ETHNOBOTANIQUE

Une dilettante veille sur ce sujet

Les voies suivies par le chanvre dans sa conquête du Maghreb

Article de Jamal Bellakhdar paru dans la Revue Hespéris-Tamud, volume LII, fascicule 2, 2017

Donnant suite à un précédent article qui faisait le point, dans cette même revue, des connaissances actuelles sur l’introduction du chanvre au Maghreb, l’auteur revient dans la présente note sur les voies et modalités empruntées par cette espèce pour s’établir durablement dans le sous-continent. Trois voies sont tour à tour évoquées : 1/ la voie méditerranéenne, durant l’Antiquité, dans le sillage des Phéniciens et des Carthaginois, qui développèrent la culture de la variété sativa textile dans tout l’espace qu’ils contrôlaient. 2/ la voie de l’Égypte, ce pays ayant été la porte d’entrée par laquelle, dans la foulée des confréries mystiques, se diffusèrent en Afrique du Nord, à partir des XIIe-XIIIe siècles, des pratiques extatiques s’accompagnant souvent de consommation de la variété indica du cannabis qui fut très vraisemblablement introduite à ce moment-là. 3/ la voie sahélienne qui amena des souches africaines de chanvre indien dans les oasis sahariennes, à une époque plus tardive (XVIIe ou XVIIIe siècle), et très vraisemblablement aussi au nord du Sahara, un peu plus tard.

Cet article apporte un complément de données à la précédente étude parue dans la même Revue Hespéris-Tamuda, vol. XLVIII (2013) : pp. 107-141 : JAMAL BELLAKHDAR, “L’HISTOIRE DU CHANVRE AU MAGHREB”, téléchargeable en accès libre sur : http://www.hesperis-tamuda.com/index.php/derniers-numero/numero-2013/337-6

Pour se procurer l’article en tiré à part numérique, demande adressée à l’auteur sur Tela Botanica.

 

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Pharmakon mondes empoisonnés, approches anthropologiques

Colloque, Musée des Confluences, Lyon (France), 19 et 20 octobre 2017

Ce colloque scientifique, organisé dans le cadre de l’exposition « Venenum, un monde empoisonné » présentée au musée des Confluences vise à témoigner de l’universalité des peurs liées à l’ingestion de substances incertaines et de la variété tant des conceptions du poison que des pratiques d’empoisonnement. Il met en avant une approche anthropologique du poison, en s’intéressant indifféremment au contexte le plus proche comme aux sociétés les plus lointaines.

 

Programme

Première Journée

10h-10h15 : accueil

10h15-10h30 : introduction du colloque

Première session : Poisons subtils

  • 10h30-11h15 : Claudie Haxaire (Université de Bretagne Occidentale – Cermes3) Yu duun fétiches lancés  ou poisons de contact ? Vivre sous regard des ancêtres et la menace du poison en pays Gouro (RCI)
  • 11h15-12h00 : Michèle Cros (Université Lyon 2 – LADEC) Pour une anthropologie comparée des bons usages du « poison » menstruel

12h00-14h : déjeuner

Deuxième session : Mixtures chamaniques

  • 14h-14h45 : Frédéric Laugrand (Université Laval – CIÉRA, Québec) Le son du poison. Chamanisme, possession, ethos et pollution chez les Inuit du Nord canadien
  • 14h45-15h30 : Sébastien Baud (Institut d’ethnologie, Université de Neuchâtel / Institut français d’études andines, Lima) Ethnobotanique awajun (famille linguistique jivaro, Pérou). Construction de soi et devenir chamane
  • 15h30-16h15 : David Dupuis (Laboratoire d’Anthropologie Sociale, Paris) Rendre le mal. Le rituel de purge dans un centre chamanique d’Amazonie péruvienne.

16h15-16h45 : discussion générale

16h45-17h00 : pause-café

17h-19h30 : Projection de L’étreinte du serpent, commentée par Martin Barnier (Université Lyon 2) et Patrick Deshayes (LESC)

Deuxième journée

Troisième session : Nourritures incertaines

  • 9h30-10h15 : Gaëlle Lacaze (Institut de Géographie et aménagement, ENeC, Paris) La malédiction du poison
  • 10h15-11h : Julien Bondaz (Université Lyon 2 – LADEC) « Manger dehors, c’est du poison. » Rumeurs alimentaires et économie occulte à Ouagadougou (Burkina Faso)

11h-11h30 : pause-café

  • 11h30-12h15 : Quentin Mégret (Instituts de Biologie et d’Ethnologie, Université de Neuchâtel) Des « insectes comestibles » ? Enjeux sanitaires autour d’un projet de production de larves de mouche pour la volaille en Afrique de l’Ouest

12h15-13h15 : visite de l’exposition

13h15-14h30 : déjeuner

Quatrième session : Poisons thérapeutiques

  • 14h30-15h15 : Kàtia Lurbe i Puerto (Assistance Publique des Hôpitaux de Paris – APHP) Soigner son diabète ou son obésité avec les selles d’un autre ? Interrogations anthropologiques sur la bactériothérapie fécale
  • 15h15-16h : Charlotte Brives (Centre Emile Durkheim, Université de Bordeaux) De poison à remède, mutation et reconfiguration des relations humains-virus

16h-16h15 : pause

  • 16h15-17h : conférence de Raymond Verdier (CNRS – Droit et Cultures, Paris) : L’ordalie par le poison en Afrique noire

17h-17h15 : conclusion du colloque

Informations sur le site du Ladec.

Anthropologie. La mondialisation et le champignon

Article de Antoine Reverchon, Le Monde, 09.09.2017

« Le Champignon de la fin du monde. Sur les possibilités de vivre dans les ruines du capitalisme » (The Mushroom at the End of the World. On the Possibility of Life in Capitalist Ruins), d’Anna Lowenhaupt Tsing, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Philippe Pignarre, La Découverte, « Les Empêcheurs de penser en rond », 416 p., 23,50 €.

C’est l’histoire d’un champignon, appelé matsutake, dont raffolent les riches Japonais depuis des siècles, à tel point qu’il servait de cadeau précieux pour honorer alliances, mariages et amitiés. Mais l’exploitation industrielle des forêts japonaises, de la fin du XIXe siècle à 1945, conduisit à sa disparition totale à partir des années 1950. Or, cette même exploitation industrielle, dans un contexte écologique différent, l’a au contraire fait pousser en masse à l’autre bout du Pacifique, dans les forêts de l’Oregon, dès les années 1970. Une foule hétéroclite de cueilleurs s’est alors ruée sur cette manne : des hippies ou vétérans de la guerre du Vietnam fuyant les foules urbaines, des Latinos clandestins se cachant de la police, des montagnards des minorités ethniques d’Asie du Sud-Est (recrutés par l’armée américaine lors de sa croisade anticommuniste, aujourd’hui réfugiés politiques) cherchant mieux que les salaires de misère proposés dans les grandes villes. Via une cascade d’intermédiaires – acheteurs, trieurs, grossistes, revendeurs –, un trafic alimente désormais quotidiennement par avion boutiques et restaurants de luxe des mégapoles japonaises.

C’est cette histoire extraordinaire qu’Anna Tsing, anthropologue à l’université de Californie à Santa Cruz, raconte avec talent dans son ouvrage, où se mêlent étroitement l’étude ethnologique de ces communautés humaines précaires et l’étude écologique des équilibres instables entre espèces. Ces relations entre humains et non-humains, que l’auteur appelle des « agencements »…

Description de l’ouvrage sur le site de l’éditeur.

« Cent ans de chlorophylle : des jardins ouvriers aux jardins partagés », à Paris

Jardin sur le toit, 89-91 rue des Haies, Paris 20e, 8 septembre 2017

Dans le cadre de Ciné-Jardins 2017, nous vous proposons de venir au Jardin sur le toit (Paris 20e) pour un buffet partagé suivi de la diffusion du documentaire Cent ans de chlorophylle : des jardins ouvriers aux jardins partagés !

Mais CENT ANS DE CHLOROPHYLLE… qu’est-ce que c’est ?
De la plaine des Flandres où les jardins ouvriers furent inventés au Lower East Side de Manhattan où les premiers Community Gardens furent créés, ce film en forme de voyage à travers le monde et le temps relate l’histoire de tout un siècle de jardins ouvriers et partagés…
Réalisation Pierre Guyot / 2016 / 54 min / France

En savoir plus ici.

En introduction, le court métrage Auto Reverse réalisé par Haja Leca

19h – Buffet participatif, tendance bio végétarien zéro déchet (voir notre charte)
20h30 – Projection en plein air (court métrage en introduction)

En partenariat avec Reporterre.

Débattre du paysage. Enjeux didactiques, processus d’apprentissage, formations

Colloque international, Hépia, Genève, 25-27 octobre 2017

Ce colloque s’adresse aux étudiants, enseignants, formateurs, enseignants-chercheurs, chercheurs, acteurs du paysage impliqués dans des formations ou intéressés par les questions liées au paysage. Le principal objectif du colloque est d’interpeler des sphères qui ont peu l’habitude de se rencontrer : enseignement du premier ou du second degré, école de paysage, université, administration, filière d’enseignement professionnelle, réseaux d’éducation à l’environnement, associations, formation continue, bureau d’étude, gestionnaires des collectivités territoriales ou des espaces protégés, décideurs locaux ou élus,… pour échanger sur cet objet commun et sur les enjeux éducatifs qu’il soulève.

Ce colloque est organisé dans le cadre d’un programme de recherche financé par le Fonds national suisse de la recherche (FNS) : « Didactique du paysage. Mutualisation des expériences et perspectives didactiques à propos des controverses paysagères », qui regroupe une équipe internationale d’une dizaine de chercheurs et de formateurs autour des enjeux didactiques du paysage.

Programme et inscriptions ici.

[Info Calenda]

Journées d’études Archives de paysagistes et projet de paysage

Journée d’études,19-20 octobre 2017 – Archives Nationales de Pierrefitte-sur-Seine, ENSP Versailles (France)

A l’heure où l’activité humaine soit-disant dématérialisée produit paradoxalement toujours plus de documents à archiver, dans une époque où tout devient patrimoine, il est un domaine professionnel qui est peu représenté dans les fonds archivistiques, qu’ils soient privés ou publics. Les paysagistes, dont la profession s’est lentement organisée, ont longtemps entretenu une relation difficile à leur mémoire et ils ont rencontré des difficultés à effectuer ces dépôts. Archives encore orphelines, appelées à se multiplier rapidement, elles représentent pourtant le témoignage d’un rapport nouveau au projet sur le paysage de la part d’une génération qui quitte aujourd’hui progressivement la vie professionnelle après avoir forgé un enseignement, étoffé une discipline et fait rayonner l’approche française du projet de paysage dans le monde entier. Sources précieuses pour reconstituer l’histoire des paysages péri-urbains et urbains depuis la fin du XIXe siècle, pour établir la constitution d’une profession et tracer des filiations à travers les pratiques et les générations, elles sont surtout un élément crucial pour la possibilité de prolonger ce mode d’intervention sur le paysage vivant, et de fonder l’enseignement sur le paysage.
Regardant nécessairement les logiques et méthodes qui ont présidé à la constitution d’archives de l’architecture et de l’art des jardins, et conscientes des différences de statut, de moment historique, des voix s’élèvent néanmoins pour demander une véritable stratégie pour les archives de paysagistes et pour inviter à explorer l’ancrage que ces archives pourraient offrir à un renouvellement de l’enseignement du projet.

Voir le programme de la journée ici.

De l’écriture du paysage au déchiffrement du monde : Art des jardins et création chez Edgar Poe

Article de Isabelle Krzywkowski, version présentée au colloque Edgar Allan Poe de Cerisy-la-Salle, 2008

L’article réfléchit sur la fonction du jardin dans l’œuvre d’Edgar Poe. La première partie propose une analyse renouvelée des sources, qui fait apparaître l’influence déterminante des théories du second pittoresque (Gilpin, Paine, Knight). Dans un second temps, il analyse les raisons qui incitent Poe à défendre le parallèle entre le jardinier-paysagiste et l’artiste : l’art des jardins (et singulièrement sa variante pittoresque) fait écho à sa théorie esthétique (le rapport à l’imitation, la place centrale du principe de composition, la fonction d’évocation et de révélation, le principe stylistique de l’arabesque, etc.). Enfin, l’étude revient, à l’aune de ces sources, sur la place des deux contes, « The Domain of Arnheim » et « Landor’s Cottage », qu’on invite à lire comme un triptyque autour d' »Eureka » : le voyage initiatique que décrit « Arnheim » (nekhya qui révèle la fonction réelle de l’art telle qu’elle sera présentée l’année suivante dans « Eureka ») est repris de manière ironique un an plus tard dans « Landor », récit d’une initiation ratée qui fonctionne comme une mise en garde. L’art des jardins représente ainsi pour Poe l’illustration, et même la mise en pratique de sa philosophie esthétique, conception idéaliste qui confie à l’artiste le rôle d’agencer le monde pour en révéler le dessein et l’énigme.

Document intégralement accessible en version PDF (340.79 Ko) sur Hal-Shs.