ETHNOBOTANIQUE

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Soutenance de thèse de Magali Paris. Le végétal donneur d’ambiances : jardiner les abords de l’habitat en ville

Thèse pour obtenir le grade de docteur de l’université de Grenoble, spécialité Urbanisme mention Architecture.
Présentée et soutenue publiquement par Magali Paris le mercredi 11 mai 2011 à 14h à l’école Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble (Amphi haut).

Devant le jury composé de :
– Olivier BALAŸ, Architecte, Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon (directeur de thèse)
– Sandra FIORI, Urbaniste, Maître-assistante à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon (co-directrice de thèse)
– Chris YOUNES, Philosophe, Professeure à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette (Rapporteur)
– Frédéric POUSIN, Architecte, Directeur de recherche au CNRS, UMR Géographie-Cités 8504 (Rapporteur)
– Bernadette LIZET, Ethno-botaniste, Directrice de recherche au CNRS, Museum National d’Histoire Naturelle, Laboratoire Eco-anthropologie et Ethnobiologie UMR 7206
– Nicole MATHIEU, Géographe, Directrice de recherche émérite au CNRS, LADYSS UMR 7533
– Luc BOUSQUET, Architecte et urbaniste de l’Etat, Directeur de la recherche et des partenariats à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon

Résumé : Qu’est-ce qui pousse les citadins à jardiner, dans des contextes souvent peu favorables, les abords de leur logement ? Guidé par cette question, notre travail se focalise sur les pratiques habitantes du jardin privé de type balcon, loggia, terrasse et pied d’immeuble. Parmi les nombreux travaux consacrés à l’étude des modes d’habiter urbains, peu se sont jusque-là spécifiquement intéressés au rôle du « petit » jardin. Comment ce petit jardin – et en particulier son jardinage – permet-il à la fois de se ménager un chez-soi et de cohabiter avec ses voisins ? C’est cette problématique que nous avons explorée en inscrivant notre travail dans le champ des ambiances architecturales et urbaines, c’est-à-dire en faisant de l’environnement sensible une clé de lecture privilégiée des pratiques habitantes jardinières. Notre enquête a porté sur quinze ensembles de logements grenoblois et parisiens situés en milieu urbain dense. Sur une période de quatre ans, elle s’est déployée autour du recueil de la parole habitante, couplée à des observations ethnographiques. Adoptant une approche pluridisciplinaire qui croise les dimensions spatiales, horticoles, sociales et sensibles du jardin, l’analyse s’attache à élaborer une typologie de configurations de jardins à partir de quatre critères :  la morphologie (horticole et paysagère) des jardins, leur imaginaire, les perceptions sensibles et les tactiques habitantes dont ils sont le support. Cette typologie propose une rhétorique jardinière explicitant les formes de liens et de ruptures que les habitants créent entre eux et leurs voisins, entre leur logement et leur jardin, entre leur jardin et le voisinage et entre leur jardin et la ville. Elle intéresse directement la programmation et la conception des abords de l’habitat en questionnant les manières de composer le jardin et ses articulations au logement, d’agencer  les logements entre eux et de penser le rapport du logement à la ville par le biais du jardin. Deux expériences pédagogiques réalisées à la fin de la recherche rendent compte de ce potentiel. Plus largement, cette recherche ouvre vers l’hypothèse selon laquelle les enjeux de l’habiter urbain se situeraient à la lisière jardinée entre un chez-soi (qu’il soit privé ou public) et la ville.

Voir le flyer ici.
[Une info Cresson]
Thèse intégralement accessible en version PDF (34,1 Mb) sur HAL-SHS.
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