ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de juillet, 2011

Patrimonialiser la nature

Colloque organisé par le Laboratoire SET, 07, 08 et 09 septembre 2011, Pau (Université de Pau et des Pays de l’Adour)

L’objectif de ce colloque est d’explorer le processus de patrimonialisation de la nature dans sa composante géographique, son contexte d’émergence, ses enjeux et les valeurs qui le sous-tendent.

La patrimonialisation, mouvement sociétal de grande ampleur tout au long du XXe siècle, peut se définir comme des procédures d’appropriation développées par plusieurs intervenants ou groupes sociaux qui mettent en exergue des valeurs (mémoire, esthétique, singularité…) permettant à des objets d’acquérir la qualité de patrimoine. Ces biens communs à transmettre aux générations futures, prémices humanisés du développement durable, ont connu une expansion sans précédent pour reprendre une expression de Françoise Choay. Ainsi, le processus d’appropriation patrimoniale a porté sur des objets appartenant à des périodes historiques de plus en plus récentes jusqu’à estomper la limite entre élément du passé et élément du présent. L’appropriation s’est aussi intéressée à des éléments de plus en plus variés, passant d’un souci de transmission de multiples biens matériels à des biens immatériels tout aussi variés. De nombreuses épithètes sont donc venues s’adjoindre au mot patrimoine : patrimoine naturel, bâti, vernaculaire, paysager, culturel, etc.

Ces deux dimensions de l’appropriation patrimoniale ont eu des conséquences directes sur l’espace : on a assisté à une expansion spatiale des étendues patrimonialisées qui a bousculé les logiques de représentations et de gestion. Si cette dernière dimension a été particulièrement travaillée (conservation, protection, mise en valeur, ressource territoriale…), la compréhension des représentations et des valeurs qui sous-tendent le processus de patrimonialisation reste davantage à explorer, notamment en ce qui concerne les objets dits « naturels ». Les patrimoines naturels ont souvent été considérés comme des « cathédrales » de la nature, limités spatialement et à ce titre, envisagés et traités comme de quasi-monuments. Peut-on aujourd’hui se contenter de « coller » aux critères des objets mobiliers et des monuments bâtis pour construire les valeurs patrimoniales de la nature ?

En effet, le patrimoine naturel s’est lui aussi considérablement étendu et on le retrouve étroitement relié voire imbriqué aux notions d’écosystème, d’environnement de développement durable, etc. On l’associe même à des activités socio-économiques traditionnelles (pastoralisme par exemple). Le patrimoine naturel est ainsi sorti de la dimension « wilderness » rendant de plus en plus floue la limite entre nature et culture pour englober des objets de plus en plus divers, de la réserve intégrale à la nature en ville en passant par le parc naturel régional. Cette évolution repose-t-elle sur un changement de sens et l’émergence de nouvelles valeurs ?

D’autant que le processus ne se cantonne pas à la protection officielle. Il existe des voies différentes où l’on observe des phénomènes émergents et spontanés portés par des individus, des collectifs (mouvements associatifs par exemple) dont il serait intéressant d’analyser les discours, les images, les archétypes, voire les contradictions. De quels lieux et de quels objets se saisissent-ils ? Et à quelles échelles spatiales ? Comment ce mouvement de société s’articule-t-il avec les mondes scientifique, institutionnel, politique et économique : le patrimoine naturel, par effet de médiation, ne sert-il pas d’écran sémantique à des discours et des valeurs forts différents ?

Programme complet et renseignements sur le site du colloque.

Vaincre la malaria avec des extraits de plantes

Article de Julie Soufflard paru dans les Bulletins de l’Actualité Technologique Internationale, 21/07/2011

Certaines plantes utilisées en médecine traditionnelle africaine sembleraient avoir un effet sur le parasite de la malaria. Un projet pilote norvégien est en train d’inventorier et de tester ces plantes.

La malaria est due au parasite « Plasmodium falciparum » qui est transmis aux humains par diverses espèces de moustiques. La malaria peut causer des fièvres suffisamment fortes pour être fatales. Dans les régions tropicales et subtropicales, la malaria est une cause majeure de maladie et de mortalité ainsi qu’un facteur contribuant à la pauvreté. Chaque année, 300 millions de personnes contractent la malaria qui tue un million d’entre elles principalement des enfants de moins de 5 ans. Les femmes enceintes sont aussi hautement vulnérables.

Le parasite de la malaria a graduellement développé la résistance aux médicaments les plus communément utilisés. De plus, plusieurs espèces de moustiques qui portent et transmettent le parasite sont devenus résistantes aux insecticides, rendant difficile leur élimination dans les zones peuplées. Des chercheurs de l’Université des Sciences de la vie de As (UMB) ont étudié et testé des extraits de plantes qui ont été utilisées dans la médecine traditionnelle africaine pour combattre la malaria.

D’après Torunn Stangeland, chercheur à UMB, plusieurs plantes peuvent tuer le parasite de la malaria. D’autres plantes sont toxiques sur les moustiques transmettant la malaria et pourraient être utilisées comme insecticides. Ces plantes n’ont pas encore été scientifiquement testées pour leur efficacité. Un autre aspect important est de voir si il y a des effets toxiques pour l’être humain.

Les chercheurs norvégiens ont commencé par tester l’efficacité des extraits de plantes sélectionnées contre le parasite et les moustiques. Ensuite ils vont s’assurer que les plantes ne sont pas toxiques. Pour l’instant les essais semblent prometteurs. Les chercheurs vont également examiner la possibilité d’effets synergiques des différents composants de ces extraits de plantes. Il serait en effet plus difficile que le parasite de la malaria et les moustiques développent une résistance aux médicaments et insecticides si la plante entière est utilisée. « Si nous trouvons des plantes qui prouvent l’efficacité contre la malaria, nous espérons que les autorités africaines et les pays d’Afrique valideront ces médicaments et les produiront » explique Torung Strangeland.

Un médicament à base de plantes africaines pourrait être un complément indispensable à une médecine coûteuse et importée. Des médicaments produits en Afrique stimuleraient les industries locales et économies des pays concernés. Les chercheurs d’UMB produiront également une cartographie des plantes des zones africaines mentionnées dans la littérature scientifique comme potentiellement efficaces contre la malaria. Un bénéfice ajouté au projet pilote est de renforcer la coopération internationale avec les universités et scientifiques africains travaillant sur la malaria.

Les plantes et l’effroi (colloque)

Colloque, Musée de Salagon (04, France), 13-14-15 octobre 2011

Le Musée départemental ethnologique de Haute-Provence, Prieuré de Salagon, organise les 13, 14 et 15 octobre 2011, son dixième séminaire d’ethnobotanique du domaine européen.
Le thème de cette année est « Les plantes et l’effroi ».
Voir ici le programme.

Lisières, landes, marais et friches : les usages de l’inculte de l’Antiquité au XXIe siècle

Colloque coorganisé par l’Association d’Histoire des Sociétés Rurales et l’Université de Valenciennes en partenariat avec le Conseil Général du Nord, jeudi 22 septembre et vendredi 23 septembre 2011, Liessies (59740)

Ce colloque se propose de réfléchir à l’évolution de la notion d’incultum sur la longue durée, en intégrant plus particulièrement de nouvelles pratiques de recherche (approche systémique, interdisciplinaire) liées notamment au développement de l’archéologie et de nouveaux outils d’analyse. Par ces éclairages nouveaux, nous souhaiterions sortir des « marges » ces espaces longtemps perçus comme « périphériques » du monde rural, amener à ré-ouvrir certains débats, à reprendre certaines questions largement considérées comme closes comme celui des « grands défrichements » médiévaux ou de la mise en valeur des zones humides préservées des campagnes de drainage.

Jeudi 22 septembre matin

À partir de 9 h00 : Accueil au Bûcher aux Moines de l’abbaye de Liessies

9h30 Introduction

Session 1 : Paysages de l’inculte (construction, mise en valeur…)

10h30 BECK Patrice, professeur d’histoire médiévale, Irhis-UMR 8529-CNRS-Université de Lille 3, FAUCHER Frank (Service Régional de l’Archéologie) et MAIGROT Jean-Louis, géographe, Artehis-UMR5594-CNRS-Université de Bourgogne.

Défrichements et lisières forestières mobiles en pays de Saint-Seine (Bourgogne, XIIe-XXe siècles).

11h00 LETURCQ Samuel, maître de conférences d’histoire médiévale, Université François Rabelais Tours, UMR 6173 Citeres (équipe LAT-Laboratoire Archéologie et Territoires).

Incultes et « zones d’entre-deux » dans les terroirs beaucerons (XVe-XVIIIe siècles).

11h30 FABRE Éric maître de conférences d’écologie à l’IUT de Provence et chercheur en histoire au CRHQ, Université de Caen, et OLIVIER Sylvain, professeur agrégé d’histoire, chargé de cours à l’université de Perpignan et doctorant au CRHQ, Université de Caen.

Franchir la marge : entre outfield et infield. Le cas du genêt et de la lavande dans le Midi de la France (XVIIIe-XXe siècles).

Déjeuner à La Héronnière, Parc du Val Joly (à proximité de l’abbaye de Liessies).

Jeudi 22 septembre après-midi

14h00 ROCHEL Xavier, maître de conférences de géographie, Université de Nancy 2–CERPA.

Un exceptionnel patrimoine paysager en voie d’effacement : pâquis et beurheux des Hautes Vosges.

14h30 PALU Pascal, ingénieur-géographe ITEM-EA 3002Bât IRSAM- Université de Pau.

L’inculte nécessaire : l’exemple du Pays de Soule.

Pause 15h00-15h15

Session 2 : Milieux de vie et exploitation des ressources

15h15 CHADEFAUD Catherine, professeure agrégée d’histoire en CPGE Versailles.

Les ressources d’un espace sauvage dans l’Égypte pharaonique (3200 à 1085 av. J.-C.).

15h45 DUCEPPE-LAMARRE François, professeur agrégé d’histoire, chercheur associé Irhis-UMR 8529-CNRS-Université de Lille 3.

Aspects de la présence et de l’impact de la chasse sur l’inculte dans le Nord de la France (XIe-XVe siècles).

16h15 PICHOT Daniel, professeur émérite d’histoire médiévale, Université de Rennes 2.

Des marais et des hommes : la basse Vilaine en 1543.

16h45 HARFOUCHE Romana, chercheuse associée à l’UMR 5608 TRACES, CNRS, Toulouse et POUPET Pierre, archéologue, UMR 5140 ASM, CNRS, Montpellier.

La montagne méditerranéenne dénudée ou l’inculte imaginaire.

17h30 Assemblée Générale d’AHSR.

Vendredi 23 septembre matin

Session 3 : Structures sociales, politiques et organisation foncière

9h00 Canzian Dario,département d’histoire, Université de Padoue et Simonetti Rémy, département d’histoire, Université de Padoue.

L’inculte géré. Gestion locale et intervention des autorités publiques dans le Veneto au Moyen Âge (XIIe-XIVe siècles).

9h30 VOGUET Élise, Collège de France – Institut de Recherche et d’Histoire des Textes – section arabe.

L’appropriation des « terres mortes » (mawât) au Maghreb médiéval.

10h00 CHARRUADAS Paulo et SCHROEDER Nicolas, Université libre de Bruxelles.

L’inculte accaparé ? Lisières, landes, marais et friches dans les régions bruxelloise et ardennaise au XIIIe siècle : une comparaison.

Pause 10h30-10h45

10h45 ROUPSARD Marcel, professeur émérite de géographie, Université de Caen.

Plans de landes, « mielles », marais, grèves et terres communes en Cotentin au second tiers du XVIIIe siècle.

11h15 BEAUDOUIN Audrey, doctorante, Université Rennes 2 et Dragvoll Universitetssenter Trondheim.

Aux marges du townland : l’inculte dans les îles Shetland au XVIIIe siècle.

11h45 SOBRAL NETO Margarida, professeur, Université de Coimbra.

Conflits entre entités seigneuriales et municipalités à propos des communaux au Portugal à l’époque moderne.

Déjeuner à La Héronnière, Parc du Val Joly (à proximité de l’abbaye de Liessies).
Vendredi 23 septembre après-midi

Session 4 : Perceptions et représentations ?

14h00 ABOU EL MAATY Nagwa, ingénieur agronome, docteur en histoire économique.

La valorisation des terres incultes au sein des exploitations-écoles du XIXe siècle.

14h30 LALIGANT Sophie, maîtresse de conférences d’Anthropologie sociale, Université François Rabelais Tours.

« Les marais, c’était un peu comme les prés ! » : Liminalité des espaces et cohérence de la société (Damgan, Morbihan).

15h00 Clôture
À partir de 15h30 visite du site de l’abbaye de Liessies.

Pour toute demande d’inscription et/ou d’informations d’ordre pratique, vous êtes invités à vous adresser à

Madame Anne-Sophie Thérain, Parc départemental de l’abbaye de Liessies et du Val Joly : astherain@valjoly.com 03 27 61 83 76

Pour toute information d’ordre scientifique, vous pouvez contacter :

Bernard BODINIER, secrétaire de l’Association d’Histoire et Sociétés Rurales : bodinier.bernard@wanadoo.fr

Corinne Beck, Université de Valenciennes : cbeck16@wanadoo.fr

[Info Calenda]