ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour janvier, 2011

À propos du brûlage de goémon : la soude de varech

Article de Bernard Paillard paru sur le blog PlozArch, 28 janvier 2011

On se rappelle que les fours à goémon se sont éteints au milieu des années soixante (voir le billet À propos du brûlage de goémon : de la soude à l’iode). Donc, plus de fabrication de ces fameux « pains de soude », même si, essentiellement pour la côte nord de la Bretagne, l’activité goémonière a trouvé un second souffle (fabrication des alginates et des carraghénanes, culture du wakamé, etc.). Il s’agit là des derniers développements du rapport de la Bretagne aux algues. Une histoire qui s’enracine dans le temps. Selon Tristan Arbousse-Bastide, depuis longtemps les habitants des côtes bretonnes utilisaient les algues d’échouage ; cela de plusieurs façons. La plus connue est, bien sûr, son emploi pour amender les terres de culture. Si cet usage n’a pas entièrement disparu, d’autres ont été abandonnés. Ainsi comme pour la « lande », on ne se sert plus des algues pour confectionner les litières des animaux. Elles ne leur servent plus de fourrage, même si durant la guerre 14-18 l’armée avait remis en vigueur cette consommation de période « vache maigre ». On a aussi oublié qu’en cas de famine les humains, eux-mêmes, se rabattaient sur ce type de végétal. Et, combien se rappellent que le goémon servait de combustible sur des côtes pauvres en bois, surtout dans les îles ? Avait-on, alors, trouvé quelques propriétés à ces cendre dont on pouvait tirer profit ? En fait le développement du brûlage des algues est directement lié à une demande en un produit nécessaire à certaines industries : la soude. D’où ce nom de « pain de soude », bien qu’ils fussent essentiellement utilisés pour produire de l’iode. Mais, pourquoi l’industrie avait-elle besoin de soude ? L’histoire est ancienne ; elle commence en Égypte, peut-être même à Sumer, selon certains auteurs… (lire la suite de l’article).

Voir également son article sur la récolte du bein-youd (même si je ne partage pas l’opinion de l’auteur sur ce qu’est un ethnologue…).

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Chasse, pêche, cueillette : un même objet support d’attitudes et de pratiques sociales différenciées

Article de Bernard Picon paru dans « Sociétés contemporaines », n°8, décembre 1991. Production domestique. pp. 87-100.

Chacun des ménages interrogés dans l’enquête Modes de vie (il y en a 6807) était invité à décrire ses activités de chasse, pêche, cueillette. L’analyse des résultats montre qu’il existe globalement une hiérarchie : la cueillette est la plus répandue, suivie de la pêche puis de la chasse. Ces trois activités se présentent comme des pratiques essentiellement populaires. La chasse et la cueillette se caractérisent par un ancrage réel et symbolique fort à la culture paysanne. La pêche apparaît plutôt comme un loisir ouvrier déconnecté du monde rural.

Article intégralement accessible en lecture seule et en version PDF (1,4 Mo) sur Persée.

Scientifiques et acteurs environnementaux

Article de Christiane Barrier-Lynn paru dans « Sociétés contemporaines », n°6, Juin 1991. Ingénieurs d’Europe et du Proche-Orient. pp. 157-179.

Les systèmes d’action environnementaux dans les contexte britannique et allemand des années 1980, ont été caractérisées à la fois par le lobbying des environnementalistes visant à contraindre les industriels par voie réglementaire et par de grandes campagnes d’opinion aboutissant à des pressions électorales. Les environnementalistes forment un nouveau front d’opposition aux industriels, mais les uns et les autres ne s’affrontent pas face à face. L’affrontement se produit à travers les jeux de pression antagonistes des uns et des autres sur les pouvoirs publics. Mais campagnes d’opinion, jeux de pression, décisions politiques ne peuvent se donner un contenu qu’en référence au message des scientifiques. Dans les débats publics qui se sont instaurés, les scientifiques ont joué un rôle de guides d’opinion de premier rang. Le développement des politiques d’environnement conforte l’influence des scientifiques sur la sphère du politique.

Article intégralement accessible, en lecture seule et en version PDF (2,1 Mo) sur Persée.

Le soutien politique à la plantation de café et à l’immigration internationale dans l’état brésilien de São Paulo, 1850-1930

Article de Sylvain Souchaud paru dans Problèmes d’Amérique Latine, n°75 (2009), pp. 13-36

Au XIXème siècle, le Brésil développe progressivement une politique migratoire encourageant la venue de travailleurs principalement européens. L’arrivée d’immigrants internationaux en nombre croissant atteint le caractère d’une immigration de masse. Le phénomène se produit dans le contexte spécifique de l’abandon du système esclavagiste et du développement de la grande plantation de café. Il a pour cadre géographique la province de São Paulo. Nous étudions dans ce texte la part du politique dans l’avènement d’une immigration de masse, comment le projet politique migratoire puise ses racines dans la société des planteurs du São Paulo, comment il prévoit la sélection et l’accueil des migrants, ses retombées sur la composition des flux migratoires et l’organisation de l’espace de l’État de São Paulo. Autant d’éléments qui définissent l’immigrant et la place que la société brésilienne lui accorde.

Article intégralement accessible en version PDF (527 Kb) sur HAL-SHS.

Territoires écologiques

Colloque, 11 février 2011, Paris (France)

Les écosystèmes doivent faire face à de nombreuses perturbations d’origine naturelle et/ou anthropique. Comprendre leurs capacités de résilience est devenu un enjeu fondamental car les écosystèmes possèdent une double valeur écologique et sociétale. Que font, que peuvent faire, que veulent faire nos sociétés face à la capacité de réactions des écosystèmes aux perturbations, notamment celles provoquées par l’homme ? Devons-nous être solidaires, car tous responsables ? Dans ce cas, quelles formes de « responsabilités solidaires » doit-on mettre en œuvre ?
En vue de permettre à l’ensemble des acteurs des territoires, des futurs gestionnaires et des citoyens de se rencontrer, les étudiants d’ »Espace et milieux » de l’Université Paris Diderot-Paris 7, l’Université de Chicago et l’UNESCO, vous invitent à venir écouter et à partager une réflexion pluridisciplinaire sur ces questions contemporaines. Ce colloque est organisé par le Master « Espace et Milieux » de l’Université Paris Diderot – Paris 7, l’Université de Chicago et l’UNESCO.

Programme sur le site de la SFE.

Par les fruits et légumes, l’interprétation de différents patrimoines

Article de Pauline Grison paru dans la Lettre de l’OCIM, n°119, 2008, pp.31-35

À partir de l’analyse d’un programme muséographique organisé autour d’un patrimoine naturel, culturel, technique et industriel lié aux fruits et légumes (Epicurium) et qui a choisi l’activité d’interprétation comme forme de médiation, l’auteur montre comment cette démarche spécifique permet de concilier l’exigence de fiabilité attachée à l’institution muséale et le respect des intérêts économiques des acteurs de la filière porteurs du projet.

Le futur Epicurium comportera un espace muséographique, un potager, un verger, deux serres et une salle d’ateliers ©PEIFL

Article intégralement accessible en version PDF (530 K) ou en lecture sur le site de la revue.

Leuglay : un centre d’interprétation de la forêt et des métiers du bois

Article de Serge Chaumier paru dans la Lettre de l’OCIM, n°119, 2008, pp. 26-30

Croiser les approches – celles des chasseurs, forestiers, promeneurs ou naturalistes… – pour mieux faire «  dialoguer  » des pratiques parfois contradictoires voire antagonistes et souvent étrangères les unes aux autres : tel est le principal objectif de ce centre d’interprétation qui propose une pluralité de regards (patrimoine, environnement, loisirs, économie…) sur la forêt et l’exploitation du bois.

Article intégralement accessible en version PDF (681 K) ou en lecture sur le site de la revue.