ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Bernard Charbonneau : habiter la terre

Appel à communications, colloque organisé par la SET (UMR 5603 CNRS – UPPA), 2 – 3 – 4 mai 2011, Université de Pau et des Pays de l’Adour (France)

Bernard Charbonneau (1910-1996) fut un précurseur du mouvement d’écologie politique Français. Géographe et historien de formation, philosophe par vocation, il a analysé les effets désorganisateurs de l’industrialisation sur la ville, la campagne et sur leurs relations. Observateur pénétrant de la déstructuration des sociétés rurales de l’Europe de l’ouest, il pressentit dès les années 30 que l’accélération exponentielle de notre puissance technique et scientifique met en péril les équilibres sociaux et naturels permettant aux hommes d’habiter la terre et d’éprouver leur liberté. À la lumière des problèmes actuels, ce colloque propose de revisiter le sens de la terre chez Bernard Charbonneau.

Bernard Charbonneau est l’auteur qui, en 1973, a écrit « Tristes campagnes » (Paris, Éditions Denoël, 239 p.). Dans cet essai, il examine comment ce que l’on appelait à l’époque la modernisation agricole à favorisé le déclin et à la décomposition des sociétés paysannes du Béarn, dans le Sud – Ouest de la France, où il avait choisi de s’établir au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Ce faisant, à travers l’examen méthodique de l’évolution d’une région donnée, il mettait à nu de manière prémonitoire la logique d’une évolution technique et économique qui n’a fait que s’accélérer et qui aujourd’hui, partout dans le monde, dissout le lien qui associe les sociétés paysannes à leurs terroirs et détruit leur identité. Ce processus est accéléré par l’intervention de l’Etat, tout autant que par la logique du marché, et appelle en retour une saisie toujours plus complète de la totalité de l’espace et de la vie sociale par la logique étatique.

Les analyses visionnaires de Tristes Campagnes sur l’impact du développement techno scientifique et industriel sur les sociétés rurales n’ont eu à l’époque aucun écho, car elles étaient toujours menées du point de vue de la personne, du sujet habitant, approche qu’il conviendra de replacer dans les courants géographiques de l’époque. Il en est allé de même de la plupart de ses livres, notamment le Jardin de Babylone qui analysait comment la brusque montée en puissance des techniques de l’homme bouleverse et désorganise non seulement les rapports ville campagne mais aussi – et plus profondément – menace à long terme les équilibres naturels et sociaux qui permettent à l’homme d’habiter la terre et d’y emménager des enclaves où il peut déployer sa liberté.
Bernard Charbonneau peut être considéré comme un des précurseurs de l’écologie politique. Mais lui, qui toute sa vie avait besoin de dessiner des cartes, qui mettait toujours en relation les évolutions sociales et les évolutions spatiales, se sentait surtout géographe. De fait, son œuvre est animée par une interrogation sur la transformation des rapports que l’homme entretient avec l’œkoumène, notre « maison commune » (Bernard Charbonneau). N’ayant cessé d’écrire sur la Terre, il fut un géo-graphe, au sens le plus authentique du terme, un géographe dont le questionnement est très actuel.

Deux axes thématiques :

– Actualité des constats et des analyses

–  Les réactions des sociétés face aux défis posés par Bernard Charbonneau

Les propositions de communication sont à adresser avant le 10 décembre 2010 à l’adresse suivante : alain.cazenave-piarrot@alsatis.net.

Les résumés présentant l’orientation générale du propos ne devront pas excéder 6000 signes (espaces compris) et seront accompagnés d’un titre et d’une présentation de l’auteur (statut, institution de rattachement, adresse électronique).

Les communications retenues feront l’objet d’une présentation orale de vingt minutes suivie de dix minutes maximum de débat. Les présentations pourront se faire en français, en anglais ou en espagnol.

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