ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur le sujet

Archives de juillet, 2010

Des plantes et des hommes en Auvergne

Exposition au Muséum Henri-Lecoq, à Clermont-Ferrand (Auvergne, France)

du 1er juillet 2010 au 15 mai 2011


L’Homme entretient des relations avec le monde végétal depuis des millénaires. L’Auvergne est un exemple, depuis les débuts de l’agriculture au Néolithique jusqu’aux technologies pharmaceutiques.
L’exposition s’ancre dans le temps grâce aux découvertes archéologiques réalisées au sein de la région auvergnate et dans l’époque contemporaine depuis les usages traditionnels des plantes jusqu’aux industries actuelles avec l’hévéa.
Le parcours s’anime ainsi sous les regards de l’archéologue et de l’ethnologue. Comment le scientifique appréhende-t-il les changements de paysages anciens ? Quelles étaient les céréales cultivées par nos ancêtres au crépuscule de la Préhistoire ? Le vignoble auvergnat est-il récent ou plonge-t-il ses racines dans l’époque qui vit l’arrivée des soldats de César en pays arverne ?


Les plantes ce sont aussi la lentille du Puy, la gentiane montagnarde et une multitude d’espèces témoignant de la richesse des paysages auvergnats. La transformation de ces plantes en aliments divers ou en consommation directe font la fierté de ce territoire. Qui dit plante dit parfum, teinture, cordage, tissus mais aussi propriétés médicinales, une vraie panacée pour la vie quotidienne.
Films, logiciel d’animation, maquettes de grains de pollen, restes archéologiques… l’exposition transporte le visiteur plusieurs millénaires en arrière jusqu’à nos jours.

15 rue Bardoux
63000 Clermont-Ferrand.
Tél. : 04 73 91 93 78.
Contact : musee.lecoq@ville-clermont-ferrand.fr
De 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, du mardi au samedi. De 14 h à 18 h (17 h d’octobre à avril), le dimanche.


La cuisine de Tombouctou (Mali) entre Afrique subsaharienne et Maghreb

Article de Monique Chastanet paru dans Horizons Maghrebins, n° 59, numéro spécial “ Manger au Maghreb ” (2008), pp. 47-73

Le nom de Tombouctou est surtout associé à son ancien rôle de carrefour commercial et de haut lieu de la culture islamique. Sa renommée au Mali est également liée à sa cuisine. Celle-ci témoigne de la rencontre de plusieurs influences, sahélo-soudaniennes, sahariennes et maghrébines. Du XIVe au XVIIIe siècle, voyageurs “arabes” et chroniques locales nous informent sur les principaux produits alimentaires et sur certains plats. Au XIXe et au début du XXe siècle, les voyageurs européens puis les premiers témoignages de la période coloniale évoquent l’animation commerciale de la ville et nous renseignent plus précisément sur certains mets. Enfin un recueil d’une cinquantaine de recettes, publié récemment par une habitante de Tombouctou, nous permet d’appréhender les traits caractéristiques de cette tradition culinaire. À travers ces différentes sources, c’est la cuisine des familles aisées de la ville qui est la mieux documentée. On dispose toutefois de quelques informations sur les habitudes alimentaires des autres milieux sociaux. On peut également “suivre” certaines préparations du XIVe siècle à nos jours, telles que le pain, le couscous ou le “dokhnou”.

Article intégralement accessible en version PDF (563 Kb) sur HAL-SHS.

Pensée magique et utopie dans la science. De l’incorporation à la «diète méditerranéenne»

Article de Claude Fischler paru dans les Cahiers de l’Ocha n°5 (Pensée magique et alimentation aujourd’hui, Claude Fischler, dir.) (1996), pp. 1-17

Dans le rapport anthropologique à l’alimentation, le principe d’incorporation joue un rôle fondamental : je suis, je deviens ce que je mange ; le mangeur est transformé analogiquement par le mangé, acquiert certaines de ses caractéristiques. Les travaux de Rozin et de Nemeroff nous montrent expérimentalement que ce principe d’incorporation, le « je suis ce que je mange », s’il relève de la « pensée magique », dépasse largement le débat anthropologique qui a fait rage depuis la fin du siècle dernier, puisqu’il concerne, non pas seulement un « stade » de la pensée ou de la civilisation mais, selon toute apparence, le fonctionnement mental humain en général. On en trouve en tout cas les manifestations ici et maintenant, dans les populations des pays développés (en particulier dans le régime dit « diète méditerranéenne »), en fait chez chacun d’entre nous.

Article intégralement accessible en version PDF sur HAL-SHS.

Développement de méthodes physico-chimiques pour le contrôle de la médication par l’Harpagophytum et l’Eleutherococcus, principes actifs utilisés en phytothérapie équine

Thèse de Cyril Colas, Ecole Polytechnique (Chimie), 19/12/2006, S. Bouchonnet (Dir.), 312 p.

Ce mémoire, consacré au développement de méthodes physico-chimiques pour le contrôle de la médication par l’Harpagophytum et l’Eleutherococcus, principes actifs utilisés en phytothérapie équine, est constitué de cinq chapitres. Le premier chapitre situe les enjeux des recherches entreprises ; il détaille le principe d’un contrôle de la méditation et le déroulement de celui-ci. Les propriétés, tant botaniques que pharmacologiques, des plantes étudiées, l’Harpagophytum procumbens et l’Eleutherococcus senticosus y sont également présentées. Dans le second chapitre, les différentes techniques expérimentales et les méthodes théoriques employées au cours de cette thèse sont détaillées. Cela concerne la préparation d’échantillon avec les différentes métho! des d’extraction, l’analyse par couplage chromatographie – spectrométrie de masse, et la modélisation moléculaire. Le troisième chapitre, dédié à l’étude de l’Harpagophytum, est présenté sur publications. L’extraction des principes actifs à partir des fluides biologiques équins, leur analyse par LC/MS, une approche théorique de la cationisation de l’harpagide par le sodium ainsi qu’une approche métabolique de l’harpagoside y sont développées. Une application directe de ces résultats à l’étude des éleutherocoques est présentée dans le chapitre 4, complétée par la recherche des principes actifs dans les compléments alimentaires. Le cinquième et dernier chapitre est un bilan des applications, des résultats et des perspectives qui découlent du travail effectué au cours de ces trois années.

Thèse intégralement accessible en version PDF (7,7 Mb) sur Pastel, le site de thèse en ligne de ParisTech.

Les aides américaines et européennes au coton : impacts sur le marché international et conséquences pour l’économie malienne

Thèse de Fousseini Traore, Université d’Auvergne – Clermont-Ferrand I (Sciences économiques), 12/07/2010, Catherine Araujo-Bonjean (Dir.), 226 p.

Les cours du coton connaissent une baisse soutenue depuis une dizaine d’années. Pour les pays en développement producteurs de coton, cette faiblesse des cours est le résultat des subventions accordées par les pays développés – et plus particulièrement les Etats-Unis et l’Union européenne – à leurs producteurs. Ces pays attendent en conséquence des gains substantiels en matière commerciale et de développement économique avec l’arrêt des subventions. La thèse a ainsi pour objet d’analyser l’effet des aides américaines et européennes sur le marché international du coton et leurs conséquences éventuelles sur l’économie du Mali, un des principaux producteurs de coton du continent africain et dont la filière connait actuellement de sérieuses difficultés.

Dans un premier temps, à l’aide de deux modèles économétriques, l’impact négatif et significatif des aides sur le prix mondial du coton est mis en évidence. Dans un second temps, à travers un modèle d’équilibre partiel dynamique reposant sur une analyse détaillée des aides américaines et européennes et prenant en compte la concurrence des synthétiques, les stocks et le risque de prix au niveau de l’offre, l’impact qu’aurait l’arrêt des subventions sur le prix mondial du coton est évalué entre 4 et 17%, selon les hypothèses retenues. Les conséquences de l’arrêt des aides sur l’économie malienne devraient être positives mais modestes tant en termes de croissance que d’amélioration des revenus. de l’économie, excepté celui des céréales, devraient bénéficier de l’effet d’entrainement de la branche coton. Aussi, l’Etat, la société cotonnière et les producteurs, les trois principaux acteurs de la filière, devraient voir leur situation s’améliorer simultanément. Le message central de la thèse est que l’arrêt des subventions ne saurait être la panacée pour les difficultés que rencontrent les filières actuellement. Les problématiques de la productivité et celle du change (parité euro/dollar) sont tout aussi importantes pour l’avenir des filières des pays de la Zone Franc, en particulier celle du Mali.

Thèse intégralement accessible en version PDF (1.8 MB) sur HAL-SHS.

Phytoremédiation par Jardins Filtrants d’un sol pollué par des métaux lourds. Approche de la phytoremédiation dans des casiers végétalisés par des plantes de milieux humides et étude des mécanismes de remobilisation/immobilisation du zinc et du cuivre

Thèse de Tatiana Kirpichtchikova, Université Joseph-Fourier – Grenoble I (Sciences de la Terre, de l’Univers et de l’Environnement), 29/09/2009, Alain Manceau (Dir.), 279 p.

De nombreuses études en phytoremédiation visent à accroître le prélèvement des métaux par les plantes pour dépolluer les sols. Ce travail porte sur une nouvelle approche de phytoremédiation appelée Jardins Filtrants qui consiste à traiter le sol dans des casiers végétalisés par des plantes de milieux humides (Phragmites australis, Iris pseudacorus et Salix viminalis) et irrigués de manière à imposer une alternance des conditions hydromorphie-assèchement afin d’accroître la solubilité de métaux dans le sol et de les extraire par lixiviation. Dans une expérience pilote de seize mois, cette approche a été appliquée pour la phytoremédiation de Zn, Cu et Pb d’un sol agricole fortement pollué par l’épandage d’eaux usées. Le bilan de masse des métaux dans les systèmes sol-plante a montré que seule une quantité non-significative des métaux a été accumulée dans la biomasse des plantes. Une quantité importante des métaux a été éliminée du sol via la phytolixiviation résultant de l’interaction de l’activité racinaire avec l’irrigation. Un traitement chimique complémentaire au citrate permet d’augmenter la lixiviation. Les mécanismes de transformations de Zn et Cu impliqués dans cette phytoremédiation ont été mis en évidence par combinaison des techniques analytiques sur la source synchrotron à micro- (µXRF, µXRD, µEXAFS) et macro-échelle (EXAFS) couplée aux analyses chimiques, permettant d’identifier et quantifier les formes des métaux dans le sol. Dans le sol initial, le zinc a été majoritairement sous formes de minéraux secondaires (Zn-ferrihydrite, Zn-phosphate et Zn-phyllosilicate modélisé par Zn-kérolite) et le cuivre a été associé essentiellement à la matière organique. L’activité racinaire dans les conditions hydromorphie-assèchement a profondément modifié la spéciation des métaux. Zn-ferrihydrite, une des formes majoritaires de Zn, a été complètement dissoute. La dissolution réductive de cet oxyhydroxyde de fer, favorisée par les conditions d’hydromorphie, a induit la lixiviation de Zn. Une partie de Zn solubilisé a coprécipité avec Fe en un autre oxyhydroxyde de fer zincifère moins soluble, Zn-goethite substituée, dans les conditions oxydantes et avec assistance des racines formant des plaques de goethite en défense contre l’excès de métaux dissous. De plus, les nouvelles particules de Zn métallique et ZnO ont été découvertes dans la rhizosphère, en faible quantité. L’oxydation de la matière organique a induit l’excès de Cu cationique toxique. En réponse au stress oxydant, ce cuivre a été biotransformé par les racines en association avec des mycorhizes en nanoparticules de Cu métallique, en quantité importante. Ce nouveau mode de biominéralisation peut être typique des plantes de milieux humides. Cette nouvelle voie de phytoremédiation implique principalement la phytolixiviation induisant la solubilisation des métaux et leur lixiviation et la phytotransformation, due pour une part à la phytodétoxication, conduisant la conversion des métaux toxiques en formes peu solubles.

Thèse intégralement accessible en version PDF (28,5Mb) sur TEL.

Etude fonctionnelle et structurale du régulateur floral LEAFY d’Arabidopsis thaliana

Thèse de Cécile Hamès, Université Joseph-Fourier – Grenoble I (Chimie et sciences du vivant), 26/09/2008, François Parcy (Dir.), 192 p.

La protéine LEAFY (LFY) est un régulateur clé du développement floral. L’augmentation graduelle de son expression conduit à la transition florale, phénomène très soudain, suite à laquelle LFY intervient dans la mise en place des organes floraux par l’activation directe de l’expression des gènes homéotiques APETALA1 (AP1), APETALA3, et AGAMOUS (AG). Selon des théories de l’évolution, LFY serait également l’acteur majeur à l’origine de la naissance des plantes à fleur (Angiospermes). Malgré l’abondance des données génétiques concernant LFY, les bases moléculaires relatives au mode d’action de la protéine sont très peu comprises. LFY est l’unique membre d’une famille de facteur de transcription spécifique au règne végétal et sa séquence ne ressemble à nulle autre. Mon travail de thèse, marqué par l’obtention de la structure 3-D du domaine de liaison à l’ADN de LFY (LFY-C) d’Arabidopsis thaliana lié aux séquences régulatrices d’AP1 et AG, fournit une importante source de compréhension du mode de fonctionnement de cette protéine originale. LFY-C adopte un nouveau repliement globulaire à 7 hélices ! et forme des contacts base-spécifiques avec le petit et le grand sillon de l’ADN. Après avoir montré par approche biochimique classique que LFY-C liait l’ADN de façon coopérative sous forme de dimère, la structure du complexe LFY-C/ADN révèle que ce mécanisme résulte de contacts entre les monomères de LFY-C mettant en jeu deux résidus basiques. Cette coopérativité pourrait en partie expliquer la capacité de LFY à déclencher la transition florale. Les données cristallographiques indiquent également des similarités structurales inattendues avec les protéines HTH comme les facteurs de transcription à homéodomaine ou paired impliqués dans le développement animal. Enfin, en permettant d’étudier sous un nouvel angle les orthologues de LFY tout au long du règne végétal, ces données alimentent l’espoir de parvenir un jour à comprendre comment sont apparues les fleurs sur Terre.

Thèse intégralement accessible en version PDF (34,5 Mb) sur TEL.