ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Archives de mai, 2010

Les territoires sahariens au XXIème siècle

Appel à communication, Oran (Algérie), 2010

Cette rencontre scientifique s’inscrit dans le prolongement dun premier colloque international, tenu en juin 2009 à Besançon, intitulé « Le Sahara et ses marges : enjeux et perspectives de territoires en mutation » qui avait réuni une cinquantaine de chercheurs d’Afrique et d’Europe autour de préoccupations scientifiques analysant les évolutions et dynamiques des territoires sahariens. Dans ce cheminement, ce second colloque vient clôturer le programme interuniversitaire de coopération PHC-Tassili n° 07.MDU.710 liant le CRASC et le Laboratoire ThéMA, portant sur le Sud-ouest algérien.
À l’image de la précédente rencontre, il s’agit de penser l’espace saharien comme un ensemble s’étendant de l’Océan atlantique à la Mer rouge et incluant ses bordures sahéliennes et steppiques, et le percevoir comme un désert qui met en relation le Monde africain et le Monde méditerranéen, en gardant à l’esprit son rôle géostratégique dans un monde en profonde transformation. Enfin, les thématiques d’approche ne se limitent pas aux seules questions d’aménagement du territoire et concernent par exemple, celles des pratiques culturelles, des représentations sociales, comme des aspects environnementaux…
En raison du retard accumulé en matière de développement par les pays sahariens, la première tâche du ressort des Etats, depuis les indépendances, a été d’engager des actions d’aménagement, plus ou moins importantes, de développement économique, de contrôle des territoires, de consolidation des institutions locales, de réalisations d’équipements collectifs et d’infrastructures de relation … Après 50 ans d’indépendance, les décisions des pouvoirs politiques centraux ont produit, localement, des effets d’entraînement dans des espaces pauvres et sous-équipés et parfois, bien peuplés. En dépit des disparités spatiales, c’est la formidable croissance des villes sahariennes à travers ses différentes composantes (étalement, diversité des activités, habitat, vie sociale, échanges…) qu’il s’agit d’analyser à travers des études de cas, tout comme celles des transformations du monde rural (palmeraies, exploitations nées de la mise en valeur agricole, habitat rural…) ; enfin, l’intérêt doit être aussi porté sur le développement régional à travers la réalisation de grandes actions structurelles  publiques, voire privées, à la concrétisation de grands travaux d’infrastructures de base (routes, aéroports, transferts d’eau…) et de mise en valeur de ressources (pétrole, gaz, minerais…). Tous ces changements démographiques, économiques et sociaux ont exercé de fortes pressions sur les divers territoires ruraux et urbains dont il est fort utile de mesurer, aujourd’hui, les impacts environnementaux dans un milieu aride fragile.

Axes thématiques privilégiés :

– Dynamiques urbaines : processus d’urbanisation, habitat, nouvelles formes d’activités tertiaires et secondaires, gestion urbaine dans les villes sahariennes, formes d’urbanité… ;

–  Mutations rurales : agriculture oasienne, mise en valeur agricole, infrastructures rurales, transformation des pratiques agricoles, ruralité, poids de l’économie rurale, liens entre les mondes ruraux et urbains… ;

– Valorisation des ressources du sol et du sous-sol : mise en valeur, impacts locaux- régionaux et nationaux sur la société, production, emploi, revenus… ;

– Développement local au Sahara : actions publiques de développement, acteurs institutionnels et privés, réactions des aménagés, conflits, gouvernance… ;

– Développement et environnement : risques naturels, protection des sols et des eaux, lutte contre la désertification, pratiques et actions conservatoires… ;

– Réseaux, connectivités et économie des réseaux : réseaux commerciaux, réseaux religieux, réseaux socioculturels et réseaux de pouvoir ; impacts des infrastructures de transport sur l’organisation régionale ou locale… ;

– Identité(s), culture(s), patrimoine culturel matériel, patrimoine culturel immatériel, pratiques et représentations culturelles… ;

– Paysages et formes anciennes et récentes du tourisme saharien… ;

– Migrations et reconfigurations spatiales : impacts des migrations sur les villes sahariennes, changement des trajectoires spatiales et des étapes de migration, fixation, apports… ;

– Géopolitique du Sahara et de ses marges : conflits territoriaux, conflits pour les ressources, conflits identitaires, question des frontières sahariennes, échanges formels et informels, concertations régionales, dialogues…

Disciplines privilégiées (liste non exhaustive) : Géographie, Histoire, Sociologie, Anthropologie, Urbanisme,  Architecture, Économie, Géopolitique, Démographie, Droit, Littérature, Environnement, Sciences politiques, Agronomie…

Aire géographique concernée : Sahara du Maghreb au Sahel, de l’Atlantique à la Mer Rouge

Date limite d’envoi des propositions de communication : 15 juillet 2010

Contact colloquesahara@gmail.com

De mirabilibus mundi : vers une éthique et une esthétique environnementales

Article de Hicham-Stéphane Afeissa paru dans la revue électronique des sciences de l’environnement Vertigo, vol. 10, n°1 (avril 2010)

Dans le cadre d’un dossier « éthique et environnement », cet article s’interroge sur les relations que peuvent soutenir deux types de discours ou deux types d’approche de la nature : d’une part celle qui fait de l’environnement naturel un objet de préoccupation morale, et d’autre part celle qui fait de la nature un objet d’appréciation esthétique. De quelle manière une esthétique de la nature peut-elle prétendre compléter ou fonder une éthique de l’environnement ? Comment peut-on passer de la considération de la beauté de la nature à l’idée selon laquelle nous aurions des devoirs à l’endroit des entités du monde naturel ?

Le croisement entre une éthique et une esthétique environnementales est chose faite depuis plus de 20 ans dans les pays anglo-saxons, où se sont formés deux courants philosophiques qui sont assez rapidement entrés en conjonction l’un avec l’autre : d’une part un courant d’éthique environnementale, et d’autre part un courant d’esthétique naturaliste, que l’on appelle aussi « esthétique environnementale ou « esthétique cognitiviste ».

Les modalités selon lesquelles se sont effectuées cette rencontre sont très complexes, et ont donné lieu (et donnent encore lieu) à de nombreux débats. Cet article se fixe pour objectif d’examiner ce que certains éthiciens de l’environnement sont allés chercher du côté d’une esthétique cognitiviste de l’environnement, en resserrant l’attention autour de l’une des figures majeures de chaque domaine de recherche considéré : Holmes Rolston, pour l’éthique environnementale, et Allen Carlson, pour l’esthétique cognitiviste.

Accessible intégralement sur le site de la revue.

Une éthique du paysage est-elle souhaitable ?

Article de Anne Sgard paru dans la revue électronique des sciences de l’environnement Vertigo, vol. 10, n°1 (avril 2010), pp. 1-11

Dans le cadre d’un dossier « éthique et environnement », cet article s’interroge sur la place de la problématique du paysage dans la réflexion éthique et sur sa pertinence. Il explore les inspirations possibles entre éthique, esthétique et développement durable pour proposer quelques pistes.

«Le paysage est indissolublement, comme tout espace public, une question politique et sensible» écrit  J.M. Besse. Il ne se résume plus à des « sites », naturels ou ruraux, depuis longtemps codifiés et signalés dans les  guides, il a conquis l’ordinaire, le banal, le quotidien, il est dynamique, modifié constamment en fonction de  notre regard ; ce paysage, objet politique, appartient à tous, chacun a droit de regard et chacun par ses actes  intervient sur la matérialité du paysage de tous. L’impossibilité à identifier des normes applicables au paysage a été pointée depuis longtemps: qui a légitimité à  dire ce que doit être le paysage ? Dès lors, on observe un récurrent appel à l’éthique. Une «éthique du paysage»  est-elle souhaitable ? Elle est indispensable dans la mesure où le périmètre et la définition du débat sur le  commun déterminent qui a droit de parole ; sans exigence éthique le paysage peut servir l’exclusion, le repli, la  ségrégation. Une éthique du paysage est-elle possible ? Dans ce cas elle ne peut passer par des normes et des  préconisations d’intervention sur la matérialité du paysage ; elle trouve son champ d’action dans la  problématique de la participation et la définition collective de ce que nous avons en commun, dont nous sommes  responsables et que nous voulons transmettre. Derrière le paysage consensuel, vitrine de projet de territoire, peut se révéler objet de débat dérangeant quand on pose la question «pour qui ?».

Accessible intégralement en version PDF sur HAL-SHS et sur le site de la revue.

La gestion des pâtures de lichen au cours de la régénération forestière: Associer les savoirs locaux des éleveurs de rennes Sami et la sylviculture

Thèse (en anglais) de Samuel Roturier, Museum national d’histoire naturelle – MNHN PARIS (Biologie des populations et écologie), 18/12/2009, Marie Roué (Dir.), 69 p.

En Suède boréale, les techniques de régénération forestière utilisées par la foresterie moderne, notamment les préparations de sols précédant la plantation, endommagent les pâtures de lichen terricoles (Cladina spp.), et sont devenues une source de conflit entre forestiers et éleveurs de rennes Sami. L’objet de cette thèse est d’étudier des stratégies de régénération forestière pouvant réduire les perturbations et promouvoir le ré-établissement du lichen des rennes. Les savoirs et les pratiques des éleveurs Sami sur la ressource en lichen sont également analysés. Les effets de préparations de sol moins perturbatrices sur le ré-établissement du tapis de lichen, le pâturage des rennes et l’établissement de plants de Pinus sylvestris furent étudiés. L’utilisation de l’HuMinMix, technique mélangeant le couvert de lichen avec la couche d’humus et le sol minéral, est favorable à la régénération du tapis de lichen par comparaison aux préparations de sols conventionnelles. Cependant, l’établissement des jeunes pins est supérieur suivant une préparation exposant seulement le sol minéral. L’occurrence de dégâts mécaniques, possiblement causés par le piétinement des rennes, est un argument pour éviter la plantation dans les parcelles fortement fréquentées par les rennes, au profit de la régénération naturelle ou de l’ensemencement afin d’éviter les conflits avec les propriétaires forestiers. La régénération complète du tapis de lichen suivant la préparation de sol HuMinMix est estimée à une dizaine d’année comparé à plus de cinquante ans suivant les techniques conventionnelles. Les possibilités de dispersion artificielle du lichen, par exemple dans des parcelles fortement endommagées par les préparations de sol, sont également étudiées. La nature du substrat s’avère être un facteur clé pour l’établissement du lichen dispersé. Le sol minéral se révèle être un substrat ne permettant pas l’immobilisation des fragments de lichen, alors que les substrats organiques sont favorables à l’établissement et à la croissance du lichen. Au cours du suivi de 17 parcelles en régénération, toutes les espèces du genre Cladina furent observées colonisant naturellement les sols scarifiés. Néanmois la présence d’espèces de lichen pionnières semble favoriser l’établissement des lichens du genre Cladina. Toutes les méthodes de dispersion testées résultèrent en un établissement effectif du lichen. Néanmoins l’établissement suivant la transplantation de thalles lichéniques entiers, non-fragmentés, fût sévèrement réduit par le pâturage des rennes, alors que l’établissement à partir de thalles fragmentés le fût beaucoup moins. Une étude ethnolinguistique permit également de démontrer que, contrairement à son usage dans la culture occidentale où le mot ‘pâture’ est associé à une communauté végétale spécifique, l’usage par les éleveurs Sami du même mot (guohtun en Sami) inclut l’effet de la neige sur les pâtures de lichen et leur pâturage par les rennes. Les éleveurs de rennes Samis utilisent leurs savoirs sur l’influence de la végétation forestière sur les conditions de neige, et donc les conditions de pâturage, pour élaborer des stratégies de pâturage au cours de l’hiver. C’est pourquoi il est nécessaire d’intégrer le savoir des éleveurs Sami sur les pâturages hivernaux en tenant compte des conséquences de la régénération forestière sur le développement et la structure du peuplement, afin d’améliorer la compréhension des effets de la production forestière sur le pâturage hivernal des rennes, et pour développer des stratégies qui satisfassent les gestionnaires forestiers et les éleveurs de rennes.


Accessible intégralement en version PDF sur HAL-SHS.

Crédits photographiques : © Jerry Persall

Nutrition azotée des associations Pois-Blé d’hiver (Pisum sativum L. – Triticum aestivum L.) : analyse, modélisation et propositions de stratégies de gestion

Thèse de Christophe Naudin, Université d’Angers (Agronomie),10/12/2009, Marie-Hélène Jeuffroy (Dir.), 176 p.

Avec l’émergence des préoccupations d’économie d’intrants, de préservation de l’environnement et de la biodiversité, les associations, qui consistent en la culture d’au moins deux espèces différentes sur la même surface pendant une période significative de leur développement, présentent un regain d’intérêt en Europe. Ces associations pourraient avoir des applications intéressantes pour le développement de cultures « multiservices » à moindre niveau d’intrants (azote particulièrement). Des travaux antérieurs ont montré que les performances des associations céréale-légumineuse dépendent fortement du niveau d’azote minéral du sol. Cependant on ne dispose pas à l’heure actuelle de références suffisantes pour piloter la fertilisation azotée de l’association en fonction de différents objectifs de production. Les objectifs de la thèse étaient

– d’utiliser les connaissances précédemment acquises sur le fonctionnement dynamique d’une association pois-blé d’hiver pour étudier la pertinence de la fertilisation azotée comme levier pour orienter les performances des associations pois-blé vers différents objectifs de production en agriculture conventionnelle

– d’approfondir les connaissances sur le fonctionnement de l’association en réponse à différentes dynamiques de disponibilité en azote (partage des ressources azotées ; inhibition et réversibilité de la fixation symbiotique)

– d’apporter des pistes vers des règles de décision pour la gestion la fertilisation azotée de ces associations pour différents objectifs de production. Nos expérimentations de plein champ démontrent que la fertilisation azotée est un levier efficace pour orienter les performances finales notamment la proportion de chaque espèce dans le mélange, critère aujourd’hui mal maîtrisé. Un apport d’azote favorise la croissance de la céréale et pénalise celle de la légumineuse. La céréale apparaît plus compétitive que la légumineuse pour les ressources d’azote minéral pour une date d’apport intervenant avant début du remplissage des grains du pois.


Accessible intégralement en version PDF sur TEL.

Crédits photographiques : © Stanislav Krejčík

Efficacité technique, productivité et compétitivité des principaux pays producteurs de coton

Thèse de Nodjitidje Djimasra, Université d’Orléans (Sciences Economiques), 18/12/2009, Xavier Galiegue (Dir.), 429 p.

Cette thèse étudie l’efficacité technique, la productivité et la compétitivité des principaux pays producteurs de coton. Un premier chapitre décrit la compétitivité internationale de façon générale et les stratégies commerciales pratiquées. Les structures productives en Afrique Subsaharienne sont traitées au deuxième chapitre, car considérées comme les plus faibles. Le secteur du coton étant retenu comme cadre d’étude au troisième chapitre. Une étude économétrique est faite afin de mettre en exergue les déterminants de la performance à l’exportation du coton. Les deux derniers chapitres portent sur l’analyse et la mesure de l’efficacité technique et la productivité globale des facteurs tant théoriques qu’empiriques. La méthode d’enveloppement des données est mise en évidence suivie d’une analyse économétrique. Cette étude est réalisée afin de mettre en place une politique de production efficace et de compétitivité. A cette fin, elle propose un nouveau visage organisationnel en termes d’implications de politiques économiques pour contribuer à revitaliser le secteur cotonnier considéré comme moteur du développement économique en Afrique.

Accessible intégralement en version PDF sur TEL.

Structure et dynamique de la diversité d’une plante cultivée à multiplication végétative : le cas des ignames au Bénin (Dioscorea sp.)

Thèse de Nora Scarcelli, Université Montpellier II – Sciences et Techniques du Languedoc (Agronomie), 22/11/2005, Serge Hamon (Dir.), 229 p.

Nous avons étudié comment les pratiques paysannes contribuent à la dynamique et la structuration de la diversité d’une plante cultivée à multiplication végétative, l’igname (Dioscorea sp.) au Bénin. Dans un premier temps, nous avons montré la diploïdie des espèces étudiées (D. rotundata, D. abyssinica et D. praehensilis). Nous avons mis en évidence des flux de gènes entre les compartiments sauvage (D. abyssinica et D. praehensilis) et cultivé (D. rotundata). Tout d’abord, nous avons montré l’existence et la viabilité d’hybrides interspécifiques. Puis, nous avons montré qu’à travers la pratique de l’ennoblissement, certains paysans créent de nouvelles variétés à partir d’individus sauvages, d’hybrides interspécifiques et probablement à partir d’hybrides inter-variétaux. Les paysans utilisent donc la reproduction sexuée des ignames sauvages et cultivées et participent ainsi à maintenir les processus évolutifs chez cette plante à multiplication végétative. Nous avons ensuite analysé la diversité du compartiment cultivé et son organisation à l’échelle d’un village. Nos résultats suggèrent que les variétés d’ignames ont été créées à partir de produits de reproduction sexuée. Les variétés sont polyclonales mais homogènes génétiquement. En effet, cette diversité s’interprète comme des mutants dérivant d’un même génotype. Enfin, les agriculteurs cultivent les mêmes groupes de variétés et échangent des tubercules entre eux, ce qui conduit à une absence de différenciation entre les pools génétiques cultivés par les différents paysans.

Accessible intégralement en version PDF sur TEL.