ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de décembre, 2010

L’homme de Néandertal cuisait sa nourriture

Article du Monde, 27.12.2010

Éteint il y a environ 30 000 ans, l’homme de Neandertal ne se nourrissait pas exclusivement de viande mais aussi de végétaux et cuisait sa nourriture, à l’instar de son cousin l’homme moderne, selon une étude publiée lundi 27 décembre dans les Annales de l’Académie américaine des sciences.
Selon de précédentes recherches, les Néandertaliens étaient surtout des chasseurs carnivores, ce qui aurait précipité leur extinction. Les premiers hommes modernes avec lesquels ils ont coexisté pendant quelque 10 000 ans ont pu survivre, selon l’hypothèse avancée jusqu’à présent, en s’adaptant mieux à d’autres sources de nourriture que la viande, c’est-à-dire en consommant des aliments à base de végétaux, mais aussi des poissons et des fruits de mer selon l’endroit où ils se trouvaient.
La nouvelle étude publiée dans les Annales a été effectuée à partir d’analyses de particules de nourriture enfermées dans des plaques de tartre provenant de dents fossilisées de Néandertaliens découvertes sur des sites archéologiques en Irak et en Belgique. Des chercheurs y ont découvert des grains d’amidon provenant de nombreuses plantes, dont une herbe sauvage, des traces de différents légumes, de racines et de tubercules.
PAS D’AGRICULTURE
Un grand nombre de ces aliments ont subi des modifications physiques correspondant à la cuisson, notamment des grains d’amidon, ce qui laisse penser que l’homme de Neandertal maîtrisait le feu, comme les premiers hommes modernes. Ces dents contenaient également des traces de particules de datte et de l’amidon provenant de beaucoup d’autres végétaux sur lesquels les chercheurs continuent à travailler pour les identifier.
Aucun artefact de pierre n’indique toutefois que les Néandertaliens utilisaient des outils pour broyer les graines, ce qui conduit à penser qu’ils ne pratiquaient probablement pas l’agriculture.

Organiser les marchés agricoles : y-a-t-il un modèle de l’Office du blé ? De la crise des années 1930 à l’entrée dans le marché commun

Appel à communication pour un colloque organisé par le Comité d’histoire de l’ONIC et le Comité d’histoire des Offices agricoles (avec le soutien de France Agrimer) à L’Arborial, Montreuil-sous-Bois (France), 5-6 avril 2012

Les Comités d’histoire de l’office du blé et des offices organisent en avril 2012 à Montreuil-sous-Bois (France Agrimer) un colloque consacré au modèle que constituerait l’office du blé dans la régulation des marchés du blé et des céréales, depuis l’élaboration des premiers projets à la fin des années vingt jusqu’au début des années soixante, avec la mise en œuvre d’une politique agricole européenne. Trois principaux axes de recherches ont été retenus : le premier relatif à l’histoire de l’office et de ses acteurs, le second concerne plus largement la régulation des marchés agricoles à l’échelle nationale et européenne et le troisième les enjeux politiques et idéologiques qui accompagnent la création et le fonctionnement de ce type d’organisation.

Différentes approches disciplinaires autour de cet objet sont attendues : juristes dans leur différentes spécialités, historiens, politistes, économistes et sociologues.
Merci de faire parvenir vos réponses (deux pages maximum de présentation de votre contribution et votre rattachement institutionnel) avant le 15 mai 2011.
Les organisateurs sélectionneront les propositions avant le 15 juin 2011 et préviendront l’ensemble des personnes ayant répondu à l’appel à contribution.
Les textes seront demandés avant le colloque afin de pouvoir bénéficier du travail de discutants.
Il est entendu que les textes devront pouvoir être remis après de possibles modifications dans une version définitive assez rapidement car une publication, dont le support sera indiqué ultérieurement, est prévue après ce colloque.
Secrétariat du colloque : les réponses sont adressées à Edgar Leblanc (ersleblanc@orange.fr)

La Préhistoire des autres. Comment l’archéologie et l’anthropologie abordent le passé des sociétés non occidentales

Colloque international organisé par le Musée du Quai Branly et l’Inrap, 18 et 19 janvier 2011, au Théâtre Claude Lévi-Strauss, Musée du Quai Branly, Paris (France)

Comment l’anthropologie prend-elle en compte le passé des sociétés dites « tribales » qu’elle étudie ? Comment ces sociétés se représentent-elles leur passé et comment l’archéologie peut-elle leur apporter une profondeur historique ? Quel est l’apport de l’archéologie à la connaissance de ces sociétés souvent appréhendées de manière intemporelle ? Dans quelles perspectives historiques et archéologiques replacer ces sociétés ? Comment, en retour, l’anthropologie et l’archéologie des sociétés non européennes permettent-elles de donner des perspectives renouvelées à l’archéologie « occidentale » ?
Associant archéologues et anthropologues travaillant sur des cultures non occidentales, ce colloque présentera les avancées récentes dans le champ de la recherche, en mettant l’accent sur la Préhistoire et la Protohistoire non occidentale. Synthèses générales et études de cas permettront de faire le point sur la diversité des domaines et des zones géographiques abordées.

Programme
Mardi 18 janvier 2011
Archéologie et anthropologie sociale (matin)

Les sociétés dans leur environnement
Source de gibier et de matières premières pour les chasseurs-cueilleurs, l’environnement naturel assure une certaine stabilité des populations. Avec la domestication des plantes et des animaux, avec la sédentarisation et l’urbanisation, l’exploitation de l’environnement s’intensifie, mais aussi les risques et les perturbations.
Séance présidée par Danièle Lavallée, cnrs
– La coévolution homme-environnement sur la longue durée, Sander Van der Leuuw, Arizona State University, Tempe
– L’agriculture a-t-elle joué un rôle important dans l’organisation sociale de l’Amazonie ancienne ? Eduardo Góes Neves, Universidade de São Paulo
– Little Foot à Sterkfontein (Afrique du Sud) : géoarchéologie d’un « chasseur chassé », Laurent Bruxelles, Inrap, umr 5608
– Les premiers ensembles de céramique de Saint-Louis sur le bas Maroni en Guyane française, Martijn Van den Bel, Inrap
– Usages des coquillages dans les sociétés précolombiennes des Petites Antilles : éléments de systèmes techniques, sociaux et culturels, Nathalie Serrand, Inrap, umr 7209
– La figure atemporelle du « nomade des steppes » en Asie intérieure, Carole Ferret, cnrs, Laboratoire d’anthropologie sociale
– Discussion


Mercredi 19 janvier 2011
Les sociétés et leurs objets
L’idéel et le matériel

Inscription gratuite en ligne ici.

Les jardins religieux catholiques : un objet géographique riche de sens

Voir le compte-rendu du Café Géo tenu sur ce thème le mardi 14 décembre 2010 avec Etienne Grésillon (post doctorant à l’UMR Ladyss) sur leur site.

Denrées et cultures nouvelles : perceptions et lectures croisées autour des fruits de la Méditerranée historique

Séminaire, Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris, France), 7 janvier 2011

Dans le cadre de l’ANR FRUCTIMEDHIS « Denrées et cultures nouvelles : perceptions et lectures croisées autour des fruits de la Méditerranée historique », aura lieu un séminaire de réflexion sur l’introduction d’espèces fruitières nouvelles en France se tiendra au . Il s’agit de confronter les regards et les approches à partir de sources variées iconographiques, historiques, bioarchéologiques, archéogénétiques afin de mieux cerner les proccessus techniques, culturaux, économiques, sociaux d’introduction des fruits venus de l’ailleurs dans le monde occidental aux périodes historiques.

Programme

– Introduction, Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille), coordinatrice
– Un « fruit sec » aromatique de la cuisine romaine : le cas du Cyprès (Cupressus sempervirens) en Gaule d’après les données archéobotaniques, Marie-Pierre Ruas (AASPE, CNRS) et Laurent Bouby (CBAE, CNRS)
– Introduction des agrumes en Méditerranée occidentale: données textuelles, iconographiques, archéobotaniques. Nouvelles perspectives, Clémence Pagnoux (Paris 1, Master 2), Sylvie Coubray (AASPE, INRAP) et Véronique Zech-Matterne (AASPE, CNRS)
– Les fruits exotiques dans la religion chrétienne au Moyen Age (images et objets), Danielle Alexandre-Bidon (CRH, EHESS)
– Une pratique culturale méconnue au Moyen Âge : le complantage, Carole Puig (ACTER) et Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille)
– Histoire évolutive et biogéographique du palmier dattier (Phoenix dactylifera), Muriel Gros-Balthazard (CBAE, doctorante Université Montpellier 2), Sarah Ivorra (CBAE, CNRS), Claire Newton (CBAE, université de Nottingham), Jean-Christophe Pintaud (IRD, Montpellier), Jean-Frédéric Terral (CBAE, Université Montpellier 2)
– Le palmier-dattier d’après la littérature agronomique antique et médiévale, Aline Durand (LAMM, Université Aix-Marseille)
– Les vestiges archéobotaniques de dattes (Phoenix dactylifera) en France : contextes et statut du fruit, Laurent Bouby (CBAE, CNRS) et Marie-Pierre Ruas (AASPE, CNRS)
– Production et commerce des dattes dans la Méditerranée médiévale, Mohammed Ouerfelli (LAMM, Université Aix-Marseille)
Contact
Aline Durand (adurand@mmsh.univ-aix.fr)

Les Peuples des forêts tropicales aujourd’hui: volume II, Une approche thématique

Serge Bahuchet, « Les Peuples des forêts tropicales aujourd’hui: volume II, Une approche thématique », Bahuchet, Serge (Ed.) (2000),  654 p.

Le dispositif de terrain adopté par APFT répondait à notre souci de dépasser les particularismes locaux, en donnant une vision globale des habitants des forêts tropicales, confirmant certes l’extraordinaire diversité, mais montrant de grandes constantes. En effet, ces “cas” se complètent les uns les autres et illustrent des situations diverses, ce qui permet de dégager les traits communs aux populations forestières. L’approche comparative met en évidence des problèmes généraux récurrents dont la prise en compte nous semble nécessaire – et importante -, pour les décideurs comme pour les acteurs. Nous abordons ainsi les éléments caractéristiques de l’écologie et de la production des sociétés forestières (notamment la biodiversité, l’agriculture itinérante sur brûlis, l’alimentation, la santé, les systèmes de production, le temps et l’espace, les savoirs traditionnels), puis les communautés elles-mêmes (structure, démographie, mouvements de populations). Les thématiques abordées ensuite ont été choisies en fonction de leur récurrence dans des régions différentes, voire dans l’ensemble des zones de forêts tropicale, sur les trois continents où nous avons travaillé. Toutes ne se posent pas partout avec une égale acuité, mais, dans la plupart des cas, les situations observées, sur un continent ou dans une région particulière, se présenteront ailleurs dans un proche avenir. En effet, au delà de la diversité des situations particulières, les populations forestières sont confrontées à un ensemble de défis souvent assez comparables. Il n’est par conséquent guère surprenant qu’elles tentent d’y faire face avec des stratégies similaires. Les situations étudiées par APFT sont non seulement complexes et très diverses, mais elles s’inscrivent dans des processus dynamiques : toutes les populations sont peu ou prou touchées par la modernité, la mondialisation et leur cortège de bouleversements. Une série de chapitres concerne donc la dynamique du changement, que ce soit du point de vue des infrastructures (villes, exploitations forestières et minières, …) ou de la religion. Nous abordons aussi des domaines problématiques qui font actuellement l’objet d’intenses débats (la route, la viande de brousse), et d’autres qui sont susceptibles de fournir des outils pour les programmes de développement (la psychologie, les pratiques associatives). Face à ces changements, l’anthropologue ne saurait rester indifférent. Un ensemble de chapitres concerne donc la contribution qu’est susceptible d’apporter une discipline comme l’anthropologie, en matière d’aires protégées, d’écotourisme, de scolarisation, de droit et d’expertise, notamment, sans négliger la “quête de partenaires” de la part des populations indigènes elles-mêmes.

Accessible intégralement en version PDF (54,2 Mb) sur HAL-SHS.

L’état, les paysanneries et les cultures commerciales pérennes dans les plateaux du centre Vietnam

Thèse de Frédéric Fortunel, Université Toulouse le Mirail – Toulouse II (Géographie), 18/12/2003, Daniel Weissberg (Dir.), 519 p.

Cette thèse analyse les mécanismes de transformation et de construction d’appartenances territoriales. En partant de l’hypothèse que la plantation des cultures commerciales pérennes favorise l’ancrage des hommes, sont étudiés dans le cas des plateaux du Centre Viêt Nam les principes théoriques et pratiques allogènes incorporés à un territoire et à des populations autochtones. Le caféier, importé par les colons, ancré dans le territoire, conduit à la perte de repères symboliques et matériels des paysanneries autochtones mais aussi à l’appropriation politique et économique de ces espaces. Soucieux de contrôler des régions parfois rétives à la majorité nationale, L’État vietnamien dès son indépendance a favorisé l’arrivée et l’ancrage d’allochtones, désormais majoritaires. L’exploitation agricole et la conversion des représentations participent à la redéfinition de l’appartenance territoriale mais au prix de dégradations environnementales et d’une crise économique et sociale profonde.

Accessible intégralement en version PDF (50,2Mb) sur TEL.