ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Usages et espaces communautaires dans les zones humides

Appel à contribution pour un colloque, Marais de Brière et de Guérande, 12 et 13 novembre 2010 (France)

Le Groupe d’Histoire des Zones Humides organise chaque année une journée d’étude. Le thème retenu pour 2010 est Usages et espaces communautaires dans les zones humides. L’appel à communication s’adresse aux historiens, géographes, juristes, sociologues et environnementalistes.

Les propositions s’articuleront autour de trois axes sans limites dans le temps ou l’espace :
Thème 1 : Les espaces et les usages
Dans les zones humides, les communautés ont possédé des terres sur lesquelles la jouissance s’exerçait en commun par le partage des ressources des eaux, des herbes, des bois, des gibiers, de la tourbe…
Quelles ont été  les ressources partagées dans le temps et dans l’espace ? Quelles furent les modalités des usages qui leur étaient liés? Quelles furent les règles et normes encadrant cette gestion collective des milieux humides?
On s’attachera également à l’étude des bénéficiaires de ces usages et à la grande diversité des situations. L’historiographie a longtemps  donné une image stéréotypée : celle de petits paysans, souvent misérables, installés dans leurs habitudes routinières.
Les usages ont amené à développer des techniques d’exploitation particulières. Quels liens existent-ils entre cette gestion collective  et les pratiques ?
Les biens communaux et leurs usages ont engendré des conflits. Quels types de conflits ce mode de jouissance a-t-il fait naître? Quels ont été les groupes sociaux concernés? Quel est le rôle des évolutions et des ruptures politiques?
Les usages ont-ils été un élément de gestion conservatoire des milieux humides?
La réflexion peut également porter sur la dimension symbolique : que représentent ces usages pour les sociétés des zones humides? Quels systèmes de valeurs s’y rattachent?
Thème 2 : Originalité des usages en zones humides
Les usages pratiqués dans les espaces humides sont variés. Ils concernent toutes les activités et tous les acteurs de ces espaces. Aborder les usages dans les zones humides, c’est donc aborder les pratiques de la chasse et de la pêche mais aussi le tourbage, l’élevage et bien d’autres activités encore. Le milieu offre des opportunités aux usagers mais il impose aussi des contraintes. Dès lors, nous souhaiterions voir comment la pratique des usages se manifeste dans les marais. D’autre part, on constate que les marais sont multi-usages : cette multiplicité des usages entraîne-t-elle plus qu’ailleurs des conflits ?
Thème 3 : Le devenir des espaces collectifs d’aujourd’hui ?
Si les espaces collectifs et les formes collectives d’utilisation des zones humides ont fortement reculé tout au long du XIXe, sans toutefois totalement disparaître, leur maintien au cours du XXe s’est accompagné d’un profond bouleversement de leurs pratiques et de leurs statuts. Ainsi, le XXe siècle marque-t-il une rupture entre le foncier collectif et les usages collectifs, le premier n’étant plus systématiquement associé aux seconds alors que, au contraire, de nombreuses activités de groupe affectent des propriétés privées. C’est donc la notion même d’espace collectif qui doit aujourd’hui être revisitée et confrontée aux nouvelles politiques d’appropriation sociale du territoire et à leurs objectifs inédits. Des marais communaux mis en location privative à des fins de loisir aux zones humides acquises au titre de la politique départementale « Espaces naturels sensibles », c’est en effet toute une gamme de nouveaux usages qui apparaît. Quels sont-ils ? Comment font-ils évoluer les limites entre espace public et espace privé ? En quoi la polyfonctionnalité souhaitée de ces espaces (protection de la nature, infrastructures naturelles, écotourisme, zones vertes et bleues…) et la fragmentation territoriale qui l’accompagne interfèrent elles avec l’évolution des statuts fonciers et des pratiques communautaires ?  Quels sont enfin les invariants et les inerties qui contribuent au maintien de formes plus anciennes d’appropriation collective (syndicat d’assèchement ou de gestion des eaux, activités cynégétiques associatives, parcours de pêche communaux, mise au marais de bête d’élevage…) ? A travers ce thème des espaces collectifs associés aux zones humides, c’est bien toute une réflexion sur les pratiques de l’espace qui s’engage.
Les propositions de contributions doivent comporter un titre et un développement d’une dizaine de lignes. Elles seront adressées à Jean-Michel DEREX avant le 15 septembre 2010. Les propositions seront examinées par le conseil scientifique du groupe dont la  composition figure sur le site du Groupe. Le comité scientifique communiquera les décisions aux auteurs avant le 1er octobre. Les travaux retenus feront l’objet d’une publication.
Contact
Jean-Michel DEREX
jean-michel.derex@noos. fr
Groupe d’Histoire des Zones Humides, 7 cours Marigny, 94300, Vincennes
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