ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour mai, 2011

Soigner par la nature à la Réunion : l’usage des plantes médicinales comme recours thérapeutique dans la prise en charge du cancer

Article de Caroline Desprès paru dans Anthropologie et Santé, vol.2, 2011

Cet article analyse les logiques profanes qui président à la consommation de plantes médicinales à l’île de la Réunion, dans le cadre de la prise en charge du cancer. Le contexte réunionnais est caractérisé par la pluralité des recours (médecine traditionnelle, biomédecine, médecines alternatives). Celle-ci est en particulier observée dans la prise en charge du cancer. Pour cette maladie dans l’immense majorité des cas, les recours se conjuguent à une prise en charge médicale. Les plantes médicinales occupent une place prépondérante au sein de la constellation de recours. Ces consommations de plantes habituellement sous forme de tisanes s’appuient sur des savoirs hérités et un habitus. Une fois le cancer diagnostiqué, certains malades vont abandonner l’usage de plantes dans la mesure où les médecins les contre-indiquent. D’autres au contraire vont consommer ces plantes afin d’accompagner la maladie ou aider à la guérison. Le rapport aux plantes apparait alors en lien avec la manière dont les malades s’inscrivent dans la prise en charge de leur maladie. Elle révèle une rupture de dépendance à l’égard de la médecine occidentale qui reste cependant partielle. L’usage des plantes peut prendre la signification d’une affirmation d’une identité culturelle dans un contexte de bouleversement de l’être provoqué par la maladie. Dans l’univers profane réunionnais, cet usage affranchi des prescriptions des tradipraticiens (tout en restant en continuité avec leurs savoirs) renvoie à une démarche plus autonome dans la gestion individuelle des soins. Mais dans les deux cas, elle est un révélateur de stratégies de réappropriation de la maladie.

Article intégralement accessible sur le site de la revue.

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Un observatoire des interactions plantes/médicaments unique au monde

Article de Sarah Dias paru dans les Bulletins de l’Actualité Technologique Internationale, le 31/05/2011

La faculté de pharmacie de l’université de Coimbra vient de créer le premier centre mondial dédié à l’étude et à la collecte d’informations sur les interactions entre plantes et médicaments. L’objectif de cet observatoire est de substituer les informations scientifiques aux idées reçues, dans le but d’insuffler un changement de comportement à la population et d’éviter de possibles répercussions négatives sur la santé des individus. L’idée est de constituer un recueil d’informations à divulguer, aussi bien auprès des professionnels de santé que de la population en général.
La coordinatrice du projet, Maria da Graça Campos, précise que différents cas seront étudiés, parmi lesquels les interactions entre les plantes et la warfarine, un anticoagulant utilisé dans la prévention des thromboses, et présentant également un effet rodenticide. En effet, il semble que l’administration de ce médicament ne soit pas compatible avec la consommation d’ail, d’oignons ou de soja. Des substances comme les suppléments vitaminiques et les produits d’amaigrissement feront également l’objet d’une étude approfondie.
Cet observatoire regroupe 20 chercheurs de différents domaines qui vont de la pharmacie à la médecine en passant par la médecine légale et le droit. Il est prévu que les activités de recherche se concentrent d’abord sur le cas portugais, avec un élargissement progressif à d’autres pays.
Contact : Maria da Graça Campos – Faculté de Pharmacie de l’Université de Coimbra – email : mgcampos@ff.uc.pt

Étude d’inclusions végétales dans des tessons de poterie ou des matériaux de construction

Article de Claude Sestier, Rémi Martineau, Aurélien Percheron, Sylvie Spohr, Delphine Fréhel et Jean-Pierre Couvercelle paru dans « Étude d’inclusions végétales dans des tessons de poterie ou des matériaux de construction : Apport d’une nouvelle méthode d’étude », Glux-en-Glenne : France (2005), 17 p.

L’étude des inclusions de végétaux dans des matériaux argileux est envisagée grâce à une nouvelle application d’une technique d’imprégnation des matériaux avec un polymère fluorescent.On illustre ici la possibilité d’exploiter les vides et empreintes laissés par les végétaux à l’intérieur d’un tesson et non seulement à sa surface. Les images de ces micro- moulages de végétaux, observés soit sur une section soit en trois dimensions, montrent qu’une détermination botanique est possible. Cette application,en cours de perfectionnement, est destinée à l’étude de matériaux archéologiques variés (poterie dégraissée au végétal, matériaux de construction) et devrait être utile aux archéobotanistes, leur fournissant une nouvelle source de matériel à exploiter.

Accessible intégralement en version PDF (29 Mb) sur HAL-SHS.

Naturalité urbaine : l’impact du végétal sur la perception sonore dans les espaces publics

Article en ligne de Solène Marry et Muriel Delabarre paru dans la revue Vertigo, vol. 11, n°1, mai 2011

Du point de vue de la requalification de la ville contemporaine, le sensible peut être considéré comme un opérateur de formes nouvelles d’urbanité et questionne à ce titre les différents modes d’intervention sur la ville. Il s’agit donc de se focaliser sur une logique d’action sur la ville par le sensible. La connaissance fine d’un espace passe par celle de ses ambiances sonores, révélatrices de pratiques individuelles et collectives. Ces ambiances socialisantes (ou a-socialisantes) de l’espace public sont le propre de l’urbanité. Formes spatiales et formes sociales s’y rencontrent. C’est d’ailleurs là que réside l’intérêt de la recherche amorcée : les méthodes développées en faveur de la perception sonore de l’espace public questionnent des dimensions de l’environnement (son, lumière, visibilité, objets saisis au niveau sensoriel et physique), du milieu (interactions, échanges, sociaux) et du paysage (formes saisies au plan esthétique). L’article s’attache à démontrer l’importance de la place de la nature en ville et, plus particulièrement, celle du végétal, comme facteur déterminant dans l’évaluation spatiale mais aussi la perception sonore du lieu à travers trois places grenobloises. De ce fait, la transformation de la connaissance et de la perception sonore des sites expérimentaux choisis émerge conjointement avec l’apparition de nouvelles pratiques et de nouvelles représentations sociales.

Accessible intégralement sur la site de la revue.

Les plantes et le feu, les plantes et le vent au XVIe siècle

Article de Tony Goupil, 25 mai 2011, 6 p.

L’imaginaire des quatre éléments est très présent depuis l’antiquité. C’est de ce principe que part toute chose. La médecine par exemple avec la théorie des quatre humeurs que l’on connait bien. Le feu est ce qui est chaud et sec, lié au foie et à la bile jaune d’où découle la Cholere. Le feu en médecine est donc également lié à la jeunesse, à l’été, au signe du Bélier et au vent d’ouest appelé Ponant. Pour ce qui concerne le vent, c’est l’élément chaud et humide, lié au sang, au cœur, mais aussi à l’enfance, au signe du Gémeaux et au Sirocco.
La botanique n’échappe pas à cette règle et témoigne de la présence de ces quatre forces de la Nature. Au XVIe siècle, beaucoup de compilations recensaient des prodiges, miracles et aussi des plantes dites « esmerveillables », « admirables», « singulières », « insolites », « estranges » (parmi les adjectifs qui reviennent souvent). Dans le présent article, je vais me contenter de faire le rapport avec seulement deux éléments : le feu et le vent. Ce panorama que je vais vous présenter permettra de montrer la gestation de la science botanique à la Renaissance, qui oscille entre merveilleux et recherche des causes naturelles de tel ou tel phénomène. Les limites entre réalité scientifique et « croyances fabuleuses » sont parfois floues au XVIe siècle.

Article intégralement accessible en version PDF (1,2 Mo) dans la rubrique Publications de Tela-Botanica.

Des forêts dans la ville. Analyse du processus d’intégration par une approche territorialisée, exemples de trois agglomérations moyennes européennes : Grenoble, Limoges et Swindon

Thèse de Julien Dellier, Université de Limoges (), 12/12/2007, Bernard Valadas (Dir.),

L’histoire des sociétés européennes depuis la révolution industrielle est celle d’un développement urbain effréné. Ce bouleversement du territoire européen, autant spatial que sociétal, entraîne une remise en cause du rapport de sociétés, devenues majoritairement urbaines, à l’espace en général et plus particulièrement à leur environnement. L’interpénétration entre ville et campagne sur de larges portions du territoire, favorisée par l’essor des mobilités individuelles, entraîne une complexification du rapport entre les deux espaces, rendant les clivages séculaires obsolètes. L’utilité productrice de la forêt s’estompe au profit d’autres fonctions d’inspiration urbaine. Ces nouvelles attentes qui se font jour sur les étendues périurbaines sont inspirées par le placement de la nature comme valeur sociétale forte. Dans ce contexte, les espaces forestiers périurbains, symbole de  » nature « , longtemps considérés comme vides, sont de nouveau source d’intérêts. Le choix de travailler dans le contexte spatial européen est la conséquence de la conjugaison de caractéristiques globales proches, autorisant la conduite d’une étude comparative, et de spécificités régionales marquées, permettant de dégager des conclusions pertinentes à partir de la démarche employée. Cependant, devant l’impossibilité de mener une étude exhaustive nous avons plus particulièrement porté notre attention sur un binôme franco-anglais, révélateur de cette diversité régionale face à des dynamiques sociétales communes. Enfin, le centrage de la thèse sur les villes moyennes relève d’un double constat. D’une part, il existe peu de travaux sur la question pour ces objets géographiques, l’essentiel des publications traitant des grandes métropoles. Par ailleurs, les caractéristiques spatiales et démographiques de ces territoires entraînent des opportunités, mais aussi des obligations de répondre à des enjeux socio-environnementaux en pleine recrudescence. Dans un premier temps, nous avons cherché à comprendre les raisons de la redéfinition de la place des forêts dans l’espace périurbain. A travers une analyse de la relation ville/forêt de l’antiquité à l’émergence actuelle de nouvelles attentes, nous soulignons l’importance du courant hygiéniste qui se développe en réaction à l’essor d’une modernité, progressivement considérée comme nocive. La conséquence de ce tournant est l’apparition de nouvelles logiques d’appropriations et de nouvelles approches de l’objet forêt dans le périmètre d’influence de la ville. A la suite de cette contextualisation historique et scientifique du sujet, notre second objectif fut d’analyser dans des contextes géographiques précis comment le rapport spatial entre ville et forêt pouvait influer sur l’évolution surfacique des forêts et sur la redéfinition des fonctions attribuées à celles-ci. Pour ce faire, nous avons mené une démarche diachronique sur différents sites sélectionnés selon un gradient spatial d’intégration dans l’urbain. Celle-ci a été effectuée à l’aide d’un SIG basé sur l’emploi de séries successives de photographies aériennes. Cette analyse nous a permis de différencier les enjeux et les potentialités des différentes zones périurbaines, de l’urbain dense au périurbain lâche. Enfin, la dernière partie de la thèse s’appuie sur les résultats d’enquêtes et d’entretiens des différents acteurs concernés pour expliciter les jeux d’acteurs. Ceux-ci apparaissent à la fois déterminés par des constantes globales mais aussi paradoxalement fortement conditionnés par le contexte local. L’analyse des usages et des discours sur la forêt montre une grande variation de perceptions du milieu. Les logiques qui en résultent témoignent de clivages nets entre des acteurs guidés par des approches sectorielles : environnementales, sociales ou économiques. Ce constat nous permet de pointer les limites des politiques actuelles et la nécessité de mettre en oeuvre de nouvelles formes de gestions des espaces forestiers dans une démarche réellement globale, multifonctionnelle, et participative.

Thèse accessible en version PDF (50,2 Mb) sur TEL.

Quel commerce équitable pour quel développement durable ?

Article de Ronan Le Velly paru dans « Innovations, cahiers d’économie de l’innovation », n°30 (2009), pp. 99-113

A travers l’exposé de quatre controverses, portant respectivement sur le travail avec des plantations dépendant d’une main d’œuvre salariée, le respect de l’authenticité culturelle des produits d’artisanat vendus, le degré de marginalité des producteurs visés et la possibilité d’un commerce équitable avec des producteurs locaux, l’auteur montre que la mise en œuvre du développement durable visé par le commerce équitable implique d’en délimiter les bénéficiaires et d’en hiérarchiser les objectifs.

Accessible intégralement en version PDF (339,6 Kb) sur HAL-SHS.