ETHNOBOTANIQUE

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Des forêts dans la ville. Analyse du processus d’intégration par une approche territorialisée, exemples de trois agglomérations moyennes européennes : Grenoble, Limoges et Swindon

Thèse de Julien Dellier, Université de Limoges (), 12/12/2007, Bernard Valadas (Dir.),

L’histoire des sociétés européennes depuis la révolution industrielle est celle d’un développement urbain effréné. Ce bouleversement du territoire européen, autant spatial que sociétal, entraîne une remise en cause du rapport de sociétés, devenues majoritairement urbaines, à l’espace en général et plus particulièrement à leur environnement. L’interpénétration entre ville et campagne sur de larges portions du territoire, favorisée par l’essor des mobilités individuelles, entraîne une complexification du rapport entre les deux espaces, rendant les clivages séculaires obsolètes. L’utilité productrice de la forêt s’estompe au profit d’autres fonctions d’inspiration urbaine. Ces nouvelles attentes qui se font jour sur les étendues périurbaines sont inspirées par le placement de la nature comme valeur sociétale forte. Dans ce contexte, les espaces forestiers périurbains, symbole de  » nature « , longtemps considérés comme vides, sont de nouveau source d’intérêts. Le choix de travailler dans le contexte spatial européen est la conséquence de la conjugaison de caractéristiques globales proches, autorisant la conduite d’une étude comparative, et de spécificités régionales marquées, permettant de dégager des conclusions pertinentes à partir de la démarche employée. Cependant, devant l’impossibilité de mener une étude exhaustive nous avons plus particulièrement porté notre attention sur un binôme franco-anglais, révélateur de cette diversité régionale face à des dynamiques sociétales communes. Enfin, le centrage de la thèse sur les villes moyennes relève d’un double constat. D’une part, il existe peu de travaux sur la question pour ces objets géographiques, l’essentiel des publications traitant des grandes métropoles. Par ailleurs, les caractéristiques spatiales et démographiques de ces territoires entraînent des opportunités, mais aussi des obligations de répondre à des enjeux socio-environnementaux en pleine recrudescence. Dans un premier temps, nous avons cherché à comprendre les raisons de la redéfinition de la place des forêts dans l’espace périurbain. A travers une analyse de la relation ville/forêt de l’antiquité à l’émergence actuelle de nouvelles attentes, nous soulignons l’importance du courant hygiéniste qui se développe en réaction à l’essor d’une modernité, progressivement considérée comme nocive. La conséquence de ce tournant est l’apparition de nouvelles logiques d’appropriations et de nouvelles approches de l’objet forêt dans le périmètre d’influence de la ville. A la suite de cette contextualisation historique et scientifique du sujet, notre second objectif fut d’analyser dans des contextes géographiques précis comment le rapport spatial entre ville et forêt pouvait influer sur l’évolution surfacique des forêts et sur la redéfinition des fonctions attribuées à celles-ci. Pour ce faire, nous avons mené une démarche diachronique sur différents sites sélectionnés selon un gradient spatial d’intégration dans l’urbain. Celle-ci a été effectuée à l’aide d’un SIG basé sur l’emploi de séries successives de photographies aériennes. Cette analyse nous a permis de différencier les enjeux et les potentialités des différentes zones périurbaines, de l’urbain dense au périurbain lâche. Enfin, la dernière partie de la thèse s’appuie sur les résultats d’enquêtes et d’entretiens des différents acteurs concernés pour expliciter les jeux d’acteurs. Ceux-ci apparaissent à la fois déterminés par des constantes globales mais aussi paradoxalement fortement conditionnés par le contexte local. L’analyse des usages et des discours sur la forêt montre une grande variation de perceptions du milieu. Les logiques qui en résultent témoignent de clivages nets entre des acteurs guidés par des approches sectorielles : environnementales, sociales ou économiques. Ce constat nous permet de pointer les limites des politiques actuelles et la nécessité de mettre en oeuvre de nouvelles formes de gestions des espaces forestiers dans une démarche réellement globale, multifonctionnelle, et participative.

Thèse accessible en version PDF (50,2 Mb) sur TEL.

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