ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour novembre, 2010

Symposium international autour des teintures et des colorants naturels

Symposium international, La Rochelle (France), 25 au 30 avril 2011

Plus de 500 participants, de plus de 70 pays, sont attendus au Symposium International « ISEND 2011 Europe.  Un programme particulièrement riche et dense sera proposé aux chercheurs, artisans, producteurs de plantes tinctoriales, designers, producteurs de colorants naturels, entreprises textiles ou encore de cosmétiques, qui seront présents. Au programme, des conférences, des présentations de posters et de films, des démonstrations de teintures et d’impressions textiles, mais également des visites techniques notamment chez des agriculteurs producteurs de plantes tinctoriales ou encore au sein de laboratoires d’extraction et d’application.


Les participants à ce grand rendez-vous mondial des teintures et des colorants naturels pourront également y découvrir un marché de colorants, de pigments naturels et de produits fabriqués avec ceux-ci. Par ailleurs, plusieurs expositions seront spécialement organisées à cette occasion au Muséum d’Histoire naturelle et à l’Aquarium.

Informations sur le site du symposium.

De fleurs, d’or, de lait, de miel : les images mariales dans les collections miraculaires romanes du XIIIe siècle

Thèse de Marie-Laure Savoye, Université Paris-Sorbonne – Paris IV (Littérature comparée), 24/06/2009, François Lecercle (Dir.), 1003 p.

Le miracle marial est l’histoire d’une rencontre entre l’homme et la sainte, le récit du miracle le partage avec la communauté des lecteurs de cette expérience. Dans l’expérience première comme dans sa mise en forme poétique, un rôle essentiel est joué par la vision, ou plus exactement par les trois visions définies par saint Augustin : visio corporalis, visio spiritalis, visio intellectualis. Les frontières sont labiles entre ces trois niveaux, mais on peut leur associer trois types d’images mariales : les images cultuelles, les mariophanies, les épithètes qui se substituent au nom de la sainte. Toutes sont nécessaires au portrait d’une héroïne dont la perfection ne peut être chantée que par l’abondance du verbe et sa variété. L’étude analyse la part respective et les relations de chacune des trois visions, et se focalise sur trois constellations métaphoriques : les fleurs (fleurs végétales ou fleurs poétiques), l’or (attribut régalien et divin), le lait (emblème de la figure maternelle). Elle montre enfin que par ces trois visions se tisse une relation de douceur et de joie destinée à rivaliser avec le joi du grand chant d’amour courtois.


Thèse intégralement accessible en version PDF (11,6 Mb) sur HAL-SHS et sur TEL.

Protection et valorisation des ressources naturelles dans les états de Savoie du Moyen Âge au XIXe siècle

Appel à communication, colloque Pridaes V (Programme de Recherche sur les Institutions et le Droit des Anciens Etats de Savoie), Cuneo, 6-7 octobre 2011

La protection et la valorisation des ressources naturelles et environnementales n’est pas nouvelle, malgré le relief que prend cette question depuis quelques décennies. Au détour des archives, de multiples questions relatives à ces thématiques affleurent régulièrement, et un programme tel que le PRIDAES peut légitimement s’orienter vers l’étude de pratiques, de règles et d’institutions qui, aux yeux de beaucoup, n’ont pas d’histoire.

La thématique générale du colloque PRIDAES V est celle de la protection des ressources à commencer par les eaux et les forêts, ainsi que les activités qui y sont attachées : exploitations forestières, pêche, chasse, cueillette, préservation des espèces animales, végétales, espèces protégées et espèces nuisibles…. De la même manière, sont concernées aussi les ressources énergétiques et leur exploitation : bois, charbon, eau, vent, traction animale, métaux, mines… Mais cette thématique s’étend aussi plus largement à la protection des espaces et des paysages soumis notamment à des risques naturels ; cela concerne les aléas climatiques (gel, grêle, sècheresse, inondations, crues, endiguements …), la protection des sols (contre les glissements de terrain ou les avalanches), celle des berges et des littoraux. Enfin, l’exploitation des ressources conduit aussi à s’interroger sur les pratiques agricoles et pastorales, en abordant les multiples questions touchant à l’utilisation des sols, les défrichements, les jachères, les brûlis, l’arrosage, l’irrigation, la fertilisation, le pâturage ou surpâturage, mais aussi la régénération de la végétation (pépinières, jardins…).

Afin de respecter l’orientation scientifique du PRIDAES, et sans exclure d’autres approches, sociales, politiques ou économiques, ces questions seront abordées prioritairement sous l’angle du droit, de la police et des institutions, en privilégiant leur réglementation, leur contrôle et leurs sanctions.
De même, pour des raisons de cohérence avec le programme PRIDAES, hormis les communications à caractère théorique et relatives à des questions d’ordre général, celles portant sur des exemples historiques seront centrées de préférence dans l’aire géographique des anciens Etats de Savoie.
Modalités de soumission
La durée des communications est fixée à 20 minutes et celles-ci donneront lieu à une publication dans les actes du colloque.
Il sera également demandé aux participants de fournir un résumé de leur communication dans les deux langues (italien et français).
Le nombre des places étant limité, les propositions de communication, faisant apparaître sources et problématique, devront parvenir
au plus tard le 30 avril 2011
en renvoyant à l’adresse pridaes@unice.fr le formulaire ci-dessous.
P. R. I. D. A. E. S.
Programme de Recherche sur les Institutions et le Droit des Anciens Etats de Savoie
Proposition de communication au colloque organisé à Cuneo les 6 et 7 Octobre 2011 sur le thème :
« Protection et valorisation des ressources naturelles dans les Etats de Savoie du Moyen-âge au XIXe siècle. Contribution à une histoire du développement durable »

Nom : ………………………………..
Prénom : ……………………………..
Qualité : ………………………………  Etablissement de rattachement : ……………………
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Adresse professionnelle : ……………………………………………………………………..
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Tel : ……………………..      e-mail : ………..……..…..@……………….
Adresse personnelle : ………………………………………………………………………….
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Tel : ……………………..      e-mail : ……………….…..@……………….
Titre de la communication : ……………………………………………………………………
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Joindre en annexe le détail des sources et une présentation de la problématique.

Peuples indigènes et environnement

Appel à contribution pour un colloque international organisé par l’Université Michel de Montaigne à Pessac, Bordeaux, 8, 9 et 10 décembre 2011

L’ambition de ce colloque est de construire une réflexion sur le rôle joué par les peuples indigènes dans la production de discours et pratiques liés à l’environnement.
En Amérique latine, principalement depuis les années 1990, la reconnaissance des peuples indigènes au plan juridique a été accompagnée d’un cadre législatif visant à protéger leurs territoires. Depuis, seize pays de la région ont modifié leurs constitutions pour reconnaître la diversité culturelle et l’existence d’un habitat historique des peuples indigènes. En 2007, tous ces pays, à l’exception de la Colombie, ont signé la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes ; elle proclame le droit à l’autodétermination, le respect de la propriété des territoires sur lesquels vivent les peuples indigènes, le droit des indigènes d’utiliser les ressources issues de ces territoires et l’obligation faite aux Etats d’assurer la préservation de ces territoires par des moyens juridiques.
En 2010, le gouvernement d’Evo Morales a organisé un Sommet Climatique des Peuples Indigènes, lequel a donné lieu à la formulation d’un « Projet de déclaration universelle des droits de la Terre Mère ». Paradoxalement, ce même gouvernement tire les principales ressources du pays de l’extraction des hydrocarbures, un type d’activité qui n’est pas connu pour être des plus écologiques.
Fin avril 2010 aux Etats-Unis, le gouvernement fédéral a autorisé la construction du plus grand champ d’éoliennes off-shore dans le Nantucket Sound. Les partisans et les adversaires du projet se sont opposés pendant neuf ans. Des Indiens se trouvaient des deux côtés. Des Wampanoags du Massachusetts protestaient contre le fait que les éoliennes, situées entre eux et le soleil levant, perturberaient une cérémonie rituelle. De plus, la construction des éoliennes détruirait des vestiges submergés. En revanche, les Pocasset Wampanoag soutiennent le projet puisque Cape Wind produirait de l’énergie “in harmony with nature” (The Boston Globe, 5 mars 2010).
En Australie, le gouvernement a récemment créé un programme appelé « Working on Country » dont le but est de donner voix au chapitre aux détenteurs de « savoirs aborigènes » utiles à la protection de l’environnement et à la gestion des ressources naturelles. Dans le même temps, ce programme est destiné à améliorer les conditions de vie des aborigènes en favorisant le développement économique de ces communautés, dans le respect de leur environnement.
Les facteurs d’ordre politique et économique qui interviennent dans la définition des politiques publiques sont très importants – les conflits entre communautés et autorités locales, fédérales ou nationales sont extrêmement fréquents. Et l’un des problèmes récurrents auquel se confrontent scientifiques, chercheurs en sciences sociales et peuples indigènes des zones protégées est celui de la définition de ce qui est « naturel ». Comme corollaire, se pose la question de la vérité scientifique définie par les biologistes, botanistes, zoologues et ce que mettent en relief les sciences qui s’intéressent aux êtres humains occupant ces zones. Il  y a aussi les pratiques, les connaissances et la vision de l’avenir qu’ont les habitants de ces zones eux-mêmes.
Récemment, aux Etats-Unis, l’image de l’Indien comme protecteur des ressources naturelles a été l’objet de débats houleux. Certains scientifiques ont avancé la thèse que les peuples indigènes du continent américain étaient responsables de l’extinction de la méga-faune du Pléistocène. Des ouvrages tels que celui de Shepard Krech, The Ecological Indian, ont remis en question les représentations traditionnelles de l’Indien respectueux de l’environnement. Depuis la publication de ce livre, d’autres scientifiques, indigènes ou non, ont remis en question les conclusions de Krech.
Au cours de ce débat, il a été démontré que les peuples indigènes sont capables de saines pratiques écologiques autant que de pratiques destructrices. Cette dichotomie rend nécessaire une réflexion pour dépasser ces clichés.
Un autre objectif sera de comprendre la contradiction face à laquelle se trouvent les peuples indigènes pris entre des valeurs et des pratiques économiques mondialisées, et les attentes créées par les images populaires et le discours écologique occidental.

On prêtera particulièrement attention aux thématiques suivantes :
– La validité, la construction et l’influence de l’image de « l’indigène écologiste » dans les sociétés postcoloniales, ainsi que la remise en question de cette image par des intellectuels indigènes ou non
– L’utilisation des « savoirs indigènes » dans l’environnementalisme
– Le discours environnementaliste indigène aujourd’hui
– La place, plus ou moins grande, de l’écologie dans les sociétés indigènes aujourd’hui, lorsque celles-ci sont en proie à des difficultés socio-économiques dues à leurs situations postcoloniales
– L’ingérence écologique
– La question de la brevétisation par l’industrie multinationale de plantes et molécules situées en territoires indigènes.

Les approches interdisciplinaires sont encouragées. Une approche culturelle, littéraire, sociologique, historique, économique ou légale de ces thèmes peut être envisagée.Le temps imparti aux présentations est de 20 minutes. Les langues du colloque sont le français, l’anglais et l’espagnol. Les versions écrites des présentations orales devront être envoyées avant le 31 décembre 2011. Une sélection d’articles sera publiée. Les propositions doivent être envoyées avant le 31 décembre 2010 aux destinataires suivants :
Lionel Larré : Lionel.Larré@u-bordeaux3.fr
Laurence Machet : lmachet@u-bordeaux3.fr
Antoine Ventura : aventura@u-bordeaux3.fr
Vera Alvizuri : Verushka.Alvizuri@u-bordeaux3.fr

Agriculture et alimentation végétale en milieu montagnard durant le Néolithique : nouvelles données carpologiques dans les Alpes françaises du Nord

Thèse de Lucie Martin, Université Panthéon-Sorbonne – Paris I Universität Basel (Archéobotanique), 30/09/2010, Stéphanie Thiébault; Stefanie Jacomet (Dir.), 284 p.

Depuis quelques années, plusieurs fouilles archéologiques dans les Alpes françaises du Nord ont révélé la présence de macrorestes végétaux, dont de nombreuses graines carbonisées de plantes sauvages et cultivées. L’analyse carpologique porte sur trois sites néolithiques en cours de fouille et une fouille menée auparavant. Il s’agit de l’abri sous roche de la Grande-Rivoire à Sassenage, dans le massif du Vercors (Isère) ; du site de plein air du Chenet des Pierres à Bozel, dans la vallée de la Tarentaise (Savoie) ; de la grotte des Balmes à Sollières-Sardières dans la Haute-Maurienne (Savoie) et de l’abri sous bloc ALP 1 de l’Aulp du Seuil, à Saint-Bernard-du-Touvet dans le massif de la Chartreuse (Isère). La problématique générale de ce travail est de définir, par ces nouvelles analyses et les connaissances disponibles, la façon dont les communautés humaines tiraient profit de leurs ressources végétales, cultivées ou sauvages, pour subvenir à leur besoin. Ce travail permet de répondre notamment à plusieurs interrogations sur la gestion de l’environnement végétal par l’homme au Néolithique, dans un contexte montagnard. Dans cette région aux biotopes variés et étagés, nous avons mis en évidence l’importance des céréales sur deux sites, et la possibilité de cultures en altitude. La cueillette, qui tient également une place importante, est pratiquée sur un large territoire, couvrant plusieurs étages de végétation. L’analyse carpologique de niveaux de bergerie nous permet de comprendre la façon dont les hommes géraient les ressources végétales pour l’entretien du bétail. Plusieurs taxons, comme les céréales, le sapin, le gui et l’if ont été reconnus pour leur usage vétérinaire et sanitaire. Enfin les données carpologiques contribuent à la compréhension de la fonction et de l’occupation des sites au sein du territoire alpin en fonction de la production et/ou de la consommation de plantes cultivées, d’un apport de la plaine ou encore de l’importance de la cueillette.

Thèse accessible intégralement accessible en version PDF (126.4 MB) sur TEL.

Territorialisations et action agricole : quelles ressources et dispositifs pour quelles gouvernances ? Une analyse à partir des cas du Parc Naturel Régional du Marais du Cotentin et du Bessin, de Métropole Savoie et de Rovaltain

Thèse de Aurélien Esposito-Fava, Université Joseph-Fourier – Grenoble I (Géographie), 12/07/2010, Bernard Pecqueur (Dir.), 410 p.

Alors que la révision de la PAC en 2013 se profile, et que l’action agricole peine à se réinventer face aux crises successives qui la traversent, l’action territoriale s’affirme comme un modèle d’efficacité et alternatif, permettant de dépasser les limites de l’action sectorielle. Au-delà de cette injonction manifeste pour passer du « secteur au territoire », comment se territorialise l’action agricole ? Ce mouvement est analysé au travers d’une analyse financière des ressources des territoires de projet et d’enquêtes de terrain à Métropole Savoie, Rovaltain et sur le Parc Naturel Régional des Marais du Cotentin et du Bessin. La territorialisation de l’action agricole s’opère par la construction de l’agriculture en ressource territoriale et du territoire en ressource agricole, la désectorisation et la (re)localisation de la gouvernance agricole, et la mobilisation des dispositifs territorialisés au bénéfice de l’agriculture. Par la mise en réseau et l’interconnexion de l’agriculture et d’autres composantes territoriales, des professionnels de la territorialisation jouent un rôle fondamental au sein de processus mettant en évidence des formes d’hybridation de l’action agricole et de l’action territoriale.

Accessible intégralement en version PDF (5,4 Mb) sur HAL-SHS.

Cultiver la biodiversité. Semences et identité paysanne

Article de Elise Demeulenaere et Christophe Bonneuil In Bertrand Hervieu, Nonna Mayer, Pierre Müller, François Purseigle et Jacques Rémy, « Les mondes agricoles en politique. De la fin des paysans au retour de la question agricole ». Paris, Les Presses de Sciences Po, 2010, pp. 73-92.

À la suite des crises de surproduction des années 80, puis des crises sanitaires des années 90, le monde agricole a connu une prolifération de mouvements à la recherche de modèles alternatifs au productivisme des trente glorieuses. Certains de ces mouvements ont manifesté une volonté plus forte de rupture, en affichant dans leur intitulé le terme « paysan », comme pour revendiquer une filiation avec les valeurs et l’organisation des cultivateurs d’avant que la modernisation agricole. Ce choix lexical, loin d’être anodin, témoigne d’une remise en question en profondeur du modèle productiviste, qui ne se borne pas à une révision dans la marge de pratiques devenues inadaptées aux exigences sociétales croissantes en matière de qualité environnementale et sanitaire, mais qui touche le cœur de l’identité des producteurs, leur rapport à leur travail, à la société et au monde. Le Réseau Semences Paysannes est emblématique de ces mouvements qui mettent l’identité paysanne au cœur de leur démarche et de leur communication. Sa création en 2003 est liée à une volonté portée par certains mouvements agricoles de se réapproprier les choix et les savoir-faire liés au travail technique de la semence – la sélection, la multiplication et la commercialisation des semences et des plants s’étant progressivement professionnalisées après la guerre, aboutissant à une externalisation de ces activités hors de la ferme et à un désinvestissement des agriculteurs vis-à-vis des questions semencières. Notre intérêt pour le Réseau Semences Paysannes réside dans le fait qu’il prend valeur d’exemplification des mouvements se revendiquant d’une identité paysanne. Quelle est l’identité construite et véhiculée par ce collectif ? Quels déplacements propose-t-il par rapport au modèle agricole productiviste ? Cette étude de cas nous permet de ne pas attaquer ces questions de front, mais d’opérer, comme le font les acteurs eux-mêmes, un détour par la semence.

Article intégralement accessible en version PDF (335,5 Kb) sur HAL-SHS.