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Soigner par la nature à la Réunion : l’usage des plantes médicinales comme recours thérapeutique dans la prise en charge du cancer

Article de Caroline Desprès paru dans Anthropologie et Santé, vol.2, 2011

Cet article analyse les logiques profanes qui président à la consommation de plantes médicinales à l’île de la Réunion, dans le cadre de la prise en charge du cancer. Le contexte réunionnais est caractérisé par la pluralité des recours (médecine traditionnelle, biomédecine, médecines alternatives). Celle-ci est en particulier observée dans la prise en charge du cancer. Pour cette maladie dans l’immense majorité des cas, les recours se conjuguent à une prise en charge médicale. Les plantes médicinales occupent une place prépondérante au sein de la constellation de recours. Ces consommations de plantes habituellement sous forme de tisanes s’appuient sur des savoirs hérités et un habitus. Une fois le cancer diagnostiqué, certains malades vont abandonner l’usage de plantes dans la mesure où les médecins les contre-indiquent. D’autres au contraire vont consommer ces plantes afin d’accompagner la maladie ou aider à la guérison. Le rapport aux plantes apparait alors en lien avec la manière dont les malades s’inscrivent dans la prise en charge de leur maladie. Elle révèle une rupture de dépendance à l’égard de la médecine occidentale qui reste cependant partielle. L’usage des plantes peut prendre la signification d’une affirmation d’une identité culturelle dans un contexte de bouleversement de l’être provoqué par la maladie. Dans l’univers profane réunionnais, cet usage affranchi des prescriptions des tradipraticiens (tout en restant en continuité avec leurs savoirs) renvoie à une démarche plus autonome dans la gestion individuelle des soins. Mais dans les deux cas, elle est un révélateur de stratégies de réappropriation de la maladie.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

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