ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Séminaire de formation en ethnobotanique : pour la sauvegarde de « l’or vert » polynésien

Séminaire de formation organisé par l’IRD, 15-16 octobre 2010, Tahiti

L’IRD, l’UPF et le CRIOBE organisent, les 15 et 16 octobre, un séminaire de formation en ethnobotanique – à ses concepts et à ses méthodes – afin de former des enquêteurs aux techniques d’enquête de cette discipline. Celui-ci s’inscrit dans un programme de recherches concernant l’usage et la valorisation des plantes locales. Il regroupera des chercheurs, des étudiants et des acteurs concernés issus de services institutionnels ainsi que du tissu associatif.

Ce séminaire est organisé par l’Institut de recherche pour le développement et l’Université de la Polynésie française , dans le cadre du programme pluriannuel de formation établi entre l’IRD et l’UPF « Biodiversité : substances naturelles, usages et valorisations sociétales ». Y participe également le Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l’Environnement (CRIOBE), en association avec l’IRD, dans le cadre du programme « Recueil des savoirs sur la biodiversité et l’environnement dans le Pacifique Sud.

Il regroupera des enquêteurs sélectionnés pour les Marquises, les Îles du Vent, les Tuamotu et la Nouvelle-Calédonie. Mais il s’adresse aussi à des étudiants en licence de civilisation polynésienne ainsi qu’à des étudiants et enseignants en sciences chimiques et biologiques. Y participeront également des acteurs « de terrain » concernés issus du Service de la culture, de la Direction de l’environnement et du tissu associatif, notamment de l’Académie marquisienne.

Créer un système fédérateur d’observation et d’expérimentation

Pourquoi ce séminaire ? A mi-chemin entre les sciences naturelles et les sciences humaines, l’ethnobotanique est une discipline scientifique qui s’intéresse aux relations existant entre les hommes et les plantes. Dépassant largement le cadre conventionnel des inventaires botaniques, elle répond notamment à la prise en compte – de plus en plus importante depuis la Conférence de Rio (1992) – des apports sociaux dans la quête des savoirs liés à la connaissance de la nature. Le programme de recherche établi entre les trois institutions de recherche, et porté par le Grand observatoire du Pacifique Sud (GOPS), va s’étaler sur trois ans. Son objectif est notamment de créer un système fédérateur d’observation et d’expérimentation au service de la recherche, de la formation, de la valorisation et de l’expertise liée à la diversité biologique.

Les connaissances traditionnelles concernant les plantes et leurs applications dans différents domaines (médecine, alimentation…) doivent pouvoir être intégrées dans le cadre pluridisciplinaire que représente, par définition, l’ethnobotanique. Il s’agit en effet pour les chercheurs – et pour les enquêteurs qui leur seront associés – d’être à l’écoute des savoirs qui se sont transmis de génération en génération. Mais cette recherche doit être accompagnée, en retour, d’une dynamique de « patrimonalisation » de ces savoirs locaux – et des droits de propriété intellectuelle qui leur sont liés – pour éviter qu’ils soient pillés par des laboratoires ou des multinationales sans scrupules. Par ailleurs, les échanges qui sont effectués entre population et chercheurs peuvent amener à un enrichissement réciproque concernant le rapport à la nature, à une époque où la protection de la biodiversité s’avère être une clé pour le futur.

Après ce séminaire, qui va également permettre aux chercheurs de disciplines différentes de s’échanger, une phase « terrain » sera mise en place dès la semaine suivante aux Marquises, en appui notamment au programme d’inscription au patrimoine de l’UNESCO de l’archipel.

Programme de ce séminaire.

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