ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de septembre, 2010

Petit aparté : le nouveau clip interactif d’Arcade Fire

Pour ceux que la représentation de la « Nature » intéressent, jeter un regard sur le nouveau clip interactif du groupe Arcade Fire (oiseaux, arbres, être humain s’échappant en courant de sa ville natale…) peut contribuer à la réflexion.


Il est là : http://www.thewildernessdowntown.com/

L’herbe est-elle plus verte dans le panier ? Satisfaction au travail et intégration professionnelle de maraîchers qui commercialisent sous forme de paniers

Communication de colloque de Annie Dufour, Catherine Hérault-Fournier, Emilie Lanciano et Noémie Pennec publié dans « Colloque national Circuits courts alimentaires – Etats des lieux de la recherche », Paris : France (mai 2010), 14 p.

La vente directe sous forme de paniers peut permettre à certaines exploitations agricoles qui n’ont pas la taille suffisante pour explorer les circuits longs de distribution, de pérenniser leur activité et d’accroître le revenu des agriculteurs. Toutefois, ce mode de commercialisation entraîne des modifications importantes de l’activité agricole et de l’organisation du travail et, par conséquent, du métier d’agriculteur. L’objectif de cet article est de montrer en quoi la commercialisation de légumes sous systèmes de paniers peut être porteuse d’intégration professionnelle ou au contraire de précarité. A partir d’entretiens semi-directifs menés auprès de onze maraîchers, cet article analyse le rapport au travail selon trois dimensions : homo faber, homo oeconomicus et homo sociologicus. Il ressort que certains agriculteurs parviennent à conjuguer un niveau de satisfaction élevé sur ces trois dimensions et sont relativement sereins par rapport à l’avenir de leur exploitation. Les tensions les plus fréquemment observées se trouvent sur les questions de temps de travail et de revenu. Dans tous les cas, ces agriculteurs inventent et développent une forme d’agriculture ancrée sur le territoire, peu spécialisée avec l’objectif de préserver les ressources naturelles au sein de l’exploitation.



Article intégralement accessible en version PDF (110,8 Kb) sur HAL-SHS.

Régimes de pâturage et hétérogénéité de la structure et du fonctionnement de la végétation prairiale (Marais Poitevin)

Thèse de Gregory Loucougaray, Université Rennes 1 (Biologie),18/12/2003, JB Bouzillé et A. Bonis (Dir.), 378 p.

L’hétérogénéité à différentes échelles constitue actuellement une problématique majeure pour la compréhension du fonctionnement des écosystèmes. Ce travail s’intéresse au caractère hétérogène du pâturage et aux mécanismes responsables de la formation de mosaïques végétales ainsi qu’aux conséquences sur les patrons d’hétérogénéité de certains paramètres fonctionnels du sol. Les prairies communales du Marais Poitevin représentent le modèle biologique de cette étude. Le pâturage collectif et mixte (bovin et équin) est pratiqué de façon traditionnelle depuis le Xième siècle sur ce milieu, où trois communautés végétales coexistent le long d’un gradient d’inondation et de salinité. Le pâturage sélectif par les herbivores, bovins et équins, intervient à deux échelles : (1) à l’échelle des trois communautés par l’utilisation préférentielle de certaines d’entre elles, les préférences étant ou non communes aux deux herbivores ; (2) à l’échelle intra-communauté par une utilisation différentielle de la végétation au sein de chaque communauté. Ce pâturage sélectif conduit à la formation de patchs de végétation, notamment des zones de gazons et des zones d’herbe haute. Ces dernières, dans le cas du pâturage équin ou mixte, correspondent aux zones de dépôt de fèces des chevaux (ou zones de latrines). Le nombre, la nature et la surface des patchs est dépendante du régime de pâturage en terme d’espèces d’herbivores (bovins, équins ou mixte) et de chargement en bovins. Ce sont les régimes de pâturage équin et mixte qui créent le plus d’hétérogénéité. Chaque patch de végétation est caractérisé par une structure (hauteur, couvert de sol nu), une composition floristique et une diversité particulière. Avec la présence d’équins seuls, les patchs les moins diversifiés sont les zones de dépôts de fèces, dominées par les pérennes Elymus repens ou Agrostis stolonifera selon la communauté. En pâturage mixte, le développement de ces deux espèces est limité par les bovins qui pâturent les zones de latrines, les deux espères d’herbivores présentant alors des effets compensatoires. Sur les zones de gazons, les deux herbivores ont des effets additifs. A l’échelle des parcelles, ce sont les régimes de pâturage les plus créateurs d’hétérogénéité qui conduisent à la diversité la plus élevée. Aux mosaïques végétales créées par les herbivores, correspond une hétérogénéité fonctionnelle analysée pour plusieurs paramètres : biomasse aérienne, épaisseur du mat racinaire, matière organique du sol, stocks d’azote organique et minéral du sol. C’est le sol de pentes intermédiaires, où se développe une communauté sub-halophile, qui présente le plus de variabilité des paramètres fonctionnels : les variations d’intensité de pâturage conduisent à des différences importantes de stocks d’azote minéral et de conductivité électrique. La formation des patchs de végétation de la communauté sub-halophile est, pour partie, dépendante de l’action des différentes composantes du pâturage que sont la défoliation, le piétinement, la création de sol nu dont les effets respectifs ont été testés expérimentalement. La réponse de la végétation montre des composition floristiques variées qui sont parfois semblables à celles observées en condition de pâturage. Certains de ces patchs sub-halophiles ont été soustraits temporairement aux herbivores et présentent des dynamiques de réversibilité contrastées. Le maintien de la diversité floristique associée à la présence de ces patchs, semble grandement dépendant de la permanence du pâturage.

Thèse intégralement accessible en version PDF (4,6 Mb) sur TEL.

Approche protéomique des stress abiotiques chez Populus tremula x P. alba

Thèse de Thomas Durand, Université d’Orléans (Physiologie végétale), 17/12/2009, Philippe Label (Dir.), 243 p.

Les contraintes environnementales dans un monde en changement remettent en cause la survie des plantes ; les plus drastiques sont les contraintes abiotiques, comme les stress hydriques, thermiques, ou la pollution par les métaux lourds. Les mécanismes inductibles de la tolérance des plantes sous stress ont été étudiés par une approche physiologique combinée à une analyse protéomique. Des plants de Populus tremula x P. alba genotype 717-1B4 ont été exposés à plusieurs contraintes en chambre phytotronique : 1) un sol contenant des concentrations importantes de Cd2+ ou Zn2+, 2) une sécheresse induite par arrêt d’arrosage, 3) une contrainte thermique par élévation subite ou graduelle de 22 à 42°C. Les paramètres physiologiques des plantes ont été suivis au cours des traitements ainsi que durant la période de recouvrement qui a suivi les contraintes hydriques et thermiques. La réponse de stress a été caractérisée par ces paramètres physiologiques et par les changements dans les profils protéomiques du tissu foliaire et de la zone cambiale. Les aspects communs et particuliers du stress induit par chaque contrainte ont été décrits. Les données rassemblées dans cette étude, en enrichissant les connaissances sur la gamme de réponse des essences ligneuses, contibuent à déterminer la frontière entre le stress générique et les réponses plus spécifiques ; elles apportent également des éléments de réponse à l’utilisation du peuplier en phytoremédiation des sols pollués par les métaux.

Thèse intégralement accessible en version PDF (6,2 Mb) sur TEL.

Activité leishmanicide de plantes issues de la pharmacopée traditionnelle péruvienne et de molécules de synthèse ; étude relation structure activité.

Thèse de Yannick Estevez, Université Paul Sabatier – Toulouse III (Innovation pharmaceutique), 28/09/2009, Eric Deharo (Dir.), 78 p.

Les Leishmanioses du nouveau monde sont des parasitoses aux conséquences socio-économiques lourdes. En effet les traitements disponibles requièrent pour la plus part des administrations parentérales et sont coûteux pour les populations concernées. La recherche de nouvelles molécules actives est donc une nécessité. Pour contribuer à l’effort de recherche d’alternative thérapeutiques, nous nous sommes intéressés d’une part aux pharmacopées traditionnelles de populations vivant en zone d’endémie (deux ethnies de l’Amazonie péruvienne : Chayahuita et Yanesha) et d’autre part, nous avons également étudiés l’activité de drogues synthétisées sur la base de molécules ayant un certain degré d’activité antiparasitaire. Nous avons également contribué à l’amélioration éthique de nos modèles biologiques afin d’optimiser le criblage de composés leishmanicides potentiels en développant un modèle remplaçant l’utilisation de souris pour l’extraction de macrophages par des cellules Thp1.

Thèse intégralement accessible en version PDF (1,5 Mb) sur TEL.

La viticulture grecque de l’époque hellénistique à l’époque byzantine. Une approche interdisciplinaire des techniques viticoles grecques

Colloque international organisé par l’équipe Mondes Anciens du CeRMAHVA et l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation (IEHCA), 12-13 novembre 2010, Tours (France)

Dans le sillage d’André Tchernia, auteur d’un ouvrage remarquable sur le vin et les amphores dans le monde romain, François Salviat et Jean-Pierre Brun ont étudié de façon rigoureuse et nuancée le vin grec, ses usages, son commerce. Mais, si les fouilles archéologiques de vignobles des kléroi de Chersonèsos en Chersonèse Taurique ou de la chôra de la cité de Marseille ont permis d’en savoir un peu plus sur la conduite de la vigne dans le monde grec, l’histoire des techniques viticoles grecques reste à écrire, malgré quelques travaux pionniers.

Ce colloque se propose donc de mener une approche diachronique des techniques viticoles des vignerons du bassin égéen, qui autorisera une étude plus serrée de la gestion technique des vignobles et des rendements, les connaissances développées sur la nature des sols, sur la conduite des vignobles (le choix des cépages, le travail des sols, l’architecture de la végétation, le complantage, le provignage, les densités de plantation), sur les effets du régime hydrique sur le comportement de la vigne, etc.

Vendredi 12 novembre 2010

Thème 1 : À la recherche des cépages antiques
Présidente de séance : Jocelyne Pérard (Université de Bourgogne, responsable de la Chaire UNESCO « Culture et Traditions du Vin »)
– 10h00 Jean-Frédéric Terral (Maître de conférences à l’université Montpellier 2, UMR 5059 – Centre de Bio-Archéologie et d’Ecologie) et Laurent Bouby (carpologue, Ingénieur d’Etudes CNRS, UMR 5059) « Domestication de la vigne et origines de cépages : apport de l’archéobiologie ».
– 10h30 Jean-Michel Boursiquot (Maître de conférences, Montpellier SupAgro, directeur scientifique et technique de l’Établissement National Technique pour l’Amélioration de la Viticulture [ENTAV]), Thierry Lacombe (Ingénieur d’Etudes INRA, UMR 188 Diversité et Adaptation des Plantes Cultivées), Valérie Laucou (INRA, UMR 188) et Konstantinos Bakasietas (pépiniériste et ingénieur agronome) « La vigne de Pausanias : mythe et ADN »
– 11h00 Ilias Anagnostakis (Senior Researcher à l’Institut de Recherches Byzantines d’Athènes) « Les noms de vignes et de raisins à Byzance. Continuité et rupture avec la viticulture de l’antiquité tardive ».

Thème 2 : La gestion technique des vignobles
Président de séance : Alain Carbonneau (Montpellier Supagro)
– 14h30 Yvan Moënne-Loccoz (Professeur à l’Université de Lyon I, responsable de l’équipe Rhizosphère, Directeur-adjoint UMR CNRS 5557 Ecologie Microbienne) « Culture de la vigne et micro-organismes des sols ».
– 15h00 Stavroula Kourakou-Dragona (chimiste œnologue, présidente honoraire de l’Organisation internationale de la vigne et du vin) « Protection phytosanitaire dans les vignobles de la Mendè antique. (communication lue par I. Anagnostakis) »
– 16h00 Jacques Wéry (Professeur d’agronomie de Montpellier SupAgro, directeur de l’UMR 1230 SYSTEM, Fonctionnement et conduite des systèmes de culture tropicaux et méditerranéens, Président de la Société Européenne d’Agronomie) et Thibaut Boulay (Maître de conférences en histoire grecque à l’université de Tours, EA 4247 CeRMAHVA) « Viticulture et cultures intercalaires dans le monde égéen de l’époque hellénistique à l’époque byzantine. Bilan, rationalité scientifique, diversité et mise en oeuvre de ces pratiques ».
– 16h45 Aline Lonvaud (Professeur d’œnologie à l’Université Victor Segalen-Bordeaux II, directrice de l’UMR 1219 Oenologie) « La diversité des flores indigènes, la sélection des souches par les praticiens, la dissémination des bonnes souches ».

Samedi 13 novembre 2010
Thème 3 : Conduite des vignobles antiques : nouvelles approches
Président de séance : Michèle Brunet (Université de Lyon)
– 9h30 Philippe Marinval (Carpologue, Chargé de Recherche 1ère Classe au CNRS – EHESS) « Viticulture dans le monde grec antique : les données de l’archéobotanique ».
– 10h00 Philippe Boissinot (EHESS, Centre de Recherche sur la Préhistoire et la Protohistoire en Méditerranée/UMR 5608 Travaux et Recherches Archéologiques sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés [TRACES]) « L’archéologie du vignoble grec ».
-10h45 Alain Carbonneau (Professeur de viticulture de Montpellier SupAgro, Directeur du Progrès Agricole et Viticole, Président du G/i/ESCO [(Group of international Experts in Vitivinicultural Systems and Cooperation])
« Diversité des architectures de vigne dans le monde. Contraintes imposées par l’environnement. Racines historiques ».

Thème 4 : Continuités et ruptures
Présidente de séance : Catherine Grandjean (Université de Tours)
– 14h30 Emmanuelle Vaudour (Maître de conférences, AgroParisTech, membre de l’UMR 1091 « Environnement et Grandes Cultures », INRA-AgroParisTech) « L’analyse spatiale des terroirs antiques : l’exemple d’Amos ».
– 15h30 Michel Kaplan (Professeur d’histoire médiévale à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, directeur du centre de recherches d’Histoire et civilisation byzantines et du Proche-Orient médiéval) « La culture de la vigne en Grèce à l’époque byzantine d’après les archives de l’Athos ».
16h45 Conclusions du colloque par Jean-Robert Pitte (Professeur de géographie à l’Université Paris-Sorbonne, Académie des Sciences Morales et Politiques,) (sous réserve)

Contact

Thibaut Boulay

thibaut.boulay@univ-tours.fr


Croissance racinaire en verger de pêchers. Influence de la disponibilité en assimilats carbonés et des contraintes du sol

Thèse de Carole Bécel, Université d’Avignon (Agronomie), 29/06/2010, Loïc Pagès et Gilles Vercambre (Dir.), 147 p.

L’arboriculture en milieu méditerranéen nécessite un apport d’eau via l’irrigation important, notamment pendant la période estivale. Pour améliorer l’efficience d’utilisation de l’eau, il convient de mieux connaître les besoins en eau de l’arbre et les zones d’exploration et d’exploitation des racines. La croissance des racines varie dans le temps et dans l’espace en lien avec des facteurs endogènes, en particulier la disponibilité en assimilats carbonés, et des facteurs exogènes comme les propriétés du sol. Ces facteurs sont modulés par les pratiques culturales, et en particulier l’irrigation, le compactage du sol et l’éclaircissage, qui affectent la croissance racinaire, et d’une manière générale le fonctionnement global de l’arbre. La dynamique de croissance des racines est ponctuée par deux périodes de croissance intense. La première période de croissance intense se situe tôt dans la saison, en avril-mai, pendant la phase de durcissement du noyau des fruits. En début de saison la demande en carbone à l’échelle de l’arbre est importante (forte croissance des feuilles, fruits, rameaux, racines) et nécessite la mobilisation intense des réserves carbonées présentent sous forme d’amidon. La charge en fruits affecte la croissance des racines et des fruits, et la restriction hydrique affecte surtout la croissance de la partie aérienne. La deuxième période de croissance racinaire intense intervient après la récolte en juillet-août, quand les feuilles et les rameaux ont finis leur croissance. La compétition est moins forte et l’amidon s’accumule, surtout chez les arbres sous restriction hydrique. L’accumulation d’amidon résulte d’une plus grande sensibilité de la croissance au déficit hydrique que la photosynthèse. Pendant les périodes de croissances racinaires intenses, le diamètre apical et la longueur de leur zone apicale non ramifiée des racines sont augmentés, ainsi que les teneurs en sucres solubles dans les pointes racinaires. Les paramètres architecturaux racinaires et les teneurs en sucres solubles dans les pointes racinaires sont de bons indicateurs de la dynamique de croissance racinaire. La répartition des racines au verger est très variable et dépend des propriétés du sol. Les racines des arbres bien alimentés en eau ont colonisé surtout les volumes de sol sous le rang des arbres (proches des goutteurs) jusqu’à 1 m de profondeur. Au contraire les racines des arbres sous-alimentés en eau ont colonisé surtout les 50 cm en profondeur sous le rang et vers l’inter-rang. Les racines se sont réparties dans les zones les moins contraignantes pour leur croissance, qui sont plus restreintes quand l’irrigation est restrictive. En conditions non contraignantes, de par une faible densité de sol ou une forte teneur en eau, la vitesse de croissance, et notamment des grosses racines, est forte. Par contre, les fines racines ont une vitesse de pénétration des sols contraignants plus rapide. La contrainte mécanique entraîne aussi une baisse de la hiérarchisation des systèmes racinaires, les racines latérales seront davantage ramifiées.

Thèse intégralement accessible en version PDF (4,1 Mb), sur TEL.