ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de juin, 2010

Relations entre les diversités alpha, béta et gamma de la flore vasculaire de fragments forestiers inclus dans des paysages agricoles contrastés

Thèse de Aurélien Jamoneau, Université de Picardie Jules Verne (Biologie végétale), 19/02/2010, Guillaume Decocq (Dir.)

Bien que la fragmentation des habitats soit reconnue comme une cause majeure de l’érosion de la biodiversité, les mécanismes sous-jacents sont encore mal connus. L’objectif de ce travail est d’identifier les principaux facteurs qui contrôlent l’organisation des communautés végétales forestières, aux différentes échelles spatiales et temporelles et dans différents contextes paysagers. Les espèces végétales vasculaires ont été inventoriées dans les fragments forestiers présents dans 9 fenêtres de 5x5km situées en Picardie (France). Une analyse régressive du paysage a d’abord permis de reconstituer l’histoire du couvert forestier pendant les trois derniers siècles, révélant que le paysage forestier picard était dans une dynamique de fragmentation croissante. L’influence des facteurs locaux, paysagers et historiques sur la richesse et la composition forestière des fragments a ensuite été analysée à l’aide de modèles d’équations structurales ; si la taille du fragment est le principal déterminant, les facteurs paysagers et historiques influencent fortement la présence des espèces herbacées forestières sensu stricto. Une analyse en coordonnées principales de matrices de voisinage couplée à une analyse de redondance avec partition de la variance a permis d’analyser la diversité inter-fragments le long du gradient paysager. Celle-ci apparaît contrôlée par les facteurs locaux en système ancien et peu fragmenté (partition des niches), tandis que la configuration spatiale du paysage devient essentielle en système fragmenté et/ou récent (neutralisme). Une approche «pseudo-diachronique» étudiant l’assemblage des espèces le long du gradient temporel a précisé l’importance relative des mécanismes neutralistes et de partition des niches dans les assemblages locaux des espèces. Une approche plus fine, utilisant des relevés emboîtés, a ensuite montré qu’à une échelle stationnelle (1000m2), la diversité végétale était surtout sous la double dépendance du réservoir régional d’espèces et des caractéristiques édaphiques, tandis qu’à une échelle très locale (1m2), la compétition interspécifique devenait significative. Une étude expérimentale a finalement confirmé que la présence des espèces de forêt ancienne était limitée par leurs faibles capacités de dispersion, alors que celle des espèces de forêt récente apparaissaient fortement limitée par les conditions d’habitat. En précisant l’influence multiscalaire et interactive des facteurs locaux, paysagers, historiques et spatiaux, ce travail contribue à une meilleure connaissance de l’organisation des communautés végétales forestières locales et de leur fonctionnement en métacommunauté.

Accessible intégralement en version PDF (21.8 MB) sur TEL.

Le patrimoine bâti et naturel au regard de la question du développement durable et du lien social. Ressources, pratiques, représentations

Appel à communication, Université de Rouen, 2011

Aujourd’hui, les chercheurs en sciences humaines mettent l’accent sur la flexibilité généralisée des hommes et des choses. Sans minorer l’importance de cette dimension dans les sociétés contemporaines, c’est l’interaction entre l’enracinement dans un lieu et les effets de la mobilité dans des contextes locaux qui nous intéresse.
Nous vivons dans un monde de plus en plus « globalisé » où l’interdépendance des phénomènes sociaux produit des réalités sociales dynamiques soumises à des variations constantes. L’importance des flux culturels, économiques, migratoires tendent, en effet, à dissoudre ou à rendre plus ténus les contours d’une société. Mais peut-on aller jusqu’à augurer la fin de la société comme entité autorégulée (J. Urry, 2005) laissant place à des formes sociales « liquifiée » ou « fluidifiée » (S. Bauman, 2005) ? Si la réponse n’est pas évidente, il n’en reste pas moins que la localité n’échappe pas aux dynamiques globales de transformation des sociétés à l’échelle planétaire. Dans cette perspective, l’intérêt du développement durable serait de mettre en lumière d’une part, l’importance des singularités locales dans les objectifs du développement, et d’autre part, la mise en réseaux des actions de développement à une échelle plus large en les inscrivant dans une temporalité longue.
Loin de considérer les cultures locales comme une forme de repli ou de résistance au changement, cette problématique les place en situation d’interaction dans laquelle la globalisation « réveille le local » (A. Bourdin, 2000) en réinterrogeant les effets de la proximité. La transformation des formes spatiales (architecture et paysage) en lieux du patrimoine supposent, en même temps que la production du lieu, une articulation entre le social et l’environnement naturel et bâti dans lequel se développent des modes spécifiques d’existence grâce à une construction réflexive organisée en fonction des risques et des options contingentes (A. Giddens, 1994). Si l’identification des espaces (localisation, qualification, délimitation) est étroitement liée aux caractéristiques sociales et culturelles de ses habitants, cette rencontre du social et du spatial prend des formes singulières et reflète la pluralité des façons d’être et de vivre sur un même territoire. La question est de savoir dans quelle mesure les politiques locales (aménagement, requalification, équipements, valorisation, environnement…) participent à un développement ancré dans les spécificités territoriales et quelle est la place des ressources locales (humaines et matérielles) dans ce dispositif ? Comment inscrire la durabilité dans les pratiques et faire en sorte que les habitants s’emparent de cet outil sur le long terme ?
La recomposition perpétuelle des formes sociales et spatiales mettent à mal l’idée selon laquelle le territoire serait le résultat exclusif d’un processus d’urbanisation (F. Choay, 1980) même si l’urbanisme s’inscrit indéniablement dans un projet global de société. Cela est d’autant plus vrai que la vie sociale laisse remonter à la surface ce que le projet urbain en a exclu. C’est pourquoi en matière d’aménagement, le « désordre » peut être considéré comme une ressource (R. Sennett, 2000) et son bon usage permettrait d’écarter certaines parties aveugles de l’action urbaine. La culture locale et son corollaire le sentiment d’appartenance n’ont de sens que lorsque les liens de proximité sont significatifs et que les individus ont véritablement une existence sociale. Si nous admettons que la territorialité est un rapport entre les hommes avant d’être un attachement à un lieu, les limites physiques du territoire tirent leur valeur de ce recouvrement entre un espace et une appartenance par lequel l’intérieur et l’extérieur restent distincts (M. Roncayolo, 1999).
Ce constat, nous amène à envisager les actions de développement local dans une démarche interactive mettant à contribution les populations du territoire considéré. Le projet territorial devient, à ce titre, un instrument d’affirmation et/ou de restauration d’un système de valeurs lié à une identité locale « partagée ». Or, les moyens engagés dans des actions de désenclavement de certaines catégories sociales, ne suffisent pas à enrayer ou du moins à réduire les fragmentations qui, en perdurant, confirment non seulement le morcellement du système de référence mais aussi le risque permanent de cloisonnement des différences et paradoxalement, une marginalisation progressive des valeurs locales. Le changement d’échelle peut-il à lui seul, changer les politiques  (E. Négrier, 2005) et permet-il d’identifier le lien que les acteurs de la politique publique entretiennent avec le territoire ?
C’est dans cette perspective que nous avons choisi d’interroger le développement durable local au travers du patrimoine bâti et naturel. Par cette entrée spécifique, nous soulevons la question de la place des cultures et des sociétés locales dans la définition de nouvelles valeurs capables d’animer la durabilité des territoires. Plus précisément, quelle place occupe le patrimoine (sous toutes ses formes) dans les problématiques d’environnement et de développement durable ? Toutes ces notions sont polysémiques et soulèvent de nombreuses questions sur le plan théorique et empirique. Mais c’est là où réside l’intérêt du débat entre chercheurs et praticiens.
L’objectif du colloque est d’interroger le développement durable à partir des formes sociales concrètes dans lesquelles s’exercent les enjeux multiples (sociaux, culturels, politiques, économiques) de la diversité territoriale. Nous avons dégagé trois dimensions du rapport au territoire qui, à notre avis, constituent des composantes majeures du développement durable : le vécu quotidien, les espaces du sensible, les temporalités. Ces trois dimensions contribuent à rendre le développement durable plus proche des populations et à répondre à un des défis majeurs des acteurs locaux, à savoir l’adaptation des actions aux attentes diversifiées des populations d’un territoire.
Ce colloque offre l’opportunité d’une rencontre entre universitaires et acteurs du territoire autour de la thématique du patrimoine et son inscription dans le processus du développement durable. Il s’agit de croiser des compétences sur des questions telles que la place et le rôle du paysage dans la valorisation des lieux, le patrimoine et l’identité des territoires, l’insertion sociale par le patrimoine, l’importance du social dans le rapport à l’environnement et autres questions sur le vaste champ du développement durable.
Plusieurs thèmes peuvent être abordés dans une approche transversale :
1-     Patrimoine naturel et bâti comme ressource du développement durable des territoires : explorer le patrimoine comme un moyen non négligeable permettant d’inscrire le développement dans la longue durée.
2-     Patrimoine et développement durable dans la construction de l’identité territoriale : étudier les processus à l’œuvre dans la formation des identités collectives en rapport avec le patrimoine et l’histoire locale.
3-     Politiques publiques et mise en tourisme des territoires : interroger les processus de patrimonialisation et leurs effets sur le développement durable.
4-     Types de relations sociales en rapport avec la valorisation du patrimoine et les processus de mise en œuvre du développement durable : sociabilités, conflits, concurrences…

Nous attendons des propositions de communication de la part de chercheurs de différentes disciplines des Sciences Humaines et Sociales (sociologie, géographie, anthropologie, histoire, science politique, architecture et urbanisme…), mais aussi de la part des acteurs de l’action publique. Nous accorderons une attention particulière aux communications traitant d’étude de cas sur la place du patrimoine dans le développement durable.

Contact et calendrier :

Les propositions de communication d’une page ainsi qu’un court CV scientifique de l’auteur ou des auteurs doivent être envoyées par courrier électronique avant le 30 septembre 2010 à Nassima DRIS : nassima.dris@univ-rouen.fr

Les textes des propositions retenues devront nous parvenir avant le 15 décembre 2011. Les textes comporteront 40 000 signes maximum (texte, notes, annexes et bibliographie). Une publication des actes est prévue en 2011.

Le paysage comme lieu de transfert des pratiques artistiques entre l’Irlande, l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne de 1968 à nos jours

Appel à communication pour ce colloque international, Centre culturel irlandais, Paris, 25 novembre 2010

Le paysage serait-il au cœur des échanges entre les artistes intéressés par la représentation de l’Irlande et le Royaume-Uni au-delà de la période 1968-1998 ? Comment les artistes, les galeristes, les institutions et les œuvres d’art contemporaines s’approprient et interrogent-ils la représentation du paysage au Royaume-Uni et en Irlande ?

Si la question du paysage irlandais est parfois posée par les spécialistes « irlandistes » en France (Conférence Ireland, Landscape, Nantes, Mars 2010 ) et en Grande-Bretagne, elle est bien souvent traitée dans le cadre de la création littéraire, ou bien dans la tradition picturale des années 1950 ou encore associée à l’émergence du féminin comme territoire dans l’art visuel irlandais depuis le début du XXe siècle en opposition au paysage anglais . Ce colloque se propose d’interroger les points de vue des historiens de l’art, anglicistes, irlandistes sur les transferts culturels entre l’Irlande et la Grande-Bretagne à l’époque contemporaine. Le paysage sera considéré dans son acception la plus large – du traditionnel au conceptuel. La situation historique de l’Irlande du Nord ne sera pas le point nodal de cette journée, mais l’une des possibilités de réponses concernant le va-et-vient entre culture irlandaise et culture britannique.

Envoyer un résumé de 500 mots et un CV aux organisatrices avant le 30 septembre 2010.

Contacts

– Charlotte Gould : c.gould@wanadoo.fr

– Caroline Hancock (Independent Curator) : carolinehancock8@gmail.com

– Sophie Orlando (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : so.orlando@gmail.com

Plantes médicinales, plantes mellifères, plantes utiles et nuisibles

Ouvrage de Gaston Bonnier, Paris : Librairie Générale de l’enseignement, 1957, 64 pl., 372 fig.


Ouvrage (intégralement ?) accessible en mode image et texte sur le site Curiosit.com où l’on peut effectuer une recherche par numéro de planche ou par familles.


L’entreprise face à la biodiversité : le cas de l’entreprise brésilienne Natura et son partenariat avec les extractivistes de la «réserve de développement durable du fleuve Iratapuru» dans la région de Jarí, Amazonie brésilienne

Communication de colloque de Anna Greissing, François-Michel Le Tourneau, Florent Kohler, José-Reindaldo Alves Picanço. « Entreprises et Environnement, quels enjeux pour le développement durable ? » Colloque international tenu à l’Université Paris X- Nanterre, Université de Nanterre, Paris : France (2008), 9 p.

La «réserve de développement durable» du fleuve Iratapuru est exploitée par la communauté de São Francisco. Du fait de ses efforts pour s’organiser et pour améliorer les conditions de vie de ses habitants, ce village est petit à petit devenu un symbole des efforts de développement réalisés auprès des «communautés traditionnelles» amazoniennes, en particulier à partir de 2004, suite à l’établissement novateur d’un partenariat avec l’entreprise de cosmétiques Natura. Associant les intérêts économiques de l’entreprise et ceux de la communauté, cette relation est riche de conséquences sur le plan géographique, mais pose également des questions, sur la légitimité de chaque entité dans la gestion de la RDS. Pour faire le point sur ces questions, nous proposons dans un premier temps une présentation du village de São Francisco et de sa principale activité économique, la collecte de la noix du Brésil. Nous montrons ensuite comment le partenariat avec la Natura est l’ultime étape d’un cheminement déjà ancien parmi de très nombreux modèles de développement, et en quoi il diffère des expériences précédentes. Nous verrons enfin que sous le vernis d’une exploitation économique raisonnée et d’un partenariat tourné vers la durabilité, de nombreuses questions se posent sur les relations avec la Natura, tant avec la coopérative des producteurs, qui est son partenaire économique, qu’avec la communauté locale, qui est l’objet de son investissement en terme d’image.


Accessible intégralement en version PDF (103 Kb) sur HAL-SHS.

La pharmacopée traditionnelle des Iroquois : une étude ethnohistorique

Article de Gérard L. Fortin paru dans Anthropologie et Sociétés, Volume 2, Numéro 3, 1978, Pages 117-138

Accessible intégralement en version PDF sur Erudit.

Monographie ou Histoire naturelle du genre groseillier

(fin du titre) :contenant la description, l’histoire, la culture et les usages de toutes les groseilles connues.

Ouvrage de Claude-Antoine Thory, P. Dufart, 1829, 152 p.


Consultable intégralement et téléchargeable (8,5Mb) sur Google Books