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Le patrimoine castanéicole de Midi-Pyrénées : entre tradition et culture

Débat des Cafés Géographiques introduit et animé par Gérard Briane (GEODE UMR 5602 CNRS, Géographie de l’environnement-Université Toulouse-Le Mirail, 31 058 Toulouse), mercredi 13 avril 2011
Le châtaignier, l’arbre à pain, est aujourd’hui souvent méconnu, on ignore que beaucoup de taillis où il abonde aujourd’hui, étaient autrefois des vergers bien entretenus. Au fil des siècles, il avait su prendre une place importante dans nos sociétés en représentant de multiples ressources.
Le châtaignier a joué en Midi-Pyrénées un rôle primordial dans les sociétés rurales, notamment dans les Ségalas aveyronnais, lotois et tarnais et dans le piémont pyrénéen (Hautes-Pyrénées, Ariège et Haute-Garonne). Le châtaignier constituait souvent dans ces territoires, avec le seigle, une des bases de l’alimentation humaine et animale. Le châtaignier a aussi largement été utilisé pour tous ses produits : dans le châtaignier « tout est bon » ! De nombreuses variétés de châtaignier ont perduré pour leurs qualités alimentaires, gustatives, et technologiques (bois). On utilisait également son bois pour le chauffage, pour les charpentes, pour les piquets, les jeunes pousses de l’année pour la production de paniers, la sève pour la production de tanin, les feuilles servaient de litière, les bogues de matière organique… Nous verrons l’importance du châtaignier dans notre civilisation au fil du temps et ses différents usages.


Malgré son déclin, le châtaignier est encore bien vivace dans nos paysages et notre culture ! Son fruit conserve, tout d’abord, une place particulière dans la mémoire collective. Les soupes, farces, sauces, confiseries… à base de châtaigne enchantent nos cuisines régionales. Il est aussi associé à la fête ou la solidarité, certainement en référence aux grillades veillées automnales autour de la cheminée.
Mais derrière ce patrimoine culturel et paysager se cache un patrimoine génétique qu’une poignée de passionnés tentent de sauver en Aveyron. Nous aborderons ainsi son avenir : problèmes de maladie, déclin de la production de châtaigne, objectifs de conservation des variétés locales… Mais aussi le nouvel intérêt qu’il suscite aujourd’hui avec de nouveaux usages qui font de la châtaigne un produit paradoxal, autrefois, nourriture des pauvres par excellence, elle devient aujourd’hui un produit de luxe, novateur et original pour nos sociétés urbaines.
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