ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archive pour août, 2010

Les plantes médicinales en Inde

Veille internationale du service ADIT, Bulletin électronique du 26 août 2010

Les plantes médicinales et les médicaments à base de plantes sont toujours le quotidien de 75 à 80% de la population mondiale, plus particulièrement dans les pays en voie de développement lors de premiers soins, et ce pour trois raisons principales : ils sont mieux acceptés culturellement, ils auraient une meilleure compatibilité avec le corps humain et des effets secondaires moins importants.

On estime qu’approximativement un quart des médicaments contiennent des extraits végétaux ou des substances issues des plantes. La plupart de ces substances ont été découvertes en étudiant les pratiques de médecine traditionnelle et malgré les progrès importants des chimistes certaines substances ne peuvent toujours pas être synthétisées. Afin de débattre des avancées de la recherche sur les plantes médicinales et sur les dérivés des substances végétales, une conférence a été tenue au Pachaiyappa College de Chennai, avec le financement du gouvernement et de divers organismes de financement privés.

400 chercheurs, scientifiques et étudiants, indiens, américains et taiwanais ont participé à cette conférence. 210 rapports de recherche ont été soumis pour cette conférence couvrant différents aspects de la médecine par les plantes. 6 thématiques ont finalement été retenues : Conservation de la biodiversité ; Les biotechnologies liées aux plantes ; Ethnobotanique et médecine Ethnovétérinaire  ; Bioprospection ; Ethnopharmacologie  ; Pharmacognosie  et développement de médicaments.

Voir le compte rendu du colloque (en anglais) de T. Sekar, M. Ayyanar and M. Gopalakrishnan, en version PDF paru dans Current Science, Vol. 98, n°. 12, 25 June 2010, pp. 1558-1559.


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Le sésame en pays gbaya

Communication de colloque de Paulette Roulon-Doko, « Ressources vivrières et choix alimentaires dans le bassin du lac Tchad »,, C. Raimond, E. Garine et O. Langlois (Ed.) (2005), pp. 153-168

Le rôle du sésame en pays gbaya ‘bodoe est  fondamental à divers niveaux. C’est tout d’abord la plante qui fonde le cycle cultural et pour laquelle on laboure tous les ans un nouveau champ, c’est une nourriture pour laquelle on a diversifié les préparations en utilisant des techniques très élaborées, et qu’on valorise comme de la viande de chasse, enfin le sésame intervient de façon récurrente dans la vie rituelle des Gbaya.


Accessible intégralement en version PDF (1,5 Mb) sur HAL-SHS.

Le prix Clément Jacquiot pour Michel Arbonnier

Michel Arbonnier est lauréat du prix Clément Jacquiot décerné par l’Académie d’Agriculture de France pour son ouvrage de référence « Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d’Afrique de l’Ouest ». Le prix Clément Jacquiot sera officiellement remis au chercheur du Cirad le 6 octobre prochain sous la présidence de Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation, de l’agriculture et de la pêche.
Ce livre, dont la troisième édition est parue en 2009, est bien plus qu’une simple flore mais un véritable guide de terrain qui résulte des quinze années d’expérience pratique de l’auteur en aménagement forestier. L’Académie d’agriculture de France a choisit cet ouvrage de référence en botanique et ethnobotanique car il est, selon leurs mots, « très apprécié à la fois par les chercheurs, les enseignants et les gestionnaires des espaces boisés des pays concernés.»
En effet, le livre a comblé un manque de documentation sur la flore des zones sèches d’Afrique de l’Ouest. Il recense 360 espèces ligneuses facilement identifiables grâce aux 1 300 photographies en couleurs de fleurs, de fruits, de feuilles et d’écorces. Et puisque les arbres participent à l’équilibre des paysages en remplissant nombre de fonctions et de services, un inventaire actualisé des usages traditionnels des différentes parties de la plante, en pharmacopée, en nutrition humaine ou animale et en agronomie est aussi proposé.
Michel Arbonnier est forestier et botaniste au Cirad. Depuis trente ans, il étudie les flores d’Afrique. Il a d’ailleurs en projet deux nouveaux ouvrages : un sur les orchidées d’Afrique centrale montagnardes et le second sur les espèces ligneuses de cette même région.


Michel Arbonnier
Coed. MNHN-Quae, 576 p., 2009
76 euros

L’éducation à l’environnement en Tunisie. Analyse des valeurs relatives à la nature et à l’environnement dans les conceptions d’enseignants et d’élèves et dans des manuels scolaires

Thèse de Alaya Alaya, Université Claude Bernard – Lyon I (Didactique de la biologie), 21/01/2010, Pierre Clement (Dir.), 676 p.

En première partie, cette thèse présente différentes significations des termes nature et environnement, en arabe et en français. Par exemple, en arabe, il existe trois termes pour désigner le mot français « environnement ». Elle identifie, dans le cadre du modèle KVP qui analyse les conceptions comme des interactions entre connaissances, valeurs et pratiques sociales, plusieurs valeurs qui sous-tendent ces définitions. Plusieurs d’entre elles sont reprises comme des objectifs de l’éducation à l’environnement : citoyenneté, autonomie, responsabilité, altruisme et solidarité (CARTAS). L’essentiel de cette thèse analyse ensuite les conceptions, et plus particulièrement les systèmes de valeurs, sur la nature et l’environnement chez des enseignants tunisiens (111 enseignants de Sciences de la Vie et de la Terre : SVT et 42 enseignants d’Histoire et Géographie : HG), chez 273 élèves de 2ème année secondaire (16-17 ans) et dans les manuels scolaires tunisiens SVT de ce niveau scolaire, édités en 2003 et 2005. Les différentes analyses effectuées (khi2, analyse des correspondances multiples et analyse en composantes principales) montrent que les élèves sont plus anthropocentrés que les enseignants SVT et HG, qui sont plutôt écolocentrés, sans différence significative entre enseignants SVT et HG. Ces systèmes de valeurs sont corrélés à certaines variables personnelles : les non bacheliers, les jeunes et les individus ayant une enfance campagnarde sont plus anthropocentrés que, respectivement, les titulaires d’un baccalauréat ou plus, les adultes et ceux ayant une enfance citadine, qui sont plus écolocentrés. Les conceptions des élèves sont dans l’ensemble conformes à celles présentes dans les manuels SVT : nature sans homme, rapport utilitaire à la nature, absence de gestion et de prévention des risques liés à l’utilisation des ressources, ce qui ne favorise pas l’acquisition des valeurs CARTAS. Les enjeux et perspectives de ces résultats sont discutés.

Thèse intégralement accessible en version PDF (12,5 Mb) sur HAL-SHS.

Paysages littoraux africains : évolution de l’environnement dans un contexte d’ouverture ou d’usage renouvelé des espaces côtiers (Djibouti, Sénégal, Tunisie)

Thèse de Nicolas Legoff, Université de Nantes (Géographie), 10/01/2009, Miossec Alain (Dir.), 396 p.

Dans un contexte de développement socioéconomique, le littoral africain connaît une fréquentation accrue. Ce phénomène est d’intensité variable suivant les degrés de modernisation qu’illustrent Djibouti, le Sénégal et la Tunisie. C’est désormais un facteur à prendre en compte dans le fonctionnement de l’environnement littoral. Le Cap-Bon tunisien, la Petite Côte sénégalaise et le golfe de Tadjoura sont particulièrement concernés par ces changements car ce sont des régions proches des capitales. La lecture de paysages est utilisée pour cerner des modifications environnementales sur le court terme. L’analyse proposée repose sur des données collectées à partir de transects puis sur le traitement des indicateurs physiques ou sociaux dans des grilles synthétiques. Le but est d’aboutir à une première décomposition du fonctionnement des paysages côtiers et d’établir quelques perspectives environnementales en fonction des dynamiques ou d’éventuels déséquilibres observés. Selon la gestion de la nature littorale et l’encadrement de la fréquentation, des éléments peuvent être avancés quant à la durabilité des paysages et donc des nouvelles pratiques.

Thèse accessible intégralement en version PDF (10,3 Mb) sur HAL-SHS.

Sur la piste des hapau enata

Article de la Dépêche de Tahiti, 13 août 2010

HIVA OA – Plantes et savoir traditionnel
Sous le parrainage de l’IRD, institut de recherche et développement, d’Arue et de l’université du Pacifique, une enquête a été effectuée aux Marquises, sur les îles de Hiva Oa et de Tahuata pour recueillir le plus d’informations possible auprès de ceux que l’on appelle les tradipraticiens.
Une étude scientifique intitulée : “Préservation et valorisation des savoirs locaux d’hier et d’aujourd’hui”. Avec l’aide de Jean-François Butaud, botaniste, Cynthia Girardi, étudiante en pharmacie à Bordeaux, en filière recherche, est allée dans chaque vallée des deux îles pour rencontrer ceux qui utilisent les plantes pour préparer les remèdes traditionnels, appelés aux Marquises “hapau enata”. Une enquête ethnobotanique de plus de deux mois avec toute la rigueur scientifique nécessaire à la réalisation d’une telle étude. Les plantes recueillies auprès des utilisateurs, connues sous leurs noms vernaculaires, ont été et scrupuleusement identifiées pour déterminer leur nom scientifique, à la fois d’après la documentation recueillie auparavant par Jean François Butaud et également par une base de données botanique.


Perte des connaisances ancestrales
Cette enquête a porté également sur la persistance de ces savoirs en dénombrant le nombre de personnes qui connaissaient encore ces formules. Actuellement ce sont les personnes âgées, en majorité des femmes, qui détiennent le plus ce savoir. La transmission de celui-ci obéit également à des critères particuliers; c’est le tradipraticien qui choisit la personne de sa famille qui sera digne de bénéficier de ses connaissances et recevra donc son pouvoir. Pratiquement aucune plante endémique des marquises n’a été retrouvée dans les formules. Est-ce du à la modification de la façon de vivre ? De nombreux sites d’habitations ont été abandonnés depuis la fin du dix-neuvième siècle. Excepté quelques chasseurs, les marquisiens ne vont plus rejoindre les autres vallées en passant à travers les montagnes. Il s’en est probablement suivi une perte des connaissances ancestrales. Il est donc urgent de collecter ce savoir. A la suite de cette étude, des médiateurs locaux seront formés et chargés de continuer à recueillir des informations auprès de ces guérisseurs.
Ce travail de recherche a bien sûr été fait sur le volontariat. Les formules de plantes destinées à soigner restent la propriété des tradipraticiens et bénéficieront d’une protection juridique. Pour ceux qui l’acceptent, l’Académie marquisienne prévoit de publier prochainement une compilation de ces recettes.

Autant en emporte la culture du coton transgénique aux Etats-Unis…

Article de Michel Fok paru dans Cahiers Agricultures, 19, 4 (2010), pp. 292-8

Les conférences du Beltwide 2010 ont apporté une vision nouvelle sur les conséquences de 15 années d’utilisation massive des variétés de coton transgénique aux Etats-Unis. L’observation des changements dans les complexes d’ennemis de la culture du cotonnier et les solutions recherchées pour y faire face montrent que les effets positifs clamés de l’utilisation de ces variétés ressemblent aujourd’hui à des illusions évanouies en termes d’efficacité du contrôle des ennemis de culture, de réduction du coût et d’antagonisme entre voie chimique et voie biotechnologique de ce contrôle. La durabilité technique et économique des variétés transgéniques dépend de l’approche systémique et coordonnée de leur utilisation.

Accessible intégralement en version PDF (140,5 Kb) sur HAL-SHS.