ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Vaincre la malaria avec des extraits de plantes

Article de Julie Soufflard paru dans les Bulletins de l’Actualité Technologique Internationale, 21/07/2011

Certaines plantes utilisées en médecine traditionnelle africaine sembleraient avoir un effet sur le parasite de la malaria. Un projet pilote norvégien est en train d’inventorier et de tester ces plantes.

La malaria est due au parasite « Plasmodium falciparum » qui est transmis aux humains par diverses espèces de moustiques. La malaria peut causer des fièvres suffisamment fortes pour être fatales. Dans les régions tropicales et subtropicales, la malaria est une cause majeure de maladie et de mortalité ainsi qu’un facteur contribuant à la pauvreté. Chaque année, 300 millions de personnes contractent la malaria qui tue un million d’entre elles principalement des enfants de moins de 5 ans. Les femmes enceintes sont aussi hautement vulnérables.

Le parasite de la malaria a graduellement développé la résistance aux médicaments les plus communément utilisés. De plus, plusieurs espèces de moustiques qui portent et transmettent le parasite sont devenus résistantes aux insecticides, rendant difficile leur élimination dans les zones peuplées. Des chercheurs de l’Université des Sciences de la vie de As (UMB) ont étudié et testé des extraits de plantes qui ont été utilisées dans la médecine traditionnelle africaine pour combattre la malaria.

D’après Torunn Stangeland, chercheur à UMB, plusieurs plantes peuvent tuer le parasite de la malaria. D’autres plantes sont toxiques sur les moustiques transmettant la malaria et pourraient être utilisées comme insecticides. Ces plantes n’ont pas encore été scientifiquement testées pour leur efficacité. Un autre aspect important est de voir si il y a des effets toxiques pour l’être humain.

Les chercheurs norvégiens ont commencé par tester l’efficacité des extraits de plantes sélectionnées contre le parasite et les moustiques. Ensuite ils vont s’assurer que les plantes ne sont pas toxiques. Pour l’instant les essais semblent prometteurs. Les chercheurs vont également examiner la possibilité d’effets synergiques des différents composants de ces extraits de plantes. Il serait en effet plus difficile que le parasite de la malaria et les moustiques développent une résistance aux médicaments et insecticides si la plante entière est utilisée. « Si nous trouvons des plantes qui prouvent l’efficacité contre la malaria, nous espérons que les autorités africaines et les pays d’Afrique valideront ces médicaments et les produiront » explique Torung Strangeland.

Un médicament à base de plantes africaines pourrait être un complément indispensable à une médecine coûteuse et importée. Des médicaments produits en Afrique stimuleraient les industries locales et économies des pays concernés. Les chercheurs d’UMB produiront également une cartographie des plantes des zones africaines mentionnées dans la littérature scientifique comme potentiellement efficaces contre la malaria. Un bénéfice ajouté au projet pilote est de renforcer la coopération internationale avec les universités et scientifiques africains travaillant sur la malaria.

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