitivement convaincue de la nécessité de développer une approche globale où la division entre sciences humaines et sciences de la vie n’a pas sa place… » (lire la suite sur le carnet)

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